Patrimoine Normand magazine

 





L'art de la rocaille

abonnement magazine

L'art de la rocaille
et les maçons-cimentiers italiens en Normandie


Extrait Patrimoine Normand N°37 
Par Isabelle Audinet

Escalier de Granville. (Photo Annie Delpech.)

Escalier de Granville (© Annie Delpech).

Souvent méprisé de nos jours, l’art de la rocaille est pourtant couramment présent dans nos rues et nos jardins. Ces rocailles ont malheureusement subi les affres du temps, l’abandon et les destructions « sauvages ». Cet art puise ses sources dans l’architecture rustique du jardin, importante à la Renaissance, et fut importé en Normandie notamment par des immigrants Italiens venus au début du XXe siècle. Quand l’art rejoint l’histoire sociale et économique d’une région.

L’architecture rustique a joué un rôle majeur dans l’art du jardin depuis la Renaissance, inspiré du trompe-l’œil antique. Grottes, rochers artificiels, compositions décoratives rustiques à base de concrétions, coquil lages... vont ainsi être créés dans les jardins de châteaux. Au XVIIe siècle, la nouvelle conception de la nature va obliger le spécialiste de l’architecture rustique à se rapprocher de plus en plus de celle-ci dans son imitation. Versailles est ainsi doté de plusieurs grottes, Grotte de Thétis, Grotte de la Salle de Bal, Grotte des Bains d’Apollon.
Le XIXe siècle apporte un renouveau de l’art de la rocaille. L’intérêt se porte alors sur le jardin de rochers, inspiré par le désir de tourisme de paysage et surtout du paysage de montagne. Les rocailleurs sont alors amenés à imiter la flore et les rochers. Cette mode est lancée vers 1835, à partir des jardins publics, sous Napoléon III, le premier grand chantier ayant servi de prototype étant les Buttes Chaumont, et par les expositions universelles.
Parallèlement, dans les années 1840, apparaissent de nouveaux matériaux, notamment le ciment Portland, ciment artificiel travaillé comme une matière première de la sculpture et surtout le premier matériau à adhérer sur le fer. Son utilisation, permettant avec un très grand savoir-faire et des qualités artistiques certaines d’approcher encore plus la nature, relance la mode des rocailles, et le métier de rocailleur. Les modèles et les architectes français s’exportent à l’étranger, comme en Grande Bretagne, en Espagne, en Italie, en Belgique et en Argentine. L’art de la rocaille va sortir petit à petit des jar...

Il vous reste 58 % de cet article à lire
commander le magazine.

 

Retrouvez l'article intégral dans la version papier de Patrimoine Normand
(n° 37, février-mars 2001)


 

Catégories pouvant vous intéresser :

Autres publications pouvant vous intéresser :

Les premiers photographes normands

Publié le : 31 mars 2017   Vue générale de la cathédrale de Rouen par Edmond Bacot, vers 1852-1854. Tirage sur papier salé à partir d’un négatif verre (© The Metropolitan Museum of...

 

Le savoir-faire des enlumineurs

Publié le : 3 janvier 2017   Le savoir-faire des enlumineurs Artistes du fond des âges Extrait Patrimoine Normand N°100 Par Stéphane William Gondoin Jusqu’au 19 mars 2017, le musée de...

 

Restauration de vitraux

Publié le : 03 janvier 2017   Du verre à la lumière  Des vitraux rajeunis de cent ans Extrait Patrimoine Normand N°100 Par Virginie Michelland Pour le croyant ou le simple visiteur, observer les vitraux...

 

Potiers d'Infreville

Publié le : 16 octobre 2016   Les potiers d'Infreville Préservation d'un savoir-faire ancestral Extrait Patrimoine Normand N°99 Par Virginie Michelland Pendant plusieurs siècles, la...

 

Sel en Normandie - Une histoire poivrée !

Publié le : 16 août 2016   Le sel en Normandie Une histoire poivrée ! Extrait Patrimoine Normand N°98 Par Laurent Ridel Leur taille minuscule est sans rapport avec leur importance. Les cris...

 
Paiements sécurisés
Abonnement Patrimoine Normand

 

Pratique

 bas