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Art viking : Didier Lemarchant


Art Vikings

Didier Lemarchant ou le rêve viking.


Extrait Patrimoine Normand N°69
par Ange Leclerc-Keroullé

Didier Lemarchand - Art Viking

C’est en l’an 1956, dans la ville martyre de Saint Lô, que vit le jour un charmant bambin, que l’on prénomma Didier. Quelques années plus tard, il allait devenir le spécialiste reconnu de la reconstitution  d’objets et d’art de nos ancêtres venus du Nord : les Vikings. 
 
Bien que ses parents aient abandonné le travail de la terre, Didier est issu d’une longue lignée de paysans normands attachés à leur terre ancestrale. Ses grands-parents lui transmettront cet attachement à la terre et à ses racines. Ces ra­cines normandes forciront tout au long de sa vie et lui feront prendre conscience qu’elles remontent jusqu’à d’intrépides conquérants venus du Nord à bord de fiers navires à la proue ornée de dragons. Cette parenté viking lui fut d’abord confirmée par son père qui se plaisait à citer que son patronyme « Lemarchant » était celui du 1er duc normand le viking Rollon ou « Hrôlf le Marcheur »( orthogra­phié Le Marchant sur sa statue du château de Robert le Diable) mais également par son arbre généalogique où on trouve des Thouroude et Anfray, patronymes dérivés de noms vikings. Avec son attachement à ses racines, sa famille lui permettra de développer un goût pour l’his­toire : son père est passionné d’histoire napoléonienne, la dernière guerre est encore très présente et  on parle beau­coup de cet aïeul mêlé à la chouannerie dans le sud Cotentin et dont la maison qu’habitait la grand-mère de Didier possédait une cache pouvant dissimuler plusieurs personnes.

Berserk (guerrier ours), statuette en pommier inspiration dune pièce de jeu déchec en ivoire de morse, île de Lewis, Ecosse, XIIe siècle.

Mais le premier des jalons qui orientera la vie de notre futur passionné sera la réalisation par son père d’une maquette de bateau viking. Didier rêve de­vant cette maquette dont la proue menaçante le fascine, rê­ves alimentés par son père qui lui conte les aventures d’un chef viking. 
Cette maquette lui permettra de vivre une première heure de gloire lorsqu’il l’apportera à l’école primaire à l’occasion d’un cours sur les Vikings.
Autre clin d’œil du destin, lors de la remise des prix, il est ré­compensé par deux ouvrages intitulés « Le Viking au bracelet d’argent » et « L’enfant blond du Grand Nord ».
Aventuriers des mers, domptant les tempêtes, où paysans arrachant à la terre de quoi vivre, ses ancêtres ont appris à maîtriser la nature et en tirer leur subsistance. C’est pourquoi Didier ne se retrouve pas dans le milieu scolaire. Vivre pour lui, c’est se colleter avec la nature, avec les éléments et astucieusement en tirer le meilleur, comme le font  ses grands parents ou comme il peut  s’y essayer dans le scoutisme où il s’épanouit.
Il doit toutefois se plier au carcan scolaire. Au collège, il trouve une nouvelle manière de s’évader. Ce sera la musique, qui se développe avec l’esprit libertaire des années 70. Cheveux longs et guitare en bandoulière s’accordent bien à son côté artiste, qu’il a déjà développé avec plusieurs années de cours de dessin. En classe de 3e il va falloir choisir une orientation. Ses rêves d’évasion maritime lui soufflent de devenir architecte naval, mais son amour de la liberté est effrayé par l’aspect militaire du lycée cherbourgeois qui assure cette formation. Il se dirige donc vers une formation de dessinateur industriel en charpente métallique. Interne au ly­cée, il va se lier d’amitié avec un apprenti charpentier de marine qui lui fera regretter de n’avoir pas suivi cette orientation mais il continuera toutefois la voie où il s’est engagé, s’évadant au sein d’un groupe de rock qu’il a fondé. Cette formation lui permettra de s’initier à la soudure, au rivetage, à la forge et à la chaudronnerie, qui lui seront plus tard utile. 
Diplôme en poche, la recherche d’un emploi le conduit à quitter sa Normandie natale pour la Savoie où il va renforcer la cons­cience de son identité régionale. Toutefois, il se rend également compte que sa culture nor­mande manque de profondeur et qu’il doit se plonger dans son histoire pour mieux la con­naître.
Lit en chêne de style viking.
Coffre en chene sculpté de style viking
Haut de siège en chêne, reconstitution daprès deux panneaux de banc de léglise dHemsedal, Norvège, XIIe siècle.

Bas-relief Heimdal, dieu viking, gardien de Bifrost, création en chêne.

Après cet intermède savoyard, Didier regagne sa chère Normandie. Il va y rencontrer son épouse. Elle aussi, va le diriger vers la voie qui s’impose à lui. Normande également, issue d’une famille férue d’histoire, elle a pu remonter son arbre généalogique jusqu’à Guillaume le Conquérant, le plus illustre de ses ancêtres.
1978 sera une année charnière pour notre Normand. Elle voit d’abord la naissance de son premier fils, le couple optant pour des prénoms vikings, ce sera naturellement Hrôlf qui s’imposera, tandis que suivront ensuite Thor, Sighild et Sunniva. En même temps que son enfant, cette année marque véritablement l’éclosion de la passion de notre artiste. Son épouse lui offre son premier ouvrage sur les Vikings, à la suite duquel il se plonge dans les recherches sur la Normandie, les Normands et leurs ancêtres. La documentation est malheureusement trop limitée, mais il découvre aussi la revue Heimdal, chantre de l’identité normande et prend conscience que notre héritage viking est toujours vivant. D’abord par ses habitants dont nombre ont des patronymes issus de noms de guerriers vi­kings et également dans son paysage où les noms de lieu d’origine viking sont légion pour qui sait les reconnaître, mais aussi parfois dans notre vocabulaire. 
Ne pouvant s’enfermer dans une recherche purement intellectuelle, Didier sent l’envie de sculpter fourmiller au bout de ses doigts. Après la réalisation d’une maquette de bateau en bois, avec l’aide de son ami charpentier de marine, en 1982 il s’installe à Granville où il commence à « taper », testant sa dextérité en réalisant une rosace. Suivront ensuite une reproduction des têtes du lit découvert dans le bateau viking de Gokstad, puis il franchit le pas du bas relief à la ronde bosse avec la réalisation d’un chevalier normand dans le style de la tapisserie de Bayeux. 

Grill forgé en spirale, Oseberg , IXe siècle, Norvège.

La machine est enclenchée. Il affûtera sa dextérité dans le travail du bois lors de la restauration de la maison que le couple a acquise à Bréhal. Parmi ses premières réalisations, il reproduit un bas relief islandais du XIIe siècle. Il sculpte des entrelacs et des bêtes fabuleuses, pour lesquels il a une préférence et, pour son épouse, reproduit sur bois des extraits de la tapisserie de Bayeux.
Artiste n’ayant encore qu’une notoriété familiale, ses œuvres n’embellissent que leur intérieur. Didier Lemarchant s’interroge sur lui-même, n’est-il qu’un simple « original » ? Il hésite à exposer ses œuvres comme on le lui conseille. Sa passion sera confortée lorsqu’il apprend en 1987 qu’un Normand exilé en Suisse, Jean-Luc Gautier, s’est lancé dans la reproduction d’un bateau viking grandeur nature. Enthousiasmé par ce projet, il désire l’aider mais ne sait comment. C’est son épouse qui le pousse à contacter l’auteur du projet pour qui, en 1990, il réalisera la figure de proue qui ornera le « Vinland » lors de sa mise à l’eau. Cette œuvre lui vaudra également de recevoir les félicitations de l’abbé Lelégard autre figure de proue de l’identité normande, restaurateur de l’abbaye de la Lucerne et du château de Pirou dans le Cotentin. Un voyage au Danemark lui permet de « toucher du doigt » la culture viking, si présente et vivante dans ce pays alors qu’en Normandie la connaissance de nos ancêtres communs est quasiment anecdotique. 
Après sa première médiatisation avec la proue du « Vinland », Didier ose, en 1991, répondre favorablement à la proposition d’une galeriste granvillaise chez qui il va exposer. Il en résulte une demande du Directeur du « Publicateur Libre », journal ornais, qui lui commande une figure de proue pour orner le siège de sa publication à Domfront (61). L’année suivante sa rencontre avec un fondeur d’art lui permettra de s’initier à la fonte des métaux et de se lancer dans la reproduction de bijoux vikings. Cette même année, il s’immerge un peu plus dans le bain viking en participant au rassemblement des vieux gréements à Brest à bord du « Vinland » mais il continue égale­- ment à accumuler documentations et connaissances. Le Grand Palais à Paris lui en offrira une nouvelle occasion en organisant une exposition unique en France sur la civilisation viking dont le catalogue est toujours une référence pour tous les passionnés de cette civilisation. Cette exposition est pour lui une révélation et il abordera désormais cette civilisation dans sa globalité, ne se limitant plus à ses productions artistiques mais l’étendant à tous les aspects de sa vie quotidienne civile ou guerrière. 
En approfondissant sa connaissance des Vikings, naît le désir de faire connaître ceux que l’on ne voit que sous l’aspect de guerriers sanguinaires pillant, massacrant et détruisant tout sur leur passage. Au contraire, notre artiste a découvert une civilisation évoluée où tout objet est prétexte à l’expression artistique. Il est fasciné par la beauté d’objets réalisés et décorés avec des moyens dérisoires. Loin d’être des barbares, ce sont d’habiles commerçants, des navigateurs émérites construisant des navires aux qualités marines indéniables. Ils sont de plus dotés d’un système de droit élaboré et d’un gouvernement démocratique avant l’heure.

reconstitution de siège daprès la Tapisserie de Bayeux

Son besoin de communiquer va pouvoir s’exprimer grâce à la reconstitution médiévale naissante en France au début des années 90. Il expose au Parc l’Evêque à Coutances, à l’inauguration de l’île de Tatihou, à la fête médiévale de Bayeux. Il va suivre également dans ses évocations historiques la jeune association « Ragnarök » et pouvoir ainsi présenter au public la société viking (ce qu’il fait parfois aussi dans les établissements scolaires). Le développement de la reconstitution  va lui offrir un marché, car nos « mé­diévalistes » de plus en plus soucieux d’exactitude historique vont lui demander de reproduire le plus fidèlement possible tous les objets qui entourent nos ancêtres nordiques. Cette de­mande va pousser Didier Lemarchant à poursuivre sa quête de la connaissance et à être encore plus rigoureux dans ses reconstitutions. En retour, il aura le plaisir de voir vivre ses productions dans des cadres reconstitués.
C’est en particulier auprès des groupes de reconstitution anglo-saxons et scandinaves, qui sont actifs depuis déjà une vingtaine d’années, qu’il va pouvoir glaner des informations précieuses en particulier sur le costume qu’il n’avait pas encore approfondi. Toujours avide de parfaire son savoir sur cette civilisation qui lui tient tant à cœur, ce sont maintenant les catalogues de fouilles archéologiques qui lui permettent d’être à la pointe de « l’actualité » viking. 
Après trente ans de travail et de recherches, Didier Lemarchant est devenu le spécialiste français reconnu de la reconstitution d’objets et d’art viking. Il est aidé en cela par une sensibilité particulière qui lui a permis d’assimiler la quintessence de cet art. Cela lui permet de dépasser la simple reconstitution et d’illustrer la mythologie nordique dans un style que ne renieraient pas les artistes vikings.
Eternel insatisfait, il continue sa « quête du Graal », percer les secrets de l’âme viking. C’est dans son art que ce peuple a transmis ses croyances et sa magie. L’œuvre n’est pas créée simplement « pour faire beau ». Elle n’est pas une simple expression artistique démontrant la maîtrise de l’outil, du geste et de la matière de son auteur. Elle a également souvent une fonction utilitaire, imprégnée de magie, elle est là pour protéger de la maladie, des mauvais sorts, où de toutes influences néfastes d’où qu’elles viennent. Le challenge pour notre Normand est donc d’assimiler toutes les croyances, toutes les superstitions et peut-être les connaissances magiques de l’artiste viking. Il peut ainsi créer dans un état d’esprit le plus proche possible de celui du premier créa­teur. Ses réalisations personnelles sont tout autant imprégnées de symbolique que l’étaient les œuvres qu’il reproduit. 
Dans un pays où l’on constate une extrême frilosité des universitaires à l’égard des passionnés autodidactes, Didier eut le plaisir, en 2004, d’être contacté par le commissaire d’une importante exposition viking à Daoulas en Bretagne pour réaliser une figure de proue qui fut l’emblème de l’exposition. Ce fut pour notre sculpteur la marque de reconnaissance de la qualité de son travail. 
Devenu un artiste et artisan pluridisciplinaire, les productions de Didier Lemarchant sont les plus diverses. Il travaille : 
- le bois : statues, figures de proue, bas reliefs, meubles (coffres, lits, sièges) sculptés ou non.
- le bronze : bijoux, ornements et accessoires du costume.
- l’os, la corne et le bois de cerf : boucles de ceinture , manches de couteaux, appliques décoratives, peignes...
- le fer : ferrures de coffre, instruments de cuisine, trépieds et serrures. 
- la pierre de Caen : sculptures.
Cette liste non exhaustive est toujours ouverte au gré des demandes qu’il pourra recevoir ou de ses découvertes.
Porte drapeau de notre identité normande, comme ont pu l’être l’abbé Lelegard ou Fernand Lechanteur, Didier Lemarchant a su matérialiser et donner vie à une filiation viking qui, dans l’esprit des populations normandes était plus mythique que réelle. Et s’il vous vient l’envie de marquer chez vous votre appartenance à une lignée ancestrale sachez que sur la côte ouest du Cotentin, un artiste est là pour créer l’œuvre qui vous emmènera rêver de liberté sur des bateaux à la tête de dragon loin d’un monde moderne insipide et standardisé.

 
Didier Lemarchant,
La Gachère, 50290 Bréhal
Tél. 02 33 51 56 29
Site Internet :
www.art-viking.com 
 

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