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Saint-Lô au bûcher


Bombardement Saint-Lô

Saint-Lô au bûcher


Extrait Patrimoine Normand N°77
Par Georges Bernage

Ces corneilles tournant autour de lune des tours de façade,     ruinée, de léglise Notre-Dame, exprimant lapocalypse subie par cette cité normande. (Coll. G. Bernage.)

Parmi les grandes villes normandes meurtries à l’été 1944, Saint-Lô est celle qui a connu les destructions les plus radicales, meurtrie à jamais, comme Le Havre où les pertes humaines ont été encore plus terribles.
 
Le titre rappelle celui d’un article de M. Lantier publié dans la Revue du département de la Manche en 1969. Elle évoque bien cette “grande brûlerie” qui a meurtri à jamais Louis Beuve, décédé cinq ans plus tard, en 1949. Parmi les villes normandes, bien d’autres ont souffert de manière cataclysmique : Le Havre, Caen, Lisieux, Falaise, Aunay-sur-Odon, Villers-Bocage et d’autres encore, dont Rouen, et nous y reviendrons. Mais Saint-Lô a perdu la plupart de ses immeubles, comme nous le verrons, ville neuve d’un passé perdu.
Les Alliés avaient prévu d’écraser la plupart des carrefours et points de passage des Allemands le Jour J, afin d’entraver la montée en ligne de leurs renforts. Les moyens mis en œuvre seront très importants, les dégâts considérables et terribles, la gêne pour l’armée allemande, bien relative ; elle mettra très vite en place des itinéraires de contournement. La réelle efficacité des bombardements stratégiques fut faible avec des conséquences désastreuses. La menace aérienne pour les troupes allemandes venait surtout de l’aviation tactique (Tactical Air Force), les chasseurs-bombardiers (appelés Jabos par les Allemands) sont seuls réellement efficaces, écrasant les colonnes allemandes qu’ils mitraillent et incendient. Ce sont les chasseurs-bombardiers qui ralentissent l’arrivée des renforts vers le front. La destruction des villes normandes reste un drame, un patrimoine humain et monumental qui est une perte irréparable.

Gros plan sur le quartier de lEnclos, le cours de la Vire dans le fond. (US Air Force/ Coll. G.B.)

 

La façade ravagée de léglise Notre-Dame. Elle aurait méritée une reconstitution à lidentique  plutôt que la façade sinistre qui a été remontée, évoquant un monument funéraire. (C

Pendant la nuit du 5 au 6 juin, les Saint-Lois ont entendu l’énorme vrombissement des avions larguant les paras sur la Presqu’île du Cotentin. Dès 23 heures, un avion a été touché par la Flak (la DCA), a pris feu et s’est écrasé sur une ferme à Baudre, causant la mort de sept aviateurs alliés. Un roulement sourd se faisait entendre vers Isigny et Carentan. La garnison allemande de Saint-Lô évacue la ville peu après. Le jour se lève alors que les Alliés débarquent sur la côte et, vers 10 heures, quatre bombes sont larguées sur la centrale électrique d’Agneaux à l’ouest de la Vire ; une nouvelle attaque l’achève un quart d’heure plus tard. A 13 h 30, la BBC envoie un message enjoignant les Saint-Lois d’évacuer la ville dans un rayon de trois kilomètres mais cet appel ne sera pas entendu ; les Allemands avaient confisqué tous les postes de radio...
Vers 16 h 30, la gare et la voie ferrée sont attaquées à leur tour par une quinzaine de Mustangs qui mitraillent et bombardent. Ces attaques successives rendent prudents certains Saint Lois comme le rappelle madame Odette Groult-Arondel dans son témoignage publié dans la Revue de la Manche (Fasc 172 d’octobre 2001) : “Après les intermèdes de l’après-midi, c’est-à-dire, bombardement et mitraillage de l’usine électrique d’Agneaux vers 10 h puis celui de la gare à 16 h, maman et tous les voisins ont vu les habitants de la rue Guillaume-Michel et du quartier de la gare remonter avec tous leurs paquets la route de Carentan pour gagner la campagne. Devenus prudents, maman et les voisins ont décidé de ne pas dormir à l’étage dans les lits mais tant bien que mal dans les caves respectives. Pour nous, après délibération, nous sommes allés dans la cave des voisins qui courageusement se sont chargés de deux femmes seules (les maris étant prisonniers) et de quatre enfants plus un vieillard grabataire, mon parrain”.

Autre photo en couleur prise  depuis le quartier de la Dollée  et montrant les ruines de lEnclos. (US Army.)

Mais, peu après 20 heures, trois escadrilles de bombardiers Marauders, quatorze appareils, larguent environ vingt tonnes de bombes sur la ville. Dans le Journal d’un Saint-Lois pendant la bataille de Normandie, 5 juin-29 juillet 1944, de J. de Saint-Jorre (N.M.D. Manche, T.5, 1945, p. 36 à 50), nous pouvons lire : “Ils miroitent dans le ciel couchant (...) lorsque tout à coup, un bruit strident déchire l’air, une vibration, qui hurle, emplit la cité (...) Et le sol frémit pendant que, dans une clameur atroce, tout chavire (...), les fenêtres se brisent sous un souffle énorme, les plafonds se détachent, et les plâtras, le verre brisé, tombent de tous côtés. Peu à peu, à travers une poussière au goût de soufre, le jour revient. Dans la rue du Neufbourg, des gens fuient (...). Certains semblent blessés, tous ont l’air affolés. Ils s’en vont vers l’extérieur de la ville. Les points les plus touchés sont la rue Dagobert, entre le collège et la Banque de France, la rue de la Marne et là-bas de la rue du Neufbourg, surtout la gendarmerie (...) Le feu s’est déclaré du côté de la caisse d’Epargne, et il semble prendre de grandes proportions. L’hôtel de ville a aussi été touché”. 
Mais le cauchemar n’est pas terminé. Un nouveau bombardement a lieu vers minuit et demi. Il est encore plus terrible, avec une cinquantaine de bombardiers ! Ils ont le centre ville pour cible. Comme le rappelle H. Bernard (Un ermite en exil, Fayard, 1947, p. 49) : “Les avions se suivent dans un vacarme assourdissant (…) et les bombes se mettent à dégringoler de plus en plus vite. Elles tombent avec une telle fréquence qu’il n’est plus possible de distinguer des explosions individuelles et le tout devient un roulement de tonnerre infernal, coupé de sifflements et de hurlements épouvantables et, de temps en temps, des coups de pilon formidables font gémir et craquer les murs tressaillant (…) des éclairs aveuglants jaillissent de partout, soufflant vers le ciel d’immenses jets d’étincelles et de flammèches (…). En peu de temps, le côté ouest de la ville n’est qu’un immense brasier houleux dont la lueur jaune rougeâtre éclaire le ciel entre d’énormes colonnes de fumée”. Retrouvons le témoignage de Madame Odette Groult-Arondel : “La nuit s’est passée blottie contre mon frère plus jeune, recouverts d’une couverture. Défense bien illusoire contre la poussière qui s’abattait sur nous, comme sur toute la ville et contre tous les bruits : éclatement des bombes, sifflements de projectiles, éclatements divers, ronflements des avions piquant pour mitrailler, hurlements et appels des blessés ou des gens coincés sous les décombres ou cherchant l’un des leurs. A six heures du matin, les adultes, unanimes ont décidé de quitter Saint-Lô”. Mais à côté de ces survivants, indemnes, qui vont rejoindre Villiers-Fossard et se trouver confrontés à la bataille, plusieurs centaines de Saint-Lois ont péri sous les bombes.
L’œuvre de destruction des bombardiers alliés est prolongée à trois reprises, jusque dans la matinée du 7 juin. D’après le rapport du préfet (daté du 23 juin et cité par Jérémie Halais, op. cit., p. 97) : “A la suite de ces bombardements, la ville a été entièrement rasée ou incendiée, 10 % des maisons sont encore debout, mais toutes ont été atteintes”. Et d’après J. de Saint-Jore (op. cit.), dans la cité préfectorale se tord “vers l’est un gigantesque panache de fumée, aux volutes infinies, desquelles s’échappent pour retomber parfois à des kilomètres, des feuilles de papier à demi brûlées sur lesquelles on lit encore des textes administratifs dérisoires”. Mais il n’y a pas que les archives préfectorales qui ont brûlé, il y a aussi les archives départementales de la Manche qui ont été anéanties dans cette “grande brûlerie” qui a tellement meurtri Louis Beuve, Mille ans de mémoire incendiés ? Et combien gisent sous les décombres ?

Les civils tentent de survivre au milieu des ruines. (US Army - Coll. G.B.)

Les chiffres les plus fantaisistes ont circulé. On a évoqué le chiffre de trois mille morts. Les enquêtes du centre de recherches en histoire quantitative ont pu établir un chiffre probablement définitif : 326 Saint-Lois tués sous les bombes (soit 67% des morts du département de la Manche dans les combats de 1944). Mais il y a aussi les autres victimes, les blessés. C’est ainsi qu’une édition de la Manche Libre datée de 1984 avait annoncé 1 270 victimes dont 397 cadavres retrouvés. Et beaucoup d’habitants meurent dans les ruines les 6 et 7 juin 1944, les sauveteurs sont peu nombreux et comme le rappellera le préfet dans son rapport du 23 juin 1944 : “Il faudrait des centaines de volontaires, au lieu de cette poignée d’hom­mes” et “les opérations de sauvetage sont rendues extrêmement pénibles par suite des bombes à retardement et des attaques répétées de l’aviation”. Il précisait alors que le nombre des victimes “n’a pas pu être dénombré mais qu’il est certainement très élevé”. Et les rapports du préfet, replié à Lengronne, expriment l’amertume des populations après le “bombardement brutal et total de Saint-Lô, le 6 juin” (dans le rapport du 22 juin 1944) et, dans le rapport du 2 juillet, il ajoute “après avoir cru que l’avance américaine se ferait rapidement, les populations de la Manche s’installent dans leurs malheurs. Elles n’arrivent pas à comprendre que ceux, qu’elles appelaient les libérateurs, bombardent leurs villes”. Le préfet parle même de “bombardements terroristes”. De nouveaux bombardements ont lieu sur Saint-Lô le 9, 10, 12, 13 et 22 juin. Et, en ce qui concerne l’intérêt militaire du bombardement de Saint-Lô, le Major Hayn, de l’état-major du LXXXIV.AK allemand réfute le fait qu’il ait eu une incidence sur le mouvement des troupes allemandes (rappelé par Jérémie Halais). Bien plus, l’enquête effectuée en 1949 signale que ces bombardements furent une “erreur”. Et, parmi les tragédies de la nuit du 6 au 7 juin, rappelons la mort de seize prisonniers de la prison de Saint-Lô, dont des résistants, tués alors sous les ruines de l’édifice dont un monument rappelle le souvenir.

Ici un coffre normand du début du XVIIe siècle (transformé en bureau) et des fauteuils Empire au milieu des décombres.(Coll. G. Bernage.)

Mais le bilan matériel est considérable. Entre 1946 et 1948, sur instructions ministérielles, “un quotient de destructions immobilières a été élaboré. Ce dernier révèle un taux de 77%. Dans les années soixante-dix, le chiffre de 92% est avancé. Guillaume Mourrier explique ces différentes estimations, par une confusion avec les destructions opérées lors de la Reconstruction”. (J. Halais, op. cit., p. 98). Ce pourcentage se comprend entre le volume des destructions totales ou partielles et le volume général de l’habitat. Nous notons que les “dégagements” en vue de la reconstruction ont généré 15% de destructions partielles passant d’un quart environ sauvegardé à une destruction quasi totale !... En effet, en comparant les photos de l’été 1944 et les lieux actuels, nous pouvons remarquer la disparition de bâtiments qui subsistaient ou de façades ruinées utilisables qui auraient pu être intégrées dans le cadre urbain de la reconstruction, de la Place de la Bascule à l’Enclos. Bien des pays étrangers, confrontés à des destructions, ont généralement remonté à l’identique des édifices derrière des façades éventrées, ou même restitué, de Varsovie à Francfort ou Coblence et surtout à Dresde. Le seul mérite de la reconstruction a été de dégager les remparts. Pour le reste, l’Enclos, autrefois si pittoresque, qui aurait pu devenir une charmante ville haute, a été transformé en une sinistre cité administrative. Mais rien n’est jamais perdu. Par amour de la Normandie, il y aura forcément dans l’avenir des édiles Saint-Lois qui entreprendront des opérations d’urbanisme en restituant - pourquoi pas - une partie de l’Enclos. La qualité de vie et l’amour de la Normandie est à ce prix.
La reconstruction a souvent été catastrophique. Des villes et villages autrefois pittoresques et de qualité sont des devenus des lieux tristes et sans âme. Un patrimoine de qualité fut transformé, par le manque de talent de bien des architectes de l’après guerre, en un parc immobilier médiocre et sans valeur. La population normande, après les douleurs physiques et morales, se vit bien souvent spoliée sur la qualité de son patrimoine immobilier. Les douloureux exemples sont légions. On nous a rapporté beaucoup de faits lors de nos enquêtes sur le terrain, dont les dommages de guerre fixés à une date et rognés drastiquement lorsqu’ils furent effectivement versés, à cause de l’inflation. Ceci contribua grandement à tirer vers le bas la qualité de la reconstruction.
 
Bibliographie
 
Saint-Lô et son canton dans la tourmente de la Seconde
Guerre mondiale”, par Jérémie Halais, publié en 2007
par la Société d’Archéologie
et d’Histoire de la Manche,
est une documentation
très fouillée.

On pourra la compléter par divers articles de “ la Revue de la Manche” ou par “Saint-Lô au bûcher” par M. Lantier, Revue du département de la Manche, Saint-Lô, 1969.
Pour terminer, revenons à l’Enclos avec un témoignage de Monseigneur Jacqueline publié dans le fascicule 168 d’octobre 2000 de la Revue de la Manche. Il y évoque la maison de Martigny situé à côté de l’Enclos et qui appartenait à ses parents, évoquant ainsi une partie du patrimoine disparu dans cet effroyable bombardement : “Dans la maison de Martigny, la salle à manger avait un parquet en forme de feuilles de fougères et des portes à deux battants identiques à celles du manoir du Bôdel à Saint-Lô. Le parquet du salon en marqueterie, ses trumeaux de portes ornés de griffons et la cheminée de marbre blanc, dont la tablette était soutenue par des têtes de lions, attestaient le style du Ier Empire. (...) On trouvait dans la maison quelques meubles remarquables : une crédence renaissance ornée d’une Léda avec son cygne, une petite armoire Louis XIII contenant des éditions originales (...), deux commodes, l’une Louis XV, l’autre Louis XVI, un canapé Louis XVI provenant des orfèvres Coussinet, un meuble Boulle (1642-1732), un curieux buffet en chêne à sept portes, une toile figurant la descente de croix (XVIIe siècle), un trumeau de cheminée avec une scène champêtre (XVIIIe siècle), un portrait représentant une dame assise de la famille Chazalette, dû à Jacques-Louis David (1748-1825) et exécuté pendant la Restauration durant son exil à Bruxelles où il mourut en 1825, des lettres de Georges Sand et de Geoffrey Saint-Hilaire, etc. Tout ce patrimoine culturel a disparu avec des archives et maints objets anciens dans la “Grande brûlerie” allumée par les bombardements de l’aviation américaine dans la nuit du 6 juin 1944 ; il en a été de même pour la plupart des immeubles de Saint-Lô riches en mobilier ancien”. Il ajoute en note : “Plusieurs vieux immeubles situés entre la rue de la Paille et le rempart nord (Hôtel du Rouxelet, manoir Barlenc...) avaient échappé à l’incendie allumé par les bombes incendiaires des Américains mais furent rasés par les services de la Reconstruction”. - sans commentaire ! A quand une renaissance de Saint-Lô ?

 


Retrouvez l'article intégral dans la version papier de Patrimoine Normand
(n° 77, 2011)


 


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Commentaires sur cette fiche :

Posté le 23-03-2015, par Arnaud (Note : 9/10)

Je suis tout à fait d'accord avec l'analyse de cet article concernant les choix "architecturaux" (si on peut appeler ça de l'architecture) qui ont été fait au moment de la reconstruction... Le rendu est un véritable désastre car l'âme même du vieux Saint Lô a été détruite et aucun effort n'a pas été fait pout restaurer ce qui aurait pu l'être. J'apprend dans cet article que 15% de la ville aurait pu être conservée. ça me désole !

Posté le 26-05-2014, par henriette (Note : 8/10)

je voudrais saluer le courage des générations qui ont tant endurer et su tout reconstruire pour nous autres.

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