Patrimoine Normand magazine

 





Festival du film américain de Deauville

De gauche à droite : Lambert Wilson, Monica Bellucci, Harrison Ford, Clothilde Courou, Vincent Pérez.

Deauville 2000


Extrait Patrimoine Normand N°35
Par Georges Bernage
Photos : Eric Bruneval

Waguih Talka

« J’aime Deauville ! », c’est ce que la plupart des grands du cinéma, acteurs, producteurs, réalisateurs, ont exprimé cette année encore au Festival du Cinéma. Plus que jamais, cette station balnéaire normande reste une exceptionnelle vitrine de la Normandie.

Quoiqu’on puisse penser du cinéma américain, le festival de Deauville est un événement important pour notre région. Il fait venir en Normandie de très grandes vedettes qui l’apprécient et en parlent autour d’eux. N’oublions pas que les plages du débarquement amènent des centaines de milliers de visiteurs dans notre région, un flux considérable. Et, parmi eux, les Américains sont de plus en plus nombreux. Par ailleurs, pendant dix jours, Deauville et la Normandie furent évoqués sur les journaux télévisés nationaux. Bravo Madame d’Ornano !
Les trois premiers jours ont monté la barre très haut pour ce 26e festival. Dès l’ouverture, le vendredi, un premier film était présenté : Hollow Man (« L’homme sans om­bre ») avec des effets spéciaux spectaculaires. Le Hollandais Paul Verhoeven, qui n’est est pas à son premier grand succès (Robocop en 1987, Total Recall en 1990, Basic Instinct en 1990), était là avec l’acteur principal, Kevin Bacon. Le lendemain, l’événement était de taille avec un hommage rendu à Clint Eastwood. Le grand acteur était à Deauville pour la cinquième fois. Ce « jeune homme » de soixante-dix ans est monté avec fougue sur la scène pour répondre à l’hommage qui lui était rendu. Ce fut alors son ami Morgan Freeman qui prit la parole, en français, pour évoquer sa carrière. Cet hommage fut suivi du nouveau film de Clint Eastwood, « Space Cowboys », une aventure dans l’espace, original. Ce fut aussi l’occasion de rencontrer un autre des acteurs de ce film, Donald Sutherland dont la très forte personnalité envahissait la scène. Clint Eastwood, Donald Sutherland et Morgan Freeman, un trio de choc pour une soirée d’exception ce samedi 2 septembre. Le lendemain dimanche, Morgan Freeman et Monica Bellucci présentaient à la presse leur nouveau film, « Under Suspicion », un remake américain du film français « Garde à vue ».
Lundi 4, un hommage était rendu à Susan Sarandon (une quarantaine de films, dont Atlantic City, Thelma et Louise, etc.).

Equipe de Let it snow

 
Mardi 5, ce fut de nouveau une grande journée. Le film « U-571 » était présenté en avant-première, la veille de sa sortie en France. Ce film évoque la guerre sous-marine pendant la Seconde Guerre mondiale. Le scénario prend certaines libertés avec l’Histoire mais donne une bonne idée de ce qu’était la vie (ou plutôt la survie…) dans les sous-marins, un bon film d’action au rythme soutenu. Le film était présenté par son producteur, Dino De Laurentiis et sa charmante épouse et collaboratrice Martha De Laurentiis. C’est l’un des plus grands producteurs, avec 200 films à son actif à 80 ans, dont deux oscars dont il est très fier pour La strada et Les nuits de Cabiria. Ses grands films ont marqué notre époque. Rappelons, entre autres : Riz amer, Guerre et paix, La bible, Waterloo, Barbarella, Roméo et Juliette, Barabbas, Serpico, King Kong, Conan le Barbare, Dune, Les trois jours du Condor, L’année du dragon, etc. Un brillant hommage lui fut rendu en soirée. Il était accompagné du réalisateur de l’« U-571 », Jonathan Mostow, et de l’acteur principal, Matthew McConaugthey. Ce jour-là, on présenta aussi « Brother » en présence de son réalisateur, le Japonais Takeshi Kirano, qui joue aussi dans son film, et des deux producteurs, Jeremy Thomas et Masayuki Mori.
Morgan FreemanLe lendemain, mercredi, hommage était rendu à la comédie musicale à Hollywood, en présence de Leslie Caron, Joël Grey et Mickey Rooney. Par ailleurs, ce jour-là, Robert Altman présentait une joyeuse comédie jacassante, « Dr.T. And the women » avec Richard Gere qui joue le rôle d’un gynécologue environné par l’agitation féminine…
Vendredi 8, nouvelle journée forte avec la présence d’Harrison Ford venu à Deauville pour le film « What lies beneath » (« Apparences ») de Robert Zemeckis, présent lui aussi. L’acteur eut un important succès auprès du public et sut y répondre avec gentillesse. Le même jour Ang Lee, déjà venu à Deauville l’an dernier pour « Ride with the Devel », présentait son nouveau film « Crouching Tiger, hiden Dragon ». Ce réalisateur chinois nous montrait un film chinois, son septième long métrage, ce qui démontre que ce festival a aussi une dimension internationale : producteurs, réalisateurs, acteurs, américains mais aussi japonais, chinois, hollandais, italiens, anglais, etc.
Samedi, un hommage fut rendu à Samuel L. Jackson, un acteur noir américain (« une journée en enfer », « Jackie Brown », « Pulp Fiction » ) dont on a pu aussi voir à Deauville deux films où on le retrouve : « Rules of Engagement » et « Shaft », ce qui est assez rare. Enfin, dimanche 10 septembre, « Endurance », de Leslie Woodhead est une sorte de film-biographie nous montrant la vie et la carrière du coureur de fond Haile Gebreselassie, athlète éthiopien bien connu.
Une fois encore, ce festival n’a pas déçu. Grâce à l’infatigable énergie d’André Halimi et de Lionel Chouchan, du Public Système, avec le remarquable talent de l’interprète Waguih Takla et, pour les USA de Ruda Dauphin, de grandes vedettes étaient encore au rendez-vous de ces premiers jours de septembre.

 
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