Patrimoine Normand magazine

 





Guy de Maupassant, impressions normandes

Maupassant - Miromesnil

Guy de Maupassant 
impressions normandes


Extrait Patrimoine Normand N°35
Par Karine Trotel Costedoat

Carte Normandie Maupassant
DIEPPE : Enragée ? - Le Retour - Les Epingles ► POURVILLE : Enragée ? ► YPORT : Correspondance - L’Ivrogne - Une vie ► VAUCOTTES : Une vie ► FECAMP : La Maison Tellier - L’Abandonné - Toine - Joseph - Les Bécasses - Le Noyé ► EPREVILLE : Le Petit Fût ► ETRETAT : Magnétisme - La Roche aux Guillemots - Correspondance - Enragée ? - Le Modèle - Adieu - Découverte - Le Bûcher - L’Homme de Mars - Une vie ► BENOUVILLE : Miss Harriet ► SAINT-JOUIN : Pierre et Jean ► LE HAVRE : Une passion - Le Pain maudit - Pierre et Jean ► CRIQUETOT : Une vente - La Bête à maît’Belhomme ► GODERVILLE : La Ficelle ► ROUVILLE : Les Vingt-cinq francs de la supérieure ► ALVIMARE : Le Fermier ► YVETOT : Une surprise - L’Odysée d’une fille - L’Aveu - Boitelle ► TOTES : Boule de suif ► CAUDEBEC-EN-CAUX : Le Fermier ► BIESSARD : Mademoiselle Cocotte - Le Horla ► JUMIEGES : La Garde ► CANTELEU-CROISSET & FORET DE ROUMARE : Un Normand - Le Garde - Le Horla - Bel-Ami - L’Angélus ► ROUEN : Boule de suif - Histoire d’un chien - Apparition - Le Lit 29 - Divorce - Hautot père et fils ► BLAINVILLE : Le Mariage du lieutenant Laré - Souvenir - Qui sait ? ► GISORS : Le Rosier de Mme Husson ► VERNON : Une soirée ► MANTES : Regret - Bombard - Rosalie Prudent ► TROUVILLE : Bombard - Pierre et Jean ► MONT-SAINT-MICHEL : La Légende du Mont-Saint-Michel - Le Horla - Notre cœur


A l’occasion du 150e anniversaire de la naissance de Guy de Maupassant, la Seine-Maritime a célébré, pendant tout l’été, l’enfant du pays. L’écrivain a, il est vrai, laissé une trace indélébile dans le paysage littéraire normand grâce à une production particulièrement abondante qui a pour cadre Rouen, Dieppe, Etretat, Fécamp… les bords de Seine ou la vaste campagne du pays de Caux.
Dès l’adolescence, alors qu’il est à l’école à Rouen, le jeune homme éprouve le besoin d’écrire et goûte à la poésie. Mais c’est sa rencontre avec Flaubert, à l’âge de 18 ans, qui l’entraîne définitivement sur la voie de l’écriture où il multiplie les rencontres décisives. 
Sa carrière commence véritablement avec la publication de Boule de Suif, en 1880. Dans cette nouvelle, Maupassant égratigne, avec un plaisir non dissimulé, la bonne société rouennaise dont les principaux représentants se retrouvent coincés dans une diligence avec une prostituée qui, comme eux, fuit l’invasion imminente des troupes prussiennes. Ce huis-clos est un bijou du genre qui annonce la finesse d’analyse et la précision stylistique qui ne cesseront de caractériser son écriture. Là est tout l’art de l’écrivain normand ; très sévère avec ses semblables, il se plaît à dénoncer les coutumes réactionnaires, les mœurs hypocrites, les vices et les travers des hommes et des femmes de cette fin du XIXe siècle.

 



Le pays de Caux est le premier à en faire les frais. L’auteur des premiers récits y trempe sa plume et y exerce tout son talent. Personne n’est épargné ni les bourgeois de La Maison Tellier (1881), ni les paysans de Toine (1885) ou de La Bête à Mait’Belhomme (1885), et encore moins les femmes : Une vie (1883), Mademoiselle Fifi (1882), etc. Malgré ses nombreux voyages et son succès mondain, l’écrivain en plei ne maturité reste fidèle à la Normandie et continue d’y puiser l’essentiel de sa matière. En 1887, il situe le suspens du Horla dans les environs de Rouen, puis campe le décor de Pierre et Jean (1888) entre Le Havre et Trouville, tandis que Notre Cœur (1890) bénéficie l’atmosphère de la baie du Mont Saint-Michel. 
Cest cette mobilité qui nourrit et enrichit constamment l’œu vre de l’écrivain nor­mand: il faut dire qu’on se déplace beau coup dans ses récits, en dili gence, en carriole, en voiture… en bateau, et que le voyage est prétexte à la découverte et l’observation de cette Normandie que Maupassant connaît très bien. Mais, à travers ces déplacements géographiques, c’est surtout le mouvement humain qu’il cherche à raconter, celui des passions qui emportent tout et changent définitivement les destins dont les paysages se font alors la plus belle expression. De Dieppe à Rouen, l’écriture de Maupassant se promène, existe, vibre, ressent, réagit au rythme des caractères, des paysages et du temps. Le lire, c’est se laisser aller à la découverte sensuelle de cette région.


De Dieppe à Fécamp, entre terre et mer
 
C’est dans les environs de Dieppe que le jeune Maupassant forge, très tôt, cette identité. Il naît, le 5 août 1850, au château de Miromesnil, sur la commune de Tourville-sur-Arques, « vraisemblablement » écrivent ses biographes car l’acte de naissance est contesté. Bien que les archives prouvent que la famille Maupassant a bien habité la propriété dès octobre 1849, certains continuent d’affirmer que le futur écrivain aurait vu de jour à Fécamp et que, très vite, il aurait été transféré « dans un lieu plus aristocratique ». Quoi qu’il en soit, c’est à Miromesnil que le jeune garçon passe les premières années de son existence. Il n’a que trois ou quatre ans lorsque ses parents déménagent dans le sud de Fécamp et s’installent au château blanc de Grainville-Ymauville. Maupassant restera définitivement marqué par ce pays qui oscille entre terre et mer. Dans le conte Miss Harriet, c’est par la voix de Léon Chenal qu’il exprime ses sensations : « je venais de Fécamp, en suivant la côte, la haute côte droite comme une muraille, avec ses saillies de rochers crayeux tombant à pic dans la mer. J’avais marché depuis le matin sur ce gazon ras, fin, et souple comme un tapis, qui pousse au bord de l’abîme sous le vent salé du large. (…) On m’indiqua une petite ferme où on logeait des voyageurs, sorte d’auberge tenue par une paysanne, au milieu d’une cour normande entourée d’un double rang de hêtres. Nous étions en mai : les pommiers épanouis couvraient la cour d’un toit de fleurs parfumées ».



La campagne n’est jamais loin, surtout celle que Maupassant décrit près de Fécamp ; une campagne magnifique que les prostituées de La Maison Tellier traversent pour se rendre à une communion : « des deux côtés de la route la campagne verte se déroulait. Les colzas en fleur mettaient de place en place une grande nappe jaune ondulante d’où s’élevait une saine et puissante odeur, une odeur pénétrante et douce, portée très loin par le vent. Dans les seigles déjà grands des bluets montraient leurs petites têtes azurées (…) Puis parfois, un champ tout entier semblait arrosé de sang tant les coquelicots l’avaient envahi ». Ici, tous les sens sont sollicités par ce paysage impressionniste rendu au mouvement de la joyeuse carriole. Chez Maupassant, la campagne est un cœur qui bat et donne vie à tout ce qui l’entoure. Même, dans Une Vie, les yeux tristes de Jeanne trouvent refuge dans ces paysages et sur ces terres qui animent d’une chaleur inattendue, presque salvatrice son malheureux destin. « Parfois en longeant les fossés des fermes, une odeur de pommes pilées, cette senteur de cidre frais qui semble flotter en cette saison sur toute la campagne normande, les frappait au visage, ou bien un gras parfum d’étable, cette bonne et chaude puanteur qui s’exhale du fumier des vaches ». Maupassant tire sa force descriptive du détail sensoriel et de l’émotion qu’il suscite. Ainsi, rien ne reste figé, tout se meut et s’émeut, soumis au mouvement de la vie.


Dans le mouvement
des vagues, d’Etretat au Havre... 

 
Ce mouvement, qui apparaît de manière presque systématique dans l’œuvre de l’écrivain, trouve dans le thème de l’eau une expression stylistique tout à fait efficace qui s’égraine, au fil des récits, en métaphore filée. Quel que soit l’endroit dont parle Maupassant, il n’est jamais loin de la mer ou de la Seine car c’est cette eau qui lui donne vie et affirme irrémédiablement son caractère. Dans le pays de Caux, elle est       « une voisine d’humeur difficile, (…) dont le terrien sait tirer grand profit » et, en basse Normandie, le plat paysage provoque lui-même la rencontre et « descend en pâturages, en prairies et en champs jusqu’à la mer ». Chez Maupassant, la mer et la terre se confrontent et s’épousent dans le blanc des falaises, « immense muraille blanche, dont chaque échancrure cache un village ou un port », ou des bancs de sable qui « se déplacent à chaque marée, et mettent en défaut les pilotes de Quilleboeuf ».
Etretat appartient, sans conteste, aux plus belles descriptions du littoral normand. Il est vrai que Maupassant a un rapport privilégié avec cette petite ville qu’il fréquente depuis son enfance. Sa mère y possédait une maison, la villa des Verguies, dans laquelle il se rendait chaque été. Plus tard, il fait lui-même l’acquisition d’une propriété où il se descend le plus souvent possible. L’homme se sent bien à Etretat et sait le traduire dans ces récits. Lorsqu’il écrit que sa plage « est petite, arrondie en fer de cheval, encadrée par ses hautes falaises blanches, percées de ces trous singuliers qu’on nomme Les Portes, l’une énorme, allongeant dans la mer sa jambe de géante, l’autre en face, accroupie et ronde » (Adieu, 1884) ou « arrondie en croissant de lune, la petite ville d’Etretat avec ses falaises blanches, son galet blanc et sa mère bleue, reposait sous le soleil d’un grand jour de juillet. Aux deux pointes de ce croissant, les deux portes, la petite à droite, la grande à gauche, avançaient dans l’eau tranquille, l’une son pied de naine, l’autre sa jambe de colosse ; et l’aiguille, presque aussi haute que la falaise, large d’en bas, fine au sommet, pointait vers le ciel sa tête aiguë » (Le Modèle), il ne propose pas une visite mais il invite à la rencontre, celle d’un être qu’on n’oublie pas et qui tient désormais une place importante.
Ainsi, les lieux s’animent et prennent vie sous le regard de ceux qui les aiment. Mais si Maupassant utilise la personnification pour exprimer la pensée ou le fonctionnement de ses personnages, il offre aussi à son lecteur un point de vue inattendu, original, voire touchant sur certains endroits.
C’est le cas notamment, dans Pierre et Jean ; il propose une approche assez surprenante et très personnelle de la pointe de Saint-Adresse lorsqu’il écrit qu’« au-dessus de Sainte-Adresse, les deux phares électriques du cap de la Hève, semblables à deux cyclopes monstrueux et jumeaux, jetaient sur la mer leurs longs et puissants regards ; (…) et là-bas, de l’autre côté de la Seine, on en voyait d’autres encore, beaucoup d’autres, fixes et clignotants, à éclats et à éclipses, s’ouvrant et se fermant comme des yeux, les yeux des ports, jaunes, rouges, verts, guettant la mer obscure couverte de navires, les yeux vivant de la terre hospitalière disant, rien que le mouvement mécanique invariable et mécanique de leurs paupières : “C’est moi. Je suis Trouville, je suis Honfleur, je suis la rivière de Pont-Audemer”. »


Impressions d’Yvetot à Rouen …
 
Maupassant invite son lecteur à poser un autre regard sur la Normandie. Ainsi la nature qu’il décrit se regarde autant qu’elle s’écoute ou se goûte car elle est le reflet des émotions qui naissent en son sein. Le conte L’Aveu en propose un bel exemple et prépare le lecteur à recevoir l’histoire de cette jeune fille qui a fauté : « le soleil de midi tombe en large pluie sur les champs. Ils s’étendent, onduleux comme des bouquets d’arbres des fermes, et les récoltes diverses, les seigles mûrs et les blés jaunissants, les avoines d’un vert clair, les trèfles d’un vert sombre, étalent un grand manteau rayé, remuant et doux sur le ventre nu de la terre. Là-bas, au sommet d’une ondulation, en rangée comme des soldats, une interminable ligne de vaches, les unes couchées, les autres debout, clignant leurs gros yeux sous l’ardente lumière, ruminent et pâturent un trèfle aussi vaste qu’un lac ». La nature provoque ici l’éveil à la vie et aux sens. Ainsi, le moindre détail compte et a sa place dans la composition du récit. L’élément eau est toujours présent, de manière même assez inhabituelle, dans ce passage. C’est également le cas dans le célèbre Boule de suif : « Un rideau de flocons blancs ininterrompu miroitait sans cesse en descendant vers la terre ; il effaçait les formes, poudrait les choses d’une mousse de glace (…) Ces flocons légers qu’un voyageur, Rouennais pur sang, avait comparés à une pluie de coton, ne tombaient plus. Une lueur sale filtrait à travers de gros nuages obscurs et lourds qui rendaient plus éclatante la blancheur de la campagne où apparaissaient tantôt une ligne de grands arbres vêtus de givre, tantôt une chaumière avec un capuchon de neige ». Devant une telle description, il est difficile de ne pas voir l’influence impressionniste que Maupassant a reçue dès son plus jeune âge. 
C’est à Etretat qu’il croise pour la première fois, tandis qu’il est en vacances chez sa mère, Monet et Corot. Il n’a que 14 ans lorsqu’il rencontre ce dernier et il le revoit cinq ans plus tard, en train de peindre La Vague ; il relatera cet épisode dans « La Vie d’un paysagiste » et écrira qu’il s’agissait d’« un gros homme graisseux et sale (qui) collait avec un couteau de cuisine des plaques de couleur blanche sur une grande toile nue ».

Mais, c’est de Monet que l’écrivain est, sans doute, le plus proche. L’extrait suivant de Bel-Ami (1885) n’est pas sans rappeler les célèbres toiles que le peintre produira sur Rouen, quelques années plus tard. Lorsque Maupassant écrit « la ville apparaissait sur la rive droite, un peu noyée dans la brume matinale, avec des éclats de soleil sur ses toits et ses mille clochers légers, pointus ou trapus, frêles et travaillés comme des bijoux géants, ses tours carrées ou rondes, coiffées de couronnes héraldiques, ses beffrois, ses clochetons, tout le peuple gothique des sommets d’églises, que dominait la flèche aiguë de la cathédrale, surprenante aiguille de bronze, laide, étrange et démesurée, la plus haute qui soit au monde », on pense systématiquement à la Cathédrale de Rouen. Le portail et la tour Saint-Romain, plein soleil. Harmonie bleue et or ou à la Vue de Rouen depuis la colline Sainte-Catherine, peints en 1892. C’est par ce talent à dépeindre des sensations, à créer une ambiance, à rendre une impression, que Maupassant en laisse de très fortes à ses lecteurs. 

Quelques repères biographiques
 
5 août 1850 : Naissance de Guy de Maupassant au château de Miromesnil.
1859-1860 : Maupassant passe son année scolaire à Paris, dans un lycée qui deviendra plus tard le lycée Henri-IV. 
1856 : Naissance de son frère Hervé.
1860 : Ses parents se séparent.
1863-1868 : Il est pensionnaire à l’institution ecclésiastique d’Yvetot où il ne se plaît pas. C’est pendant cette période qu’il écrit ses premiers essais.
1864 : Il passe ses premières vacances dans la propriété de sa mère, à Etretat, la villa des Verguies.
1868 : Il devient interne au lycée de Rouen où il étudie la rhétorique et la philosophie.   
27 juillet 1869 : Il obtient son baccalauréat. 
1870-1871 : Il est engagé volontaire dans le conflit français contre la Prusse et assiste, en direct, à l’invasion et au siège de Paris. Il retourne à la vie civile en 1871. 
1872 : Il entre comme fonctionnaire au ministère de la Marine et des Colonies.
1875-1876 : Il commence à publier des récits sous le nom Guy de Valmont. Il  fréquente les milieux littéraires et rencontre Zola, Daudet, Goncourt, Mallarmé, Huysmans, entre autres…
Il participe aux soirées de Médan.
1878 : Il change de ministère et entre à l’Instruction publique.
1879 : Son récit Une fille est qualifié d’« outrage à la moralité publique et religieuse et aux bonnes mœurs ». 
1880 : Est publié Les Soirées de Médan, ouvrage collectif dans lequel figure Boule de Suif.
8 mai 1880 : Flaubert meurt. Maupassant souffre de fortes migraines et d’une paralysie « de l’accommodation de l’œil droit ».
1881 : Sort La Maison Tellier. Maupassant utilise le pseudonyme Maufrigneuse pour écrire dans le Gil Blas.
1883 : Maupassant continue de souffrir de troubles oculaires. Son premier enfant naturel, Georges Litzelmann, naît. Il se fait construite, à Etretat, la propriété La Guillette où il séjourne de plus en plus souvent. Il publie Une Vie.
1884 : Il a une liaison avec la comtesse Potocka. Il souffre de troubles nerveux. Il suit les travaux de Charcot sur l’hystérie. Ses problèmes de vue s’aggravent.
mai 1885 : Parution de Bel-Ami.
1886 : Il souffre de dédoublement de la personnalité.
1887 : Publication de Le Horla.
1888-1889 : Les romans Pierre et Jean et Fort comme la mort paraissent. 
13 novembre 1889 : Mort de son frère atteint de démence.
1890 : Paraît le roman Notre cœur. Maupassant souffre de troubles psychologiques sérieux.
1891 : Il sombre dans un grave état dépressif.
1er janvier 1892 : Pendant la nuit, il tente de mettre fin à ses jours.
6 juillet 1893 : Interné à la maison Blanche, à Paris, il y meurt, à l’âge de 43 ans.  
8 juillet 1893 : Il est inhumé au cimetière Montparnasse.
Maupassant trempe sa plume dans une palette de couleurs, de formes et de nuances et raconte la Normandie dans toutes ses vérités. Ses biographes disent d’ailleurs qu’« il ronge, pille et exploite tout ce qu’il a sous les yeux. Avec lui on ne peut jamais être tranquille (…) Rien ne lui échappe (…) ». En 1887, Anatole France écrivait déjà que « sa langue forte, simple, naturelle, a un goût de terroir qui nous la fait aimer chèrement. Il possède les trois qualités de l’écrivain français, d’abord la clarté, ensuite la clarté et enfin la clarté ». Mais c’est surtout l’éclairage qu’il pose sur les lieux, les gens et les choses qui donnent à ces récits cette dimension sensorielle et émotionnelle d’exception. Si la Nor mandie participe pour une grande part à la qualité de son œuvre, Maupassant l’explique tout simplement, dans Le Horla, en 1887, lorsqu’il écrit : « J’aime ce pays, et j’aime y vivre parce que j’y ai mes racines, qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l’attachent à ce qu’on pense et à ce qu’on man ge, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs des sols, des villages et de l’air lui-même. »



En bibliographie :
 
Sont conseillées les éditions dirigées par les grands spécialistes de Maupassant Louis Forestier ou Marie-Claire Bancquart (elles existent en livre de poche Folio) ; ou La Pléiade pour une anthologie.
Tous les romans sont édités, en un seul volume, chez Omnibus ; chacun d’entre eux est suivi de nouvelles qui traitent du même thème. Ce classement est intéressant dans le cas d’une première approche rigoureuse de l’œuvre. Ce volume a également le mérite de contenir l’excellent réflexion de Maupassant sur le roman, intitulé Le Roman, qui était paru dans Le Figaro, le 7 janvier 1888, et fut repris comme préface de Pierre et Jean, en 1888.      
A l’occasion du 150e anniversaire de sa naissance, Maupassant est l’objet de nouveaux ouvrages dont celui d’Olivier Frébourg, intitulé Maupassant le clandestin, aux éditions Mercure de France. 

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