Patrimoine Normand magazine

 





Bayeux : l'ancien palais épiscopal

Bayeux - hôtel de ville
Bayeux
l'ancien palais épiscopal,
le musée Baron Gérard et la mairie 

Extrait Patrimoine Normand N°11
Par Christiane Huet
Professeur d'Histoire au Lycée Chartier.


Au pied de la cathédrale de Bayeux subsiste la plus grande partie de ce qui était l'un des plus beaux et plus grands palais épiscopaux de Normandie à la fin de l'Ancien Régime. Il abrite actuellement la mairie de Bayeux et le musée Baron Gérard ainsi que ses intéressantes collections. Partons à la découverte du coeur de Bayeux, ville d'art au riche patrimoine.

 

Préambule

La résidence de l'évêque ou palais épiscopal s'inscrit dans un vaste ensemble architectural dévolu au clergé, comprenant : la cathédrale, le cloître canonial (accolé à l'évêché et aux bâtiments du chapitre), la salle capitulaire, la bibliothèque (à partir du XVe) et l'officialité (tribunal ecclésiastique).
Les murs de la ville et les maisons de la fabrique en fixent les limites à l'est (rue Larcher actuelle), à l'ouest la salle du chapitre, jouxtée et prolongée par le grenier à sel (détruit en 1896), en interdit l'accès (rue Bienvenu), au nord  une porte fortifiée en garde l'entrée rue de la chaîne, au sud-est la chapelle Saint-Etienne et la porte Saint-Vigoret le bornent de ce côté. Ainsi, est l'emprise géographique de l'évêché entre le Moyen Age et le XVIIIe.
Jusqu'au XIXe il communique directement avec la cathédrale et le transept nord par la salle Saint-Regnobert, nom du second évêque de Bayeux qui, selon Hermant, aurait cédé au chapitre, le terrain sur lequel a été bâti cette construction ; constituant ce qu'il est convenu d'appeler : " le fief de la table Notre-Dame ", d'après le chanoine Deslandes.
Actuellement, l'évêché se présente sous forme d'un U, au flanc nord de la cathédrale enserrant la place où a été planté l'arbre de la Liberté en 1797.
A l'extérieur de ce U, le bâtiment de la rue laitière (mairie de nos jours) s'appuie et se développe perpendiculairement selon un axe médian au nord tandis qu'à l'ouest une excroissance encadre le jardin Saint-Yves.
Partie centrale de l'ancien palais épiscopal, actuel de l'Hôtel de Ville. (A.Galopin)Du bâti primitif, il ne reste rien non plus que celui construit au XIe, à l'instigation d'Odon qui fit élever un édifice vraisemblablement détruit dans l'incendie, allumé par les troupes de Henri Beauclerc en 1106, qui ravagea une partie de la ville.
Ensuite, la construction originale fut remaniée moult fois ce qui explique l'absence d'éléments antérieurs au XVe. En effet, rien n'est visible du manoir à tourelles de cette époque fermé rue de la Chaîne par une porte fortifiée, en revanche le palais XVIIIe transformé en mairie depuis 1793 subsiste et offre un témoignage intéressant de l'architecture urbaine d'ancien régime.

Les évêques bâtisseurs
Les précurseurs XVe

Le palais s'est transformé peu à peu, grâce à la volonté des prélats qui ont détruit, reconstruit, rénové, embelli leur demeure - Zanon de Castiglione (1432-1459) entreprend de grand travaux, en étendant la bâtisse vers l'est et les remparts, en faisant restaurer la salle Saint-Regnobert (disparue au XIXe siècle, dans le percement du passage Flachat) joignant la cathédrale.
Dans ce siècle datent les modifications apportées aux cachots de l'officialité : voûtes, piliers, arc de porte encore visibles.
Quelques années plus tard Louis de Harcourt (qui favorise la construction de la bibliothèque capitulaire par un don de 100 écus, bientôt suivi d'un cadeau d'une centaine d'ouvrages), entame une campagne de restaurations aux chambres du logis qui semble en mauvais état  et aux écuries ( selon les textes cités en référence par M. de La Heudrie, dont le compte de l'évêque de 1664 déposé à la BN). (...)

 

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