Patrimoine Normand magazine

 





Saga du Septième Duc : Rivalités familiales

Abbaye Blanche de Mortain

Saga du septième duc :
Rivalités familiales


Extrait Patrimoine Normand N°25
Par Thierry Georges Leprévost

Le chrismale de Mortain

Suite de la saga du septième duc  où l'on apprend comment Guillaume déjoua une nouvelle trahison.

Seigneur Duc, en mettant mon épée à votre service, c’est ma personne tout entière que j’ai engagée auprès de vous. Aussi est-il de mon devoir de porter à votre connaissance d’étranges propos tenus par votre vassal, le comte d’Avranches et de Mortain.
Robert Bigot est un jeune chevalier, issu d’une famille modeste, mais valeureuse et fidèle. Guillaume vient de le recruter pour sa garde personnelle, sur les chaudes recommandations d’un membre de sa famille. Un peu agacé, il lui fait signe de poursuivre :
– Seigneur, voici quelques semaines, je me laissai aller à exprimer auprès du comte ma ferme intention de bientôt quitter sa mesnie (1). Je voulais suivre les glorieuses traces des fils de Tancrède de Hauteville jusqu’en Pouille où j’espérais conquérir par les armes les terres qui m’eussent permis de vivre selon mon rang, mon extrême pauvreté me dissuadant de les acquérir en Avranchin. « Abandonne ce projet, me répondit le comte, car quatre-vingts jours ne se seront écoulés que tu pourras en Normandie faire main-basse sur tout ce qu’aujourd’hui tu convoites. » Voilà, seigneur, ce qu’il m’a dit et qui me trouble, car je ne sais qu’en penser.

Portail de la collégiale Saint-Evroult à Mortain (xiie siècle).

De rage, Guillaume pâlit et serre les dents. Il comprend trop bien, lui, le sens de ces paroles : la trahison, encore la trahison dans son proche entourage ! Car, comme lui, Guillaume Guerlenc est un descendant de Göngu Hrólfr. Arrière-petit-fils de Richard Ier, il appartient à la lignée des Richardides dont nombre des membres ne cessent de le menacer depuis son accession au siège ducal. A peine s’est-il libéré d’un complot qu’il en voit surgir un autre à l’horizon. Du moins celui-ci n’aura-t-il pas le temps de lancer ses rameaux comme le précédent : il l’écrasera dans l’œuf ! Le Bâtard se tourne vers son demi-frère Robert, le fils d’Herlève et d’Herluin de Conteville.
– Chevauche jusqu’à Avranches et ramène-moi mon cousin sous escorte.
Quelques jours plus tard, les deux Guillaume et les deux Robert sont réunis à Rouen dans la même salle pour un huis clos des plus tragiques. Or, tous quatre ont à peu près le même âge. Tous quatre sont jeunes et impétueux. En d’autres circonstances, on croirait à la joyeuse assemblée de bacheliers (2) en fête, si cette réunion-là ne revêtait de singulières allures de tribunal.
Devant Robert de Conteville, l’accusation est formulée par le Bâtard, confirmée par Robert Bigot, admise enfin par Guillaume Guerlenc.
– Misérable ! tonne le duc. Ainsi, tu t’apprêtais à troubler la paix normande en fomentant une révolte ? A me déposséder, moi, ton cousin et ton maître, avec la dernière des perfidies, celle de la confiance bafouée ! Traître sans foi ni loi, qui a fait miroiter à ce chevalier sans biens la perspective du pillage ! Mais grâce à lui et malgré toi, le désordre sera évité avec l’aide de Dieu. Tu subiras la dure loi de nos ancêtres du Nord : je te bannis. Quitte le duché, et n’y reviens jamais, tant que je serai en vie, si tu ne veux périr dans les pires tourments.
Epargné, mais totalement ruiné, Guillaume Guerlenc disparaît. Dépossédé de ses titres et de ses terres, c’est finalement lui qui, par l’une de ces cruelles ironies de l’Histoire, accomplira le destin auquel se croyait voué son dénoncia­teur : escorté d’un seul écuyer, il partira pour la Pouille sans espoir de retour (3).

 Abbaye blanche, salle capitulaire.

– Le fief de ce félon, dit le duc, était trop vaste pour ne lui point tourner la tête. Dorénavant, je ferai administrer Avranches par un vicomte. Quant au Mortainais…
Il se tourne vers son frère, qui l’écoute bouche bée.
– Robert, j’ai fait Odon évêque de Bayeux, il est juste que tu reçoives ta part de Normandie : je te fais comte de Mortain ! Va prendre possession de ton fief. Mets en place des hommes sûrs, emmène avec toi Robert Bigot et donne à ce jeune chevalier les terres qu’il mérite (4).
Pourtant, Guillaume n’est pas au bout de ses peines. Un complot chassant l’autre, c’est à présent son oncle Guillaume Busac, un petit-fils de Richard Ier  et frère de l’évêque de Lisieux Hugues, qui transforme son comté d’Eu en foyer de sédition. Il ne cesse de menacer le pouvoir de son neveu, tant et si bien que celui-ci se voit contraint de mettre le siège devant le château où il avait célébré son mariage avec Mahaut de Flandre. Après sa reddition, le rebelle prend à son tour la route de l’exil. Réfugié auprès de Henri Ier de France, il reçoit du souverain le comté de Soissons, tandis que son ancien domaine passe aux mains de son frère Robert, et que son autre frère, Hugues, conserve l’épiscopat de Lisieux (5).
Au sud, la situation du vaste territoire où régnait jadis Guillaume Talvas de Bellême est plus délicate encore. Exemple type du morcellement féodal des fiefs et de son inextricable enchevêtrement hiérarchique, il rend un hommage éclaté en trois directions. Alençon prête serment au duc de Normandie depuis 1030, Domfront au comte du Maine et Bellême au roi de France ! Certes, le récent mariage de Roger de Montgommery et de Mabille de Bellême contribue à tourner cette ville vers Guillaume, mais Yves, l’évêque de Sées, tient pour un quatrième suzerain qui commence à poser problème : le comte d’Anjou Geoffroi Martel, dont les visées expansionnistes ne sont un secret pour personne (6). En fait, la lutte entre Guillaume de Normandie et Geoffroi d’Anjou s’annonce impitoyable.Au début de l’année 1050, alors que Brionne est encore assiégée, Henri de France veut tenter une percée en Anjou, dont il mesure la montée en puissance. Il jette son dévolu sur le château de Mouliherne, mais le gros de ses troupes est occupé ailleurs : face à la Bourgogne, à la Champagne, et au comté de Blois-Char­tres ; aussi le Capétien se voit-il contraint de faire appel à l’aide du Bâtard. Ce dernier, en vertu du code féodal, ne peut qu’accéder à la demande. D’autre part, n’est-il pas redevable au roi de lui avoir permis de vaincre les rebelles au Val-ès-Dunes ? Enfin, et cette dernière raison n’est certes pas la moindre, s’attaquer à l’Anjou ne peut que servir les intérêts du duc de Normandie.
A nouveau, Guillaume se jette dans la guerre, avec rage, courage et sapience. Henri Ier a confiance en lui. Il l’écoute attentivement, avant même d’entendre ses conseillers habituels. On voit le duc offensif et téméraire foncer sus à l’ennemi, sans crainte d’exposer sa personne, flanqué de quelques valeureux combattants qui font autant qu’une armée ! Un jour, avec quatre chevaliers, il tombe nez à nez avec un parti d’une quinzaine d’Angevins bien décidés à en découdre. Comme dans les chansons de geste, la lance de Guillaume fait merveille, brise la hanche d’un ennemi qu’elle désarçonne, provoque la fuite de ses compagnons. Le duc les poursuit sur plusieurs lieues, les rattrape, les affronte et revient avec sept prisonniers ! Grâce à lui, la motte castrale de Mouliherne tombera bientôt aux mains du roi de France.
Geoffroi d’Anjou riposte en s’emparant de Château-du-Loir et du Mans, dont l’évêque Gervais, un parent de Bellême, s’enfuit en Normandie. Il pousse son avantage jusqu’aux terres de Mabille et met des garnisons à Domfront et Alençon. Puis il occupe Tours au détriment du comte de Blois qu’il jette en prison !
tour de croisée de Notre-Dame-sur-l`Eau à Domfront
A l’automne de 1051, Guillaume se met en route pour Domfront. Il choisit une cinquantaine de guerriers afin d’attaquer le château par surprise. En fait de surprise, c’est son commando qui connaît celle de se retrouver au pied des murailles face à une troupe qui l’attend de pied ferme ! Guillaume se replie sur son camp en forêt des Andaines, où il apprend la disparition de son oncle Guillaume d’Ar­ques, un fils de Richard II, un demi-frère de son père Robert le Magnifique : après avoir livré à l’ennemi le plan du duc, le Richardide est reparti en Pays de Caux pour son fief du Talou (7). Le Bâtard entre dans l’une de ces colères dont il a le secret : 
– Par la splendeur de Dieu ! Comment ne me suis-je pas méfié de ce misérable ? De cet arrogant qui ose se nommer lui-même « comte par la volonté du Roi des Cieux » ? (8) Et dire que c’est son sang qui coule en mes veines, le sang de Hrólfr-le-Marcheur et de Richard-sans-Peur !
Sur ce, il place Domfront face à un siège en règle, selon les efficaces principes expérimentés à Brionne. En quelques jours, les puissantes murailles qui ceinturent les deux hectares de l’éperon rocheux sont doublées par des mottes en terre, des enceintes en palis, des édifices de guet qui contrôlent la tour-porte et interdisent toute entrée comme toute sortie. Contenir les assiégés est une chose ; se garder d’une opération de secours en est une autre.
Quand les renforts de Geoffroi Martel sont annoncés à Guillaume, c’est un nouvel épisode digne d’un poème épique. Le duc voit rentrer de patrouille ses deux fidèles compagnons, Roger de Montgommery et Guillaume Fitz-Osbern.
– Guillaume, lui dit le premier, nous avons rencontré le héraut du comte d’Anjou. Il te fait savoir qu’il nous attaquera demain matin, mais te défie en combat singulier. Il montera un grand cheval bai à trois balzanes, sera vêtu de noir et portera devant son fléau d’armes un bouclier peint d’azur à la tour de sable.
– Par Saint-Michel ! Il ne pourra manquer de reconnaître mon écu de gueules au dragon d’or, ni mon destrier alezan aux crins lavés, s’il ose venir se frotter à ma lance et à mon glaive ! (9)
– C’est, précise le fils d’Osbern, le message dont Roger a chargé l’émissaire !
Pour viril qu’il fût, ce défi sera sans suite. Le lendemain, la bataille n’aura pas lieu, car Geoffroi Martel est parti défendre Tours contre l’armée du roi de France. Domfront tombera au printemps 1052, au terme d’un rude siège hivernal de six mois.
En attendant, Guillaume part pour Alençon, où il arrive quinze heures plus tard, après une chevauchée nocturne censée précéder un assaut livré à l’aube. Cette fois encore, il rate son effet de surprise. Les Angevins ont dressé les hourds sur les remparts et tendu, ainsi qu’il est d’usage, des peaux de bêtes fraîchement écorchées, en protection contre les tirs de flèches enflammées. Sur l’une des tours, les défenseurs les frappent de leurs armes en riant. Posté en contrebas, Guillaume entend nettement leurs quolibets.

La forteresse de Domfront domine le site

 
– La peau ! crient-ils. La peau du parmentier !
– Par la splendeur de Dieu ! rugit le duc. Ils osent railler l’état de mon grand-père maternel ? 

Eglise de la Roche-Mabille, créée au xie siècle pour la femme de Roger II de Montgommery.

Concentrez toutes nos forces sur cette tour, qu’elle soit prise sur-le-champ ! (10)
Les échelles s’adossent à la muraille. Les traits pleuvent de part et d’autre. Hérissés de flèches, les boucliers des Normands parviennent vite aux créneaux où les assaillants s’engouffrent pour se rendre maîtres du lieu. L’instant d’après, trente-deux prisonniers font face au duc de Normandie qui ordonne :
– Tranchez-leur les mains et les pieds ! (11) Haches et épées entrent en action dans les hurlements de terreur des suppliciés. Précédant un sillage de sang, les membres coupés sont jetés par-dessus les murailles. Horrifiés du sort qui les attend s’ils résistent plus longtemps, les soldats ouvrent les portes pour se rendre. Guillaume les épargne tous. Alençon devient normande. Lorsque Domfront tombe à son tour, le Bâtard peut entreprendre de châtier le comte de Talou.
Car au fil des ans, son oncle a créé une véritable enclave dans le duché. Quand, en 1038, il fut chargé d’administrer ce territoire, peu après la mort en pèlerinage de son demi-frère Robert, sa première décision avait été la construction d’un imposant château-fort sur les hauteurs d’Arques, au confluent de la Varenne et de la Béthune. Devenu comte d’Arques, le comte de Talou oublie ses devoirs envers le duc qui, il est vrai, à 13 ans, n’a pas encore assis son pouvoir. Cette fois, le Bâtard a tout lieu de se méfier de son oncle, bien plus dangereux que son cousin Guy de Bourgogne dont il s’est débarrassé à grand-peine.

Forteresse d`Arques

Forteresse d`Arques

 
Car le comte d’Arques agit dans l’ombre depuis plusieurs années, véritable chef d’orchestre des complots dirigés contre le fils du Magnifique. Son arrogance ne connaît pas de bornes. Tel jour, il lui condamne l’entrée de son nid d’aigle. Tel autre, il lui refuse le service d’ost. Puis survient cette affaire de « fuites » dans son plan d’attaque de Domfront.
Le duc s’empare du château d’Arques, cette forteresse adultère (12), et y installe ses soldats. Or, tandis que, satisfait de cette remise en ordre, Guillaume séjourne en Cotentin, il apprend que le comte de Talou, qui avait rejoint le roi de France, est rentré à Arques dont il a « retourné » la garnison en sa faveur.

Statue dite de Guillaume Talvas de Bellême (père de Mabille de Montgommery). Eglise Notre-Dame-sur-lEau à Domfront.

Le sang du duc recommence à bouillir.
– Par la splendeur de Dieu ! Dix hommes avec moi ! Départ immédiat.
Avec des chevaux de rechange, la troupe se met en branle, abat sans répit lieue après lieue, franchit la Dives à Varaville, la Touques à Bonneville et la Seine à Quillebeuf. La voici en Pays de Caux. Cette chevauchée fantastique a tué d’épuisement tous les destriers, sauf six ! Cinq chevaliers sont donc menés par Guillaume qui ouvre ses yeux fatigués sur des scènes de désolation : le Talou a été ravagé par les hommes de son oncle. La terreur a créé une véritable atmosphère de suspicion qui n’épargne personne. Des chevaliers rouennais venus reprendre Arques y ont renoncé au pied des remparts, craignant la trahison de leurs propres soldats. Sur le chemin du retour, ils tombent nez à nez avec Guillaume et ses compagnons.
– N’allez pas plus loin, seigneur duc ! On dit que des milliers de défenseurs sont en Arques. Le Talou tout entier a basculé dans le camp du félon. On vous mettra à mal.
– Quand ils me verront, réplique le duc, ils n’oseront porter la main sur moi. En avant !
Grossie de quelques volontaires, la cavalerie du Bâtard surgit en armes devant Arques où elle surprend hors de ses murs Guillaume de Talou, lequel sur-le-champ se replie dans sa forteresse qui déjà résonne des assauts du duc. Mais le roc est abrupt, les murailles hautes, la place imprenable.
– Fort bien, dit Guillaume. La tactique de Brionne sera donc ici répétée. Que l’on condamne la porte par l’édification d’une motte ! Nul ne doit plus, ni entrer, ni sortir, si ce n’est pour se rendre !
En octobre, le roi de France vient à la rescousse des retranchés avec une armée qui fait halte à Saint-Aubin-le-Cauf. Les troupes ducales ne peuvent en venir à bout. Enguerran, le comte de Ponthieu, trouve la mort dans l’une des opérations contre les Français qui parviennent à entrer dans Arques pour ravitailler les rebelles.
Guillaume prend derechef en personne la direction du siège. Le roi de France est reparti en laissant une partie de ses hommes à l’intérieur du château, dont le blocus reprend de plus belle. Cette fois-ci, la tenaille est sans défaut. L’hiver a toujours profité aux assiégeants normands. Au printemps 1054, la porte s’ouvre sur des soldats méconnaissables. Amaigris à l’extrême, se traînant sur leurs jambes, croulant sous le poids des selles de leurs chevaux morts et dévorés, ils se rendent à la merci ducale. Parmi eux, Guillaume d’Arques attend son châtiment.
– Traître, lui dit le Bâtard, tu as abusé de ton rang pour bafouer mon autorité, tu as noué avec l’ennemi français des liens féloniques pour m’abat­tre. Tu mérites mille fois la mort, mais les liens du sang me dissuadent de t’appliquer le traitement que tu me réservais. Quitte à jamais ce fief que tu as pillé. D’autres terres te seront attribuées où tu gagneras ton pardon par le loyal service dû à ton duc.
– Fils de Robert, répond le vaincu, le frère du Magnifique ne sera plus jamais vassal de son neveu. Je vivrai mon bannissement auprès du comte Eustache de Boulogne.
Enfin, Guillaume peut se réjouir. Le départ de son oncle consacre sa victoire sur le dernier de ses ennemis richardides. Le dernier ? Pas tout à fait. Il reste encore l’archevêque de Rouen. Il reste Mauger.
 

(1) Au xie siècle, la mesnie est la maisonnée noble d’un seigneur, l’entourage qui gravite autour de lui, profite du renom de celui qui l’accueille et concourt à sa réputation.
(2) Des bacheliers sont de jeunes hommes de bonne famille, non encore mariés (l’anglais a conservé à bachelor ce sens de « vieux garçon »).
(3) Ce jugement de Guillaume a été vivement contesté par certains chroniqueurs, tel Ordéric Vital qui, dans son Histoire ecclésiastique, estimait cette peine trop lourde.
(4) En choisissant d’honorer la famille d’Herlève, Guillaume dressait un bouclier contre les menées de sa famille paternelle. Il n’eut jamais à se repentir de l’élévation de Robert et d’Odon, sauf en ce qui concerne ce dernier, mais ce ne sera que dans les dernières années de sa vie.
(5) C’est encore une fois la preuve du discernement de Guillaume, qui n’étend jamais le châtiment d’un seul à toute sa famille.
(6) Geoffroi Martel est fils de Foulques Le Noir, lui aussi turbulent seigneur qui excellait dans l’art de la fortification. Ses châteaux en pierre comptent parmi les premiers d’Europe occidentale.
(7) Selon certaines sources, le traître serait un proche de Grimoult du Plessis, l’un des comploteurs de Bayeux. Quoi qu’il en soit, il est certain que Guillaume d’Arques a disparu à ce moment, et qu’il intriguait depuis fort longtemps.
(8) Cette orgueilleuse signature apparaît en effet au bas d’une charte des années 1040.
(9) Ces couleurs n’ont aucune valeur historique. Les armoiries ne se fixeront qu’à partir du xiie siècle. Auparavant, les chevaliers changeaient fréquemment d’écus, parfois même au cours d’une même journée, ce qui expliquera qu’à Hastings, Guillaume aura besoin d’ôter son casque pour se faire reconnaître.
(10) C’est bien la basse extraction d’Herlève qui est visée, et non la bâtardise de Guillaume. Que son grand-père fût un simple tanneur importait plus que sa naissance hors mariage.
(11) Cet ordre peut paraître cruel aujourd’hui. Il était alors monnaie courante et le sera pendant des siècles. En fait, le plus singulier est sa rareté chez un homme qui avait besoin d’affirmer son autorité. Or, on sait qu’il prononça peu de condamnations à mort.
(12) C’est-à-dire bâtie sans la permission ducale.

 


Retrouvez l'article intégral dans la version papier de Patrimoine Normand
(n° 25, Printemps 1999)


 
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