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Clos-masures du Pays de Caux


Clos masures

La nécessité de planter des arbres et des brise-vent


Extrait Patrimoine Normand N°69
Par Alexandre Vernon

Le Pays de Caux est un immense patchwork fait de puzzles divers verdoyants dont, vu du ciel, se distinguent des quadrilatères  de rideaux d’arbres entourant des corps de ferme au milieu du plateau. Par ci, par là, disséminés, des taches plus sombres de bosquets et de forêts ponctuent  la campagne  et en font toute la respiration en même temps que sa protection. Mais il est vrai que ces plantations ont tendance à s’amenuiser dangereusement, par abattages d’arbres, par extension des cultures et des habitats, par ignorance bien souvent.

Clos-masure.

Clos-masure à Beuzeville-la-Grenier.  (Photo Lionel Véret.)

Tous les ans, aux environs de la Ste Catherine, le CAUE,  Con­seil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement, en partenariat avec le Conseil Général de la Seine- Maritime, par des conférences, des dé­monstrations de plantations et de tailles de haies vives, s’em­ploie à mobiliser le monde rural pour inciter à planter des arbres, à planter utile, à planter toujours… Cette année, il n’a pas failli à sa mission en recommandant l’urgence qu’il y avait de planter des brise-vent et de protéger les clos-masures.

Protégeons nos arbres.

Les clos-masures de la campagne cauchoise, cachés derrière leurs arbres, ne sont pas ainsi installés pour le charme du paysage. On pourrait croire que ce mode d’habitation correspond  au caractère de méfiance propre au paysan cauchois. Peut-être… mais à l’évidence il s’agissait, il s’agit surtout de se protéger du vent d’ouest, ce vent marin qui souffle quelquefois en rafales. Les anciens le savaient, eux, qui ont planté partout dans la campagne normande quand il le fallait, où il le fallait, pour se protéger du vent, mais aussi pour garantir le bon drainage des eaux de ruissellement, pour abriter les bâtiments du corps de ferme. Et ce n’était par souci d’esthétisme. Les paysans cauchois sont gens pragmatiques. Ils ont planté pour nous, pour leur descendance. Car pour voir un chêne ou un hêtre adulte il faut attendre une bonne cinquantaine d’an­nées, si ce n’est plus. Et nous, que faisons nous ? Nous arrachons, nous coupons parce que la route s’élargit, parce que cela gêne les lignes EDF, parce que l’on a besoin d’argent, et parce que l’on ignore toute la richesse de ces plantations.. Alors on vend ces arbres fiers, comme on se débarrasse d’une vieille vache laitière. Et depuis que la tronçonneuse existe il n’y a pas de limite.

Clos-masure à Beuzeville-la-Grenier. (Photo Lionel Véret.)

Le clos-masure à Manneville-la-Goupil

Derrière ses " fossés " : le clos-masure.

Le clos-masure, ensemble rural de ferme caractéristique du Pays de Caux, qu’est-ce que c’est ? Guy de Maupassant qui connaissait la région comme sa poche l’a souvent évoqué dans ses récits : « La ferme est vaste, un vieux bâtiment dans une cour à pommiers, entourée de quatre rangées de hêtres qui bataillent toute l’année contre vent et mer. » Le clos-masure comprend une ferme, située dans une grande cour généralement plantée de pommiers, entouré de talus appelés « fossés » dans la région, surmontés d’arbres de haut jet. Maison  et dépendances agricoles, granges, étables, etc.. sont dispersés dans cet enclos pour éviter tout risque de propagation d’incendie et pour faciliter la surveillance. Obligatoire est la mare où vient s’abreu­­- ver le bétail et où barbotent quel­ques canards. Quelques mots sur le bâti de la maison du propriétaire. Elle est généralement orientée contre le talus nord de la cour de ferme. Ceci pour bénéficier au maximum de l’ef­fet brise-vent. Pour les plus anciennes on peut encore en voir à colombages avec poutres ap­pa­rentes et  toit de chaume. Pour les plus récentes, on a utilisé des matériaux de la région, pierres et silex, puis en briques avec quelquefois un appareillage or­ne­mental.

Contre le vent et les inondations. 


Jadis, les talus étaient quelque fois plantés de chênes. Au­jourd’hui ils sont garnis de hêtres qui forment des barrages de défense contre le vent. Mais ces barrages ne doivent pas être complètement opaques. Sinon il se produit des turbulences en arrière du rideau d’arbres. Ces  arbres sont associés à des ar­bustes qui garnissent les vides entre les troncs. En résumé il existe trois sortes de modèles : les arbres de haut jet ; en ce cas il convient de préférer les feuillus comme les chênes, les hêtres, des arbres qui peuvent atteindre jusqu’à 20 mètres de hauteur. Pour le petit brise-vent de hauteur moyenne on emploiera notamment le charme, le noyer, l’aulne… enfin le taillis sera constitué d’arbustes, caducs et persistants. Tout dépend de ce que l’on attend. Mise au point par des agriculteurs avisés, cette méthode de plantation s’est rapidement étendue aux maisons particulières et aux lotissements que les plantations champêtres insèrent dans le paysage et aux ensembles collectifs comme les équipements sportifs. Cela for­me des clôtures vivantes, at­tra­yantes, préférables à toutes au­tres.
Préférables en tous les cas aux clôtures rigides telles que l’on peut observer autour de certaines résidences campagnardes entourées de haies uniformes, sans caractère, comme ces  alignements de thuyas qui pompent rapidement toute la substance de la terre, ou ces cupressus qui n’ont rien à faire en Normandie. Sans parler de ces arbres dits « ornementaux » étrangers et bariolés comme le prunus rouge ou le sapin bleu. On ne le dira jamais assez : plantez ! mais plantez normand !

Clos-masure à Etouville.

Pour la protection de la faune et de la flore.

Entre les arbres de haut jet, pour que la protection soit efficace, il convient d’enraciner des espèces qui servent de bourrage. Ce qui oblige l’arbre à s’élever droit dans une croissance uniforme. On retiendra le merisier, le noisetier, le fusain, et aussi l’aulne dont la croissance est spectaculaire, et l’acacia  comme haie défensive surtout pour le bétail.
Ce sont ces arbustes que l’on retrouve dans les haies basses qui délimitent un champ, un espace ou le long d’un sentier de randonnée. Ce sont des haies cynégétiques qui ont aussi pour but de protéger la faune sauvage. Les oiseaux, de même que le lièvre, ont besoin de broussailles pour se cacher, pour y nicher, et pour trouver leur subsistance. Ces haies basses font merveilleusement leur office et les chasseurs ont le souci de les entretenir et d’en créer si nécessaire. Sinon, sans ces haies protectrices, plus d’oiseaux et leur chant mélodieux et la campagne serait alors bien triste. Sans parler de la flore, abondante bien que discrète, dans les forêts et dans les champs, depuis la campanule, la digitale, jusqu’au millepertuis commun.

 

Clos-masure à Beuzeville-la-Grenier.

L’avenir du patrimoine cauchois.

Alors, assiste-t-on à une régression du clos-masure et à une inexorable mutation du paysage cauchois ?  Il est vrai que la so­ciété a évolué et que certains paramètres ont changé, à la cam­pagne comme partout ail­leurs. La mécanisation du travail agricole a modifié profondément le comportement des agriculteurs. Un exemple. Pour abriter les énormes engins agricoles, l’en­clos des clos-masures ne suffisait plus. Alors on a construit des hangars extérieurs aux talus, tandis que les anciens bâtiments menacent de tomber en ruines  La main- d’œuvre est devenue prohibitive. Ainsi ces fameux rideaux d’arbres sur leur talus ne sont plus entretenus. C’est dommageable, d’autant plus que ces hêtres pour la plupart ont atteint un âge avancé. Et celui qui espérait gagner quelque chose en abattant ces arbres pour vendre les bois a vite fait de déchanter. Car pour extraire les souches sur les talus « le profit de la vente de mes bois n’y suffira pas ». nous a confié un fermier. Autre facteur, et non des moindres,  qui tend à modifier le paysage cauchois et qui nuit à sa valeur patrimoniale : la pression foncière  qui favorise le développement de l’habitat en dehors des agglomérations et qui voit pousser des lotissements pavillonnaires. 
Ce qui n’empêche pas qu’il convient de planter des arbres et des brise-vent et qu’il faut s’efforcer de garder ces clos-masures dans leur intégralité ou du moins de les adapter à notre vie moderne. Quelques signes encourageants sont à noter : la CAUE  a enregistré  en 2008 la plantation de 40 km de brise-vent en Seine Maritime. Ce qui prouve que bien des gens ont conscience du problème. Car le leitmotiv est toujours  d’actualité : Plantez ! Mais plantez donc normand !  
     
Pour tout renseignement sur les méthodes de plantation et sur les aides éventuelles : 
CAUE
5, rue Louis Blanc  - BP 1283 – 76178 ROUEN CEDEX 1
Tél : 02 35 72 94 50 
www.caue76.org
 

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Commentaires sur cette fiche :

Posté le 25-07-2014, par Claire (Note : 9/10)

Sicères félicitations pour le contenu de cette fiche. Merci M. de maupassant pour votre aide également. Que de belles choses composent ce Pays de Caux et m'interpellent à chaque fois sur son histoire.

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