Patrimoine Normand magazine

En mémoire des fusillés de la Première Guerre mondiale

13 Novembre 2017

→ ACTUALITÉ

fusillés de la Première Guerre mondiale
Nécropole nationale des Islettes, où reposent les quatre fusillés de Rarécourt aux côtés de leurs camarades (© SWG).

En mémoire des fusillés
de la Première Guerre mondiale


  Extrait Patrimoine Normand N°101
Par Stéphane William Gondoin

Au printemps 1917, le général Robert Nivelle, commandant en chef des armées du nord et de l’est, décide de lancer une vaste offensive dans le secteur du Chemin des Dames. Au haut commandement, on déplace, plein de confiance, les unités sur des cartes de papier en échafaudant de belles stratégies et en promettant un percement rapide des lignes allemandes. Mais sur le terrain, l’affaire se révèle être une boucherie sans nom et un échec cuisant : après quelques jours d’assaut seulement, les morts se comptent par dizaines de milliers, sans résultat tangible.

Le 27 mai 1917, le 129e RI (caserné au Havre en temps de paix) entreprend une remontée vers le front. Dans la troupe, ça regimbe, ça râle : il paraît que c’est encore pire qu’à Verdun, où le régiment a pourtant essuyé de très lourdes pertes. Le 29 mai, une révolte éclate chez des hommes lassés par une guerre trop longue et trop inhumaine. Si tant est qu’il existe des guerres préservant l’humanité des individus qu’elles dévorent… Dans l’affolement, l’état-major déplace le 129e, isole une vingtaine de soldats présentés comme des meneurs et les traduit devant un conseil de guerre : quatre d’entre eux sont condamnés à mort et passés par les armes à la sortie nord du village de Rarécourt (Meuse), le 28 juin 1917. Ils s’appelaient Marcel Chemin (cordonnier domicilié à Lisieux, 23 ans), Adolphe Le François (journalier à Marseille, 39 ans), Marcel Lebouc (couvreur à Rouen, 24 ans) et Henri Mille (comptable à Paris, 32 ans). Inhumés à la nécropole nationale des Islettes (Meuse), les quatre fusillés de Rarécourt seront amnistiés après la guerre au titre de la loi du 29 avril 1921 et leur sépulture porte bien la mention « Mort pour la France ».

Nous menons actuellement sur cette histoire tragique des recherches et nous songions à vous les présenter dans ce numéro. Mais la sensibilité et la complexité du sujet interdisent les approximations et nous avons décidé de reporter sa parution à plus tard, quand nos investigations seront complètes. Nous ne pouvions toutefois, en ce triste anniversaire, oublier la destinée tragique de ces malheureux. Si vous possédez des informations à leur sujet, notamment des données familiales, et que vous souhaitez les partager, merci de contacter la rédaction.

Cette affaire n’est évidemment pas la seule du genre : environ 600 soldats français sont exécutés après des procédures sommaires durant le conflit et plusieurs autres cas impliquent directement des unités ou des soldats normands. Nous pensons notamment aux quatre caporaux fusillés à Souain (Marne), appartenant au 336e RI, émanation du 136e RI de Saint-Lô.

 

Retrouvez l'article intégral dans la version papier de Patrimoine Normand
(n° 101Avril-Mai-Juin 2017)


 

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