Patrimoine Normand magazine

 





Les Ouées de Pirou

Publié le : 13 juillet 2006

Un spectacle  son et lumière  dans le cadre prestigieux du château de Flamanville

Les Ouées de Pirou
Le spectacle à Flamanville


Extrait Patrimoine Normand N°59
Par Pierre Rique

On connaissait la légende des Oies de Pirou mise en forme par Claude Pithois en 1977, puis sa traduction en normand par Alphonse Allain depuis la parution d’un numéro spécial bilingue de la revue de Bricquebec La Voix du Donjon en 2000, et enfin le CD du groupe Magène édité en 2004. Dans le numéro de Patrimoine Normand qui relatait cette parution, nous posions la question : « A quand la mise en scène des Ouées de Pirou ? A quand sa représentation publique ? » C’est chose faite depuis les 7 et 8 juillet, dans le cadre prestigieux du château de Flamanville.
Il aura donc fallu deux ans pour mettre le projet sur pied et le porter à son terme. La question de l’endroit de la représentation n’était pas la plus simple à ré-soudre. La logique eût voulu que la comédie musicale vît le jour sur le site même du château de Pirou, qui a souvent été le siège de spectacles historiques, nota-mment autour du thème de la Guerre de Cent Ans, mais cette éventualité s’est très vite heurtée à d’insurmontables obstacles.
Alors, le château de Flamanville s’est imposé. Parce que la municipalité était intéressée et même demandeur, et parce que l’endroit, lui aussi expérimenté en spectacles « son et lumière », se prêtait particulièrement bien à une telle entreprise : son vaste parc, sa prairie, son étang, et bien sûr la forteresse en toile de fond ne demandaient qu’à accueillir la production de la toute première comédie musicale en langue normande.
Une aventure unique en son genre, démarrée voici six ans ; une aventure humaine et insolite. Ecoutons Rémi Pézeril, ou plutôt Rémin Pézeril : « C’était évidemment un aboutissement merveilleux pour nous d’avoir enfin cet objet (ndlr : ce CD) dans les mains après ces années de travail et de rêves partagés. Et très vite, on s’est dit tous ensemble que ça ne pouvait pas s’arrêter là. Il fallait que cette comédie musicale prenne chair. Sans que Pirou soit forcément le théâtre de sa propre légende. C’est comme ça que nous som-mes arrivés à Flamanville. La municipalité a très tôt adhéré au projet, pour nous offrir un cadre absolument idéal, qui permet du même coup de renouer avec les grandes fresques historiques à Flamanville. Avec ici une dimension évidemment très festive.» 
C’est un travail de longue haleine. Christian Richard, qui con-naît bien les lieux pour y avoir déjà signé des mises en scène, assure la réalisation artistique, avec le soutien bénévole de nombreux figurants du village ou d’ailleurs. La compagnie de reconstitution médiévale Hag’-Dik, dont le président Arnaud Le Fèvre avait prêté sa voix au chef viking Lodbrog pour le CD (également bande son du spectacle), concourt à la qualité de la prestation en apportant son savoir-faire dans les mouvements de troupes et le maniement des armes. Une centaine de participants sur la pelouse, plus tous ceux qui travaillent en coulisses, tous oeuvrent joyeusement de concert, avec l’en-thousiasme de ceux qui savent qu’ils sont en train de construire un édifice culturel qui plonge dans leurs racines.
Avant la représentation, les hauts-parleurs diffusent le dis-que Magène en concert. Le ciel s’orne d’un halo de feu au coucher du soleil, une rouogie du sei de bon augure, mais une autre intense émotion étreint l’assistance quand la bande son des Ouées démarre, et qu’on reconnaît la voix de René Loit, disparu en janvier dernier, dans le rôle du guetteur, d’autant plus que la silhouette de l’acteur qui le remplace évoque celle du disparu. Ch’est la faête des ouées ! Le succès est au rendez-vous, ainsi que les conditions météorologiques favorables, malgré les alertes à l’orage qui ont surgi çà et là. De quoi réjouir le compositeur Daniel Bourdelès, dont les musiques modernes et les arrangements professionnels donnent un ton résolument contemporain à la plus ancienne légende normande répertoriée à ce jour. Le spectacle est terminé. Il en reste l’indélébile souvenir ancré dans la mémoire de plusieurs centaines de spectateurs. Et puis, le CD de Magène qui permet de revivre ou de découvrir ces intenses minutes d’émotion.

 


Retrouvez l'article intégral dans la version papier de Patrimoine Normand
(n° 59
)


 
 

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