Patrimoine Normand magazine

 





L’abbaye de Jumièges

Abbaye de Jumièges

L’abbaye de Jumièges " admirables ruines "


Extrait Patrimoine Normand N°38
Par Isabelle Audinet


Difficile de ne pas être ému par la beauté et le gigantisme de ces ruines émergeant de la brume. 
Difficile de ne pas être impressionné par l'importance religieuse de la communauté et peiné par la destruction des murs qu'ils l'accueillaient.
Jumièges ne laisse pas indiffèrent, parfaitement intégré dans le paysage de bords de Seine.



Histoire de l’abbaye

La fondation
 
L’abbaye de Jumièges est au nombre des fondations mérovingiennes, destinées, entre au­tres raisons, à évangéliser la Normandie. Des causes politico-religieuses (contenir la ré­forme de Colomban et les Bretons installés dans la basse vallée de la Seine) et de structuration de l’espace (réorganisation de l’agri­culture) peuvent être invoquées. L’abbaye de Ju­miè­ges et l’abbaye de Saint-Wandrille (dont le nom réel est Fontenelle) ont été fondées sur ordre de saint Ouen, évêque de Rouen et ancien chancelier de Dagobert, par saint Philibert (en 654) et saint Wandrille (en 649). Ces deux moines étaient à l’origine deux aristocrates de la cour.
Jumièges est placée sous les règles de saint Benoît et Colomban, puis de Benoît à la toute fin du viie siècle. La communauté grandit vite, par les vocations tant « forcées » que motivées de la population alentour (on atteint 114 religieux en 826 selon le Livre de confraternité). Les moines ainsi « recrutés » passaient leurs journées à travailler (travail manuel - mise en valeur des terres, des bois, pêche - travail intellectuel - notamment copie des manuscrits et enluminures -) et à prier. Ils suivaient en cela la règle de saint Benoît pour qui « l’absence de labeur est ennemie de l’âme ». La communauté s’était vouée aussi au secours des déshérités, ne gardant pas ainsi pour elle seule les revenus de sa dotation importante qui faisait d’elle une des plus riches de Neustrie.
Saint Philibert fonda d’autres monastères, une abbaye de femmes à Pavilly, Montivilliers, puis le monastère de Noirmoutier. (...)
 

Retrouvez l'article intégral dans la version papier de Patrimoine Normand
(n° 38, Eté 2001)


 

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