Patrimoine Normand magazine

 





Trente chevaliers Normands à la conquête de l'Irlande

Limerick, King Johns Castle.

Trente chevaliers Normands 
à la conquête de l'Irlande


Par François-Xavier Verger
Extrait Patrimoine Normand N°37

Carte des invasions normandes en Irlande( © Patrimoine Normand).

En 1169, à l’appel du roi de Leinster, une armée de Normands débarque au sud de l’Irlande. Après une conquête relativement aisée, les Normands éprouvent des lourdes difficultés à se maintenir dans ce pays à la culture si différente de la leur. Pour cela, ils couvrent l’Irlande de châteaux qui aujourd’hui sont encore des témoins forts du patrimoine normand.

Après la conquête de l’Angleterre par les Normands, et le sacre de Guillaume le Conquérant en 1066, l’Angleterre eut pour roi deux des fils de Guillaume, Guillaume II le Roux, Henri Ier Beauclerc et puis Etienne de Blois. Alors que ces derniers s’éteignent sans héritiers mâles, le trône royal se transmet à Henri Plantagenêt, comte d’Anjou, du Maine et de Touraine, qui vient de se marier à l’héritière des ducs d’Aquitaine, Aliénor, à peine répudiée par le roi de France Louis VI. Ce couple d’heureux héritiers donne le jour à de nombreux enfants dont deux furent rois d’Angleterre, Richard qui sera surnommé plus tard « Cœur de Lion » et Jean surnommé « Jean sans-Terre ». Henri Plantagenêt, descendant de Guillaume par sa mère, n’est déjà plus un roi normand, il est angevin, français.
Henri II Plantagenêt qui était titulaire de domaines essentiellement continentaux se retrouve désormais à la tête d’un domaine largement plus im­­­portant que le domaine royal capétien. Ne se limitant pas à ses héritages, il saura, comme nous le verrons dans ces lignes, profiter d’exceptionnelles opportunités.
Jean sans Terre, fils puîné du couple royal, ne restera pas longtemps « sans terres », il suffira d’en conquérir de nouvelles. Ce sera l’Irlande !

Richard Strongbow de Clare, deuxième Comte de Pembroke et septième comte de Gloucester est issu de Richard FitzGilbert, mort en 1090, qui descendait de Godefroi, comte de Brionne, bâtard de Richard Ier, duc de Normandie. Il naquit vers 1130 et mourut à Dublin le 20 avril 1176.
Une invasion par le Sud-Est

En 1169, à l’appel du roi de Leinster, Dermot Mac Murrough, une petite armée anglo-normande débarque à Baginbun Head dans le comté de Wexford, au sud-est de l’Irlande. Petite armée, en effet, environ trente chevaliers et deux ou trois cents archers et hom­mes d’armes.
En 1170, le Normand Richard de Clare, deuxième Comte de Pembroke, surnommé Strongbow (c’est-à-dire « arc dur » en anglais), débarque à son tour et s’empare de Dublin. Son objectif est clair : la domination territoriale. Pour cela, il entreprend une conquête méthodique de toute la partie occidentale de l’île. Fin politique, Strongbow épouse la fille du roi de Leinster, dont il prend la succession en 1171.

Château de Dungaire.

Château de Roscommon.

La Bulle Laudabiliter : Adrien IV, pape anglais, et Alexandre III ensuite, demande à Henri II de prendre les armes afin que « le peuple d’Hibernie (1) soit réformé dans ses mœurs abominables, qu’il devienne chrétien de fait comme il l’est de nom, et que l’Eglise de ce pays aussi désordonnée et grossière soit ramenée sous de meilleures lois ».

(1) Co : abréviation du mot comté (county).
Ses succès sont tels qu’Henri II se sent menacé et craint la naissance d’un royaume anglo-normand en Irlande. Préférant l’action, en 1171, il débarque à Waterford et occupe la ville. De ce port stratégique, il fait une place forte royale.
Strongbow est obligé de se soumettre et rend l’hommage pour ses conquêtes irlandaises. L’Irlande normande devient anglaise.
Dès 1175 à l’occasion du traité qu’il impose au Haut Roi irlandais O’Connor, le roi d’Angleterre, Henri II exige la possession du royaume de Dublin et des comtés de Lough, Meath, Trim, Kilkenny, Tipperary, Waterford et Wexford, environ le quart sud-est de l’Irlande. Henri II nomme son fils puîné, Jean « sans Terre », Seigneur d’Irlande. Jean a maintenant son domaine. Il faut le conquérir et le pacifier, certes, mais il est grand et jouit d’un prestige séculaire.

 
Quelques dates :

432-461 : mission de saint Patrick.

795 : premières invasions vikings : venus du Danemark et de Norvège, des Vikings pillent les monastères d’Irlande.

A partir de 841, ils s’installent dans les estuaires et créent des villes qui sont de véritables ports fortifiés, centres d’un commerce florissant : Dublin, Wicklow, Arklow, Wexford, Waterford, Cork, Limerick 

1014 : le roi de Munster, Brian Boru bat les Vikings lors de la bataille de Clontarf. Les Vikings sont refoulés.

1169-1170 : invasion anglo-normande. Richard de Clare, dit Strongbow, Comte de Pembroke, débarque dans le sud-est de l’Irlande.
La bulle pontificale « Laudabiliter » de Adrien IV, confirmée par Alexandre III, nomme Henri II, seigneur suzerain d’Irlande.  

1171 : Henri II débarque à Waterford et fait reconnaître sa suzeraineté par les rois celtes, les seigneurs normands et par l’Eglise.

1175 : Traité de Windsor, Henri II roi de Dublin.

1177 : un autre normand, Jean de Courcy, débarque dans l’Ulster.
Conquête et domination de l’Irlande.

1366 : statuts de Kilkenny, décrets sensés limiter la « dégénérescence » des Anglo-Normands, interdisant formellement l’union entre Irlandais et Anglo-Normands afin de maintenir la distinction entre « envahisseurs » et « envahis ». Interdiction de l’usage de la langue gaélique.
Puis le Nord

En 1177 Jean de Courcy, lui-aussi baron normand, débarque dans le Nord, l’actuel Ulster et se taille à coups d’épée un domaine important.
En 1250 les barons normands possédaient alors la majeure partie de l’Irlande. Possession officielle certes, mais dans la pratique, les Irlandais n’acceptent pas véritablement la domination des Normands. Les familles des anciens rois cherchent à reconquérir les territoires perdus. Durant les trois siècles qui suivent la conquête, Irlandais et Normands se font une guerre permanente dont, dans un premier temps, les Normands sortent victorieux.
De nombreuses familles normandes s’établissent sur place et réussissent, au fil des conquêtes, à se maintenir grâce à un atout capital : ils connaissent l’art de fortifier leurs zones d’occupation.
Alors que dans l’Irlande celte du XIIe siècle, la demeure du roi est encore un ensemble de constructions à base de bois et de clayonnage d’argile, la solidité et l’inexpugnabilité des premières constructions normandes permettront à ces derniers de conquérir le pays à partir de bases sûres.
Dès leur débarquement, les Normands construisent des mottes sensées interdire aux Irlandais récalcitrants toute résistance. Simple butte de terre, naturelle ou artificielle, encerclée d’un fossé et surmontée d’une tour de bois recouverte de peaux de bêtes, la motte permettait de résister à des assauts de troupes ne disposant pas d’artillerie. Aujourd’hui encore, des mottes subsistent à Tipperary, à Clough et à Dundrum.
Les Normands disposent d’un autre avantage majeur : leur armement et leurs cottes de mailles.


Des méthodes de combats très différentes

Les Normands qui débarquent en Irlande en 1169 sont des soldats disciplinés, revêtus d’une armure et soutenus par des archers. Les Irlandais, selon le chroniqueur gallois Giraldus Cambrensis, combattent avec des javelots, des lances et des haches. Cette forme de combat, archaïque pour l’époque, est très bien montrée par la Tapisserie de Bayeux. Mais, depuis Hastings, les Normands ont considérablement évolué, notamment lors des Croisades, et ont perfectionné l’art de la cavalerie lourde. Du fait de ces deux stratégies, les résultats des combats varient souvent  en fonction du terrain. Les Irlandais, toujours selon Giraldus, excellaient à « lancer des pierres sur l’ennemi, causant de gros dégâts lors du combat ». La charge des chevaliers normands écrasait les fantassins regroupés et les cavaliers sans armure.
En cela, la situation des Normands en Irlande est comparable à celle des Croisés en Palestine. C’est par leur armement et leur art de la fortification qu’ils se maintiennent et parviennent à écraser des armées très supérieures en nombre. Comme les Croisés, ils ont besoin de renforts extérieurs venus du continent ou d’Angleterre.


Gisants de Piers Butler, comte dOrmond et dOssory et de son épouse Margaret Fitzgerald.
 

Cathédrale de Dublin

Les Normands et les villes

Les Normands s’emparent des villes fondées par les Vikings comme Limerick et Waterford. Ils soumettent les habitants, renforcent les remparts et là-aussi créent de véritables forteresses. Dans ces deux villes, les châteaux datent de Jean sans Terre. Ces hauts murs leur permettent de résister aux révoltes des Vikings qui n’apprécient pas ces nouveaux venus qui leur ressemblent. Ainsi à Waterford, en 1174, les Vikings se soulèvent et obligent les Normands à se réfugier dans le donjon, la tour Réginald.
A Limerick, les Normands créent un quartier à part, protégé par leur château, aujour-d’hui portant à juste titre le nom de King John’s Castle.
A Dublin, Strongbow relève la cathédrale et le château, hérité des Celtes et des Vikings. C’est là qu’il sera enterré en 1176.
Organisant le pays conquis sur le régime féodal, les Normands couvrent le territoire de châteaux et battent monnaie. Au sommet se trouve un vice-roi assisté d’un parlement bicaméral. Le Parlement Irlandais vote les impôts et adapte la loi anglaise aux coutumes irlandaises et réciproquement. 

Les Irlandais relèvent la tête

Les Irlandais commencent à apprendre les leçons des Normands, à la fin du xiiie siècle, ils se ressaisissent et à leur tour, construisent des forts et partent à la reconquête des territoires perdus. Poussés par les armées d’Aedh O’Connor, d’Art MacMurrough, de Donald O’Neill et de l’Ecossais Edouard Bruce, particulièrement victimes de la peste noire qui décime un tiers de la population entre 1348 et 1350, les Normands se replient vers le royaume de Dublin qu’ils contrôlent mieux, protégés par le « Pale », véritable ligne de châteaux s’étendant de Dublin à Dundalk. A la fin du XVe siècle, la zone de domination anglaise se limite aux comtés de Louth, Meath, Dublin et Kildare.

 
Edouard Bruce : le Normand d’Ecosse

Frère du roi d’Ecosse, Robert Ier, il descend du guerrier normand, Robert de Bruis, mort en 1094, qui fut compagnon de Guillaume le Conquérant. La famille de Bruis serait originaire de la terre de Bruis (Brix), près de Cherbourg.
Edouard Bruce se vit offrir en 1315 la couronne d’Irlande à la condition d’en chasser les Anglais. Il débarqua à Ayr et se rendit maître de l’Ulster. Couronné roi d’Irlande en 1316, il fut tué à la bataille de Dundalk en 1318.
Edouard Bruce fut le grand-oncle du premier roi de la dynastie des Stuarts.

 

L’assimilation des Normands

Après les combats de conquête, phénomène devenu courant chez eux, un grand nombre de seigneurs normands se laisse absorber par leurs homologues celtes : ils se soumettent au « Code Brehon », la loi gaélique, se laissent pousser les cheveux et la barbe, parlent le gaélique plutôt que le français, prennent des noms locaux. Ainsi les Normands deviennent selon le mot de l’époque, « plus Irlandais que les Irlandais ».
L’établissement de liens familiaux et l’adoption des coutumes locales poussent le roi d’Angleterre à interdire les mariages entre Irlandais et Normands et l’usage de la langue gaélique. Ces prohibitions seront inscrites dans la loi par les statuts de Kilkenny en 1366.
Malgré les interventions royales, juridiques ou armées, les Normands deviennent plus Irlandais qu’Anglais. 

Des familles aux noms familiers 

Les conquérants de l’Irlande portent des noms patronymiques normands ou des noms de seigneuries normandes.
Du Bourg, de Bruis, Courcy, Quincy, FitzGerald (2), FitzStephen ou FitzGibon : les cadets de familles normandes partent à la conquête des fiefs.
Dans les années 1170, Thomas FitzGerald reçoit des terres à l’ouest de Limerick, et construit à Shanid un donjon polygonal sur une butte. Ses descendants, les FitzGerald de Desmond sont partagés en trois branches : le Chevalier Blanc, le Chevalier de Kerry et le Chevalier de Glin. Ces titres montrent combien les seigneurs normands se sont intégrés à la société irlandaise. Ils reçoivent le titre de Comte de Desmond en 1329. Le septième comte de Desmond et son père sont les deux premiers poètes normands de langue irlandaise au milieu du XVe siècle.
Une autre branche FitzGerald s’est installée à Kildare et a reçu le titre de Comte de Kildare en 1316. Ils sont faits ducs de Leinster. Ils possèdent les châteaux de Tralee (Co Kerry) (2), Leixlip (Co Kildare). Aujourd’hui, la famille porte toujours ses titres et réside régulièrement dans ses châteaux, dont celui de Glin.
Théobald Walter, autre baron normand, reçut le titre héréditaire d’échanson royal d’Irlande (traduit par Butler). Ses descendants sont Comte en 1328 puis Duc d’Ormonde en 1661. Le dernier duc d’Ormonde a vendu son château de Kilkenny à la République d’Irlande qui l’ouvre au public. La famille Butler existe encore et vit aux Etats-Unis.
Guillaume de Burgo arriva en Irlande avec le prince Jean sans Terre, Lord d’Irlande, en 1185. Huit ans plus tard, il épouse la fille de Donal More O’Brien, roi de Thomond. Son fils est nommé Lord de Connaugh. En 1265, Walter de Burgo devient Comte d’Ulster. Au XVIe siècle, leurs descendants sont créés Comte de Clanrickard. Le dernier héritier transmet son titre en 1916 à Henry Lascelles qui épouse la princesse royale, fille de Georges V. Au cours des siè­cles, le nom de la famille s’est transformé : de Bourg, de Burgo, de Burgh pour finir en Burke. Guillaume de Burgo a fondé le château d’Askeaton qui passe ensuite aux descendants de Pembroke puis aux Fitzgerald de Desmond. Il fonda aussi le château de Cloghan. Walter de Burgo fonda le prieuré de Newtownards dans l’Ulster et le château d’Aughnamure. Outre ces nombreux châteaux, les Burgo sont aussi à l’origine de la ville de Galway.
Richard Talbot reçut de Henri II la seigneurie de Malahide. La famille est restée propriétaire de ce domaine jusqu’en 1976.
Jean de Courcy fait édifier un château à Belfast lorsqu’il envahit l’Ulster en 1177. Il en fait édifier un autre à Carrickfergus entre 1180 et 1200 qui est terminé par un descendant de Hugh de Lacy, le constructeur de Trim, portant le même nom.
Le château de Trim, dans le comté de Meath, à quelques kilomètres au nord de Dublin est probablement un des châteaux les plus anciens d’Irlande. Achevé en 1124, c’est un magnifique château normand protégé par la rivière Boyle et par un important fossé. Son donjon à vingt faces est protégé par une solide enceinte de murs-rideaux et de tours ron­des. Son rôle dans la protection du Pale fut capital. Le Pale, terme venant du latin palum qui signifie enjeu, désigne la ligne de châteaux construits à partir de Trim afin de protéger la région de Dublin. A l’origine, le château était une simple butte dominée par une tour de bois érigée par le Normand Hugh de Lacy trois ans après le débarquement de Strongbow. Il subit un premier assaut par Roderic O’Connor, roi du Connaugh,  et est ravagé par le feu. Hugh de Lacy le fait reconstruire en pierre aussitôt après, et le roi Jean (Jean sans Terre) peut en 1210 constater l’importance des travaux qui aboutissent à créer le plus vaste et le plus ancien château d’Irlande. Hugh de Lacy ne le voit jamais achevé, il périt en 1186 d’une hache irlandaise lors de la bataille de Durrow. Son donjon de forme carrée, flanqué sur chaque face de quatre carrés supplémentaires, mesure encore 22 mètres de haut. Ses murs sont épais de 3,5 m. Le donjon est entouré d’une enceinte couvrant 1,2 hectare, son accès est protégé par deux ponts-levis et une barbacane. Aujourd’hui, le château est géré par le département de l’héritage, au sein du ministère des travaux publics (Office of Public Works, Duchas, the heritage service, en langue gaélique). 
Hugh de Lacy, Seigneur de Meath, fit aussi construire le château du Roi Jean à Carlingford (Co Louth) ainsi que la fortification de la ville de Drogheda.


Conclusion

Avec l’avènement des Tudors, l’importance des grandes maisons normandes connaît ses dernières heures. Henri VII soumet le parlement de Dublin par l’Acte du Poyning en 1494. Puis Henri VIII se fait remettre les fiefs des Normands et des Irlandais et les leur restitue ensuite. De terres ancestrales ou conquises, les terres deviennent des dépôts que le roi peut reprendre à sa guise.
A la rupture d’Henri VIII avec Rome, l’Eglise du Pale devient anglicane. Les Irlandais et les Normands nommés alors « Anglais dégénérés » restent fidèles à l’Eglise catholique.
Des descendants de Normands tenteront, au prix de leur vie, de libérer le pays de la tutelle  anglaise. Face aux Tudors ou face à Cromwell, les Normands se lèvent et s’unissent aux rois irlandais pour lutter. Mais ces sacrifices ne suffisent pas. L’Angleterre écrase ces soulèvements et impose aux barons de renoncer à suivre Rome. Plusieurs générations refusèrent, puis la nécessité d’être anglican pour accéder aux fonctions administratives et militaires du royaume fit que les barons un à un se convertirent. Dès lors, l’île vécut dans une paix relative.

Que reste- t il de cette période ? Les Normands ont- ils laissé des traces tangibles ?
Outre leurs descendants qui continuent à porter des noms normands ou sont encore propriétaires des domaines con-quis ou reçu en fiefs, la présence des Normands constitue un véritable héritage. Le plus visible et le plus caractéristique est l’apport architectural. Ce sont les Normands qui ont amené en Irlande l’art de construire des bâtiments importants en pierre. Avant la conquête, les Irlandais cons-truisaient des églises en pierres de taille moyenne. L’habitat utilisait essentiellement le bois et la terre. Avec les Normands, l’utilisation de la pierre et la maîtrise de l’art de bâtir pénètre en Irlande. Ainsi la construction d’églises, de châteaux ou d’habitations a été considérablement influencée par la présence normande. Les églises, abbayes et cathédrales construites par les Normands ont été pour la plupart dévastées par les troupes de Cromwell, aussi est-il difficile d’en présenter ici.
Le paysage irlandais actuel, clairsemé de tours et de donjons, est donc un héritage des Normands.

Deuxième apport essentiel : la ville
Avant la conquête quelques villes existaient, elles avaient été construites par les Vikings dans les estuaires des fleuves. Leur développement s’était arrêté après la victoire de Brian Boru en 1014. Les Irlandais évitaient la ville, comme par claustrophobie. Ce sont les Normands qui ont encouragé les Irlandais à s’installer dans les petits villages et ont ainsi créé les noyaux de l’urbanisation actuelle de leur pays.

Troisième apport des Normands : l’ouverture sur le monde et l’appartenance à un ensemble territorial plus important. La présence des barons normands et de leurs hommes a permis aux Irlandais de profiter de l’essor de civilisation de cette époque médiévale. Sans tuer la société irlandaise et son organisation, l’intégration des Normands a enrichi les usages irlandais de l’organisation continentale et de ses progrès. 
Ces quelques lignes viennent de le montrer : la conquête de l’Irlande par les Normands fait partie intégrante de leur héritage. Ces châteaux, ces églises construits par des Normands sont des souvenirs laissés pour les générations futures. Souvenirs de cette audace qui refoulait toutes les peurs, souvenirs de cette force qui les a maintenus sur place et souvenir de cette foi qui les a gardés fidèles.  

(2) Fitz : apparaît dans les patronymes des chevaliers normands, et désigne la filiation.
(3) Hibernie : ancien nom de l’Irlande, dérivé du latin Hibernia.
 

Retrouvez l'article intégral dans la version papier de Patrimoine Normand
(n° 37, février-mars 2001)


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