Patrimoine Normand magazine

 





Albert de Monaco revient sur la terre de ses ancêtres.

SAS le Prince Albert II de Monaco,  François Diegard, maire de Saint-lô et Hugo Paris, premier adjoint à la Culture devant le buste de son aieule,  la maréchale de Matignon.

Albert de Monaco
revient sur la terre de ses ancêtres


Extrait Patrimoine Normand N°78
Par Jeannine Bavay

SAS le Prince Albert II de Monaco signe le livre dor de la mairie de Torigni-sur-Vire.

Mercredi 27 avril 2011, le prince Albert était à Saint-Lô et Torigni-sur-Vire pour inaugurer une exposition consacrée à l'histoire de sa famille.
 
Trentième descendant du Gênois François Grimaldi fondateur de la dynastie, Albert II règne sur la petite principauté monégasque de deux km2 où résident 32000 personnes. Si les Grimaldi sont originaires de Gênes, la famille est aussi très liée à la Normandie et plus particulièrement à la Manche, au point que jusqu'en 1841, Honoré V y faisait de fréquents séjours, bien que le château de Torigni ait été vendu à la Révolution.
Les liens avec la Manche remontent à la fin du XVe siècle avec Bertrand IV, d'une famille d'origine bretonne les Goyon-Matignon - célèbre pour avoir fait construire le fort  la Latte au cap  Fréhel -, qui associe la seigneurie de Matignon à la baronnie de Thorigny. Ces liens sont très forts à la fin du XVIe siècle : en 1576, Jacques II de Matignon est devenu baron de Saint-Lô à la suite d'une transaction avec l'évêque de Coutances, seigneur de cette ville. En 1578 le roi Henri III le fait gouverneur de Cherbourg ; l'année suivante Maréchal de France, lieutenant général du roi en  Normandie, chevalier du Saint-Esprit.  Il reçoit ces récompenses pour  le  rôle important et pondérateur qu'il a joué  dans le Cotentin, près de Caen et près d'Alençon pendant les guerres de religion. 

 Plaque commémorative offerte par le souverain à la ville de torigni-sur-Vire.

Quatre générations plus tard, Jacques IV de Matignon épouse la fille aînée du prince Antoine de Grimaldi, à la condition que lui et ses successeurs prennent les noms et armes de Monaco. Le mariage a lieu en 1715 et Jacques  de Matignon devient Jacques Ier, prince de Monaco en 1731. C'est l'aïeul direct du prince Albert.  
Des Normands avaient déjà été reçus sur le Rocher en 1997, car le prince Rainier avait invité des délégations venant des anciens fiefs français et italiens, dont les représentants de Torigni-sur-Vire, Saint-Lô et Hambye, pour commémorer le sept-centième anniversaire de l'expédition de François Grimaldi, le 12 janvier 1297, qui lui permit de s'emparer du château Vieux de Monaco. En effet, le souverain monégasque est toujours comte de Thorigny et baron de Saint-Lô. Il a commencé sa visite par Saint-Lô où il est arrivé en voiture sur la place de l'Hôtel de Ville à 10h 05 en compagnie du préfet de la Manche Jean Pierre Laflaquière. Très élégant, vêtu d'un costume sombre, d'une chemise blanche et d'une cravate rouge, il est accueilli par François Digard maire de Saint-Lô, Jean-François Legrand, président du Conseil Général, et Philippe Gosselin député, pendant que la foule agite des petits drapeaux blanc et rouge, les couleurs de Monaco.
“Bienvenue chez nous, bienvenue chez vous” lui lance le maire de Saint-Lô au début de l'accueil officiel dans la mairie. “Je suis un petit peu des vôtres” répond le souverain en rappelant ses origines et le choix de “la principauté de partager une communauté de destin avec la France”.
A la sortie de la mairie, après avoir déposé une gerbe au monument de la Résistance, il rejoint le musée des Beaux-Arts par les rues piétonnes, entouré seulement d'un léger dispositif de sécurité.  L' ambiance dans la rue est décontractée et chaleureuse.  Puis suit l'inauguration de l'exposition : “La Normandie des princes de Monaco, du maréchal de Matignon au prince Albert II”, exposition qui est le résultat de la collaboration entre la principauté de Monaco et la ville de Saint-Lô. Le prince Albert va dévoiler le buste de son aïeule,  la maréchale de Matignon, Françoise de Daillon du Lude, épouse de Jacques II. Cette tête est un des rares vestiges du mausolée de marbre blanc que la maréchale avait fait ériger pour son époux (décédé en 1597) dans l'une des chapelles de l'église Saint-Laurent, mausolée détruit en 1793. Réapparue sur le marché de l'art, elle intéresse Jean-Luc Dufresne2 , conservateur du musée des beaux-Arts à cette époque et l'association “Les Amis des musées de Saint-Lô” qui lance une souscription. Mais la somme réunie étant insuffisante, sa présidente, Suzanne Leclerc, écrit au prince de Monaco pour lui demander de compléter le financement. Le prince décide de racheter la tête en totalité et de la mettre en dépôt au musée de Saint-Lô. “Le buste de la Maréchale de Matignon a permis de raviver des liens anciens et profonds. Merci infiniment pour cette belle évocation de notre passé commun” écrit le prince sur le livre d'or du musée.

Arrivée de SAS le Prince Albert II de Monaco sous les acclamations des Saint-Lois.

 
Après le déjeuner au château d'Agneaux, la visite s'est poursuivie par une visite privée de l'église Notre-Dame en présence de Monseigneur Lalanne, évêque de Coutances. Le bourdon de cet édifice religieux avait été béni en 1732 en présence de Jacques IV de Matignon, devenu prince de Monaco.
Puis Albert II de Monaco, comte de Thorigny a rejoint la mairie de cette ville installée dans le château de ses ancêtres. Il est accueilli par Anne-Marie Cousin, premier magistrat et après avoir salué les habitants massés sur la place, il entre dans le château, dans la galerie  du rez-de -chaussée où a lieu le protocolaire échange de discours. De la terrasse du château d'où sont visibles les étangs, Madame Cousin évoque l'historique du domaine et lui désigne, le fameux mur que Jacques IV avait fait construire pour éviter à son épouse Louise Hippolyte Grimaldi le désagrément des vents du Nord. Le prince Albert traverse rapidement le bureau de Mme le Maire, s'arrête dans le hall d'accueil où des explications lui sont données à partir des gravures qui en ornent les murs et où il peut voir le fanion offert par le prince Rainier en 1997. Il gravit le grand escalier dont la rampe est constituée des monogrammes des ancêtres du prince, visite la grande galerie de l'étage ornée des œuvres du sculpteur thorignais Arthur le Duc,  traverse l'ancienne chapelle privée des comtes et le petit salon de l'étage d'où il regagne le bureau du maire. C'est là qu'il signe le livre d'or : “en souvenir d'une réception pour moi mémorable ici à Torigni-sur-Vire dans une résidence si chère au cœur de mes ancêtres. Chaleureusement. Prince Albert”. 
Anne-Marie Cousin lui offre une rose de mariage encadrée d'époque Napoléon III, le dictionnaire des rues de Torigni ainsi que la biographie du sculpteur Arthur le Duc. Elle lui montre le livre ancien de Monsieur de Caillères où figure le mausolée construit par la Maréchale, mais il ne reste que six livres anciens de la bibliothèque du château de Torigni détruit par un incendie en 1944 et elle ne peut le lui offrir.
Le prince lui remet un livre sur le palais princier de Monaco et une plaque (voir photo) qui sera fixée au dessus de la porte de la grande galerie, emplacement qu'elle lui a désigné au cours de la visite. Avant de repartir pour sa Principauté, le prince Albert est allé saluer les Torignais massés derrière les barrières, de l'autre côté de la place, qui l'ont chaleureusement accueilli. Après cette journée bien remplie, il est temps pour le prince de regagner l'aéroport de Caen-Carpiquet.  Manifestement satisfait de cette visite, le souverain n'a pas écarté la possibilité de revenir dans la Manche, avec, cette fois sa future épouse qui n'a pas pu l'accompagner.     

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