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Pont-Audemer : cité de caractère

Pont-Audemer

Pont-Audemer : cité de caractère


 Extrait Patrimoine Normand N°37
Texte et photos de Carole Hérin

C’est aujourd’hui un compagnon fort original qui m’a emmenée sur les traces du passé de Pont-Audemer ; avec un pigeon je me suis envolée pour découvrir colombiers, canaux et ruelles médiévales qui rendent cette petite ville si pittoresque et lui valent le nom de « Venise normande ». Les bâtisses et demeures de caractère m’ont fait pénétrer le Pont-Audemer d’autrefois, percer les savoirs faire et artisanats vieux de plusieurs siècles mais toujours profondément ancrés dans la mémoire de cette ville de l’Eure.
 

Pont-Audemer - Venise normande

Il y a plusieurs siècles, ces bâtisses étaient bien connues des pigeons et autres volatiles qui avaient pour habitude de venir s’y abriter et s’y ravitailler. Au XIIIe siècle, seuls les seigneurs avaient le droit de posséder un colombier considéré alors comme un élément agricole très profitable. Il assurait une importante production d’œufs et de volatiles dont la chair était très appréciée. La fiente produite par les milliers d’oiseaux était utilisée pour l’amendement des terres. De nombreux colombiers furent détruits lors de la révolution par les paysans qui y voyaient un symbole de l’arbitraire seigneurial.
Aujourd’hui, ce sont ces ruelles étroites aux multiples canaux qui constituent le lieu de prédilection de nos amis volatiles. Ecoutez-les caracouler au cliquetis des eaux de la Risle, bientôt vous serez transportés plusieurs siècles en arrière, à l’époque où la rivière appartenait aux ouvriers de la plus vieille industrie de Pont-Audemer, la tannerie. On procédait dans un premier temps au salage ou saumurage des peaux : celles-ci étaient placées dans des grandes cuves, les rivières, qui contenaient un désinfectant et de la saumure pour imprégner les peaux de sel, les sécher et les conserver. Ensuite, les ouvriers effectuaient le reverdissage ou trempe, on trempait, pendant environ sept jours, les peaux salées dans de l’eau pure pour les humi...

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(n° 37, février-mars 2001)


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