Patrimoine Normand magazine

 





Exmes, village au passé prestigieux

Vieille grange de la campagne.

Exmes, village au passé prestigieux


Extrait Patrimoine Normand N°24
Par Isabelle Audinet

Petite agglomération tranquille de nos jours, Exmes joua un rôle important à l’Antiquité et au début du Moyen Age. Chronique d’une chute, mais aussi d’une renaissance engagée depuis quelques années.

Du passé d’Exmes au Moyen Age ne reste que l’église. De taille impressionnante, notamment le choeur, par rapport à la taille du village, elle domine le site et on l’aperçoit se dressant, des alentours. La position géographique du village a sans doute influé sur l’importance de son rôle dans l’histoire. Le site est un plateau calcaire achevé par un éperon triangulaire dominant la vallée d’un affluent de la Dives. Il fut bien sûr exploité dans un but militaire à l’Antiquité et surtout au Moyen Age. Connue sous le nom d’Uxima ou d’Uxuma à l’Antiquité, elle fut peut-être le chef-lieu de la Cité gallo-romaine (capitale d’une circonscription, la civitas ou cité) des Esuvii (à moins que ce ne soit Sées) dans la Deuxième Lyonnaise, province de Gaule romaine. Place forte, elle surveillait le passage de la voie Lisieux - Jort - Trun - Exmes, puis le Mans, voie du fer et de l’étain. La première mention connue de la circonscription dont Exmes est la capitale ne remonte pas avant le viie siècle. Le Hiémois, difficile à cerner, est une circonscription allant de Caen (d’où la rue Exmoisine) à Alençon, soit le département actuel de l’Orne et une partie du Calvados. Il semblerait que cette région ait été agrandie au cours des siècles, puisque aux environs de Caen a existé pendant un court laps de temps l’Otlinga, petite partie du territoire de Bayeux, qui est intégré rapidement à l’Hiémois (IXe siècle). L’Hiémois ne s’étend pas au-delà de Saint-Sylvain, la limite avec le Bessin passant entre Saint-Sylvain et Tassilly.
La fin du Bas-Empire romain est marquée, pour les régions méditerranéennes, par l’implantation du christianisme. L’évangélisation des régions du nord est plus tardive, et si les grandes villes comme Rouen le sont en premier (au IVe siècle), il n’en est pas de même pour les campagnes. En effet, le christianisme ne s’impose qu’au VIe siècle. Exmes n’a qu’un petit rôle à jouer dans cette évangélisation. Ne deviennent effectivement sièges d’évêchés, outre Rouen, que les villes de Bayeux, Avranches, Evreux, Coutances, Sées et Lisieux. Vieux, Lillebonne et Exmes n’en font pas partie. Exmes est en revanche dotée d’une église déjà au vie siècle, puisqu’il y accueille, pendant quelques années, l’évêché de Sées. Les restes d’un édifice du ve ou vie siècle furent trouvés lors de fouilles sous l’église actuelle, laissant supposer l’existence d’une chapelle ou église. L’un des premiers évêques de Sées, saint Passif, signe sur un document de 533 « évêque de Uxuma ». En 538, il est redevenu « évêque de Sées », mais en 541, un autre (Litharède) signe en tant qu’ « évêque d’Exmes et de Lisieux ». Le siège épiscopal revient cependant très vite à Sées, et Exmes n’a plus comme honneur que de voir naître des saints homme et femme qui seront évêque de Sées (Godegrand) ou abbesse (Opportune).
Les rôles militaire et administratif d’Exmes s’affirment alors, prenant le pas sur le rôle religieux. En même temps, le vaste territoire du Hiémois se réduit comme une peau de chagrin. Au ixe siècle il ne correspond plus qu’au territoire du diocèse de Sées. (...)

Retrouvez l'article intégral dans la version papier de Patrimoine Normand
(n° 24, décembre 1998 - janvier 1999)



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