<![CDATA[ Articles du magazine Patrimoine Normand ]]> http://www.patrimoine-normand.com fr copyright 2024 www.patrimoine-normand.com <![CDATA[ Articles du magazine Patrimoine Normand ]]> http://www.patrimoine-normand.com/images/l/log/Logo-Patrimoine-Normand-11.jpg http://www.patrimoine-normand.com Fri, 01 Mar 2024 04:39:31 +0100 <![CDATA[ 80 ans, Argentan se souvient ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-151236-argentan-parcours-resistance.html Inauguration du parcours mémoriel de la Résistance, le 29 septembre 2023, au monument départemental de la Résistance, à Argentan. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Il n’est pas toujours aisé d’imaginer l’âpreté des combats que se livrèrent sur le sol normand occupants et libérateurs, mais aussi le rôle que jouèrent les résistants. Le temps a passé, et les ruines ont laissé la place à des immeubles ou à des aménagements d’après-guerre qui rendent difficile la compréhension des opérations et le rôle des différents acteurs, dont les noms s’effacent lentement des mémoires. C’est pour cela que nous nous devons de saluer l’initiative de la Ville d’Argentan, qui vient de mettre en place à travers ses rues un itinéraire mémoriel de la Résistance en sept étapes. À chaque emplacement, un pupitre illustré, accompagné de textes rédigés par l’historien Gérard Fournier, traduits en anglais, nous permettent de rencontrer des figures de la Libération. Nécessaire, indispensable.
 

Article publié dans Patrimoine Normand n°128 (janvier-février-mars 2024), par Stéphane William GondoinStéphane William Gondoin


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Tue, 06 Feb 2024 09:20:01 +0100
<![CDATA[ 80e anniversaire du Débarquement ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-151235-ceremonie-debarquement-80e.html Saint-Laurent-sur-Mer accueillera la cérémonie internationale du 80e anniversaire du Débarquement et de la bataille de Normandie. (© Woolfer - Travail personnel – Sous licence CC BY-SA 3.0 – creativecommons.org – Wikimedia commons)

Si les festivités et les diverses manifestations s’étaleront du 1er mars au 15 octobre prochain, c’est sur le territoire de la commune de Saint-Laurent-sur-Mer (Calvados) que se dérouleront les commémorations officielles du 6 juin 2024, en présence de nombreux chefs d’États, mais aussi de quelques-uns des ultimes vétérans, dont le nombre se réduit désormais comme une peau de chagrin. Les derniers de tous ces héros méritent bien l’hommage qui leur sera rendu sur Bloody Omaha (« Omaha la Sanglante »), là où eurent lieu les combats les plus rudes du D-Day. Au-dessus de cette plage désormais paisible, reposent 9387 citoyens américains, et l’on y entretient le souvenir de 1557 autres, disparus au combat. Morts pour la Liberté, morts pour notre Liberté.
 

 

 

Article publié dans Patrimoine Normand n°128 (janvier-février-mars 2024), par Stéphane William GondoinStéphane William Gondoin


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Tue, 06 Feb 2024 08:58:01 +0100
<![CDATA[ Des personnalités normandes… inspirantes ! ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-151226-serie-guillaume-le-conquerant.html Guillaume le Conquérant. (Tapisserie de Bayeux © Bayeux Museum) ; Nikolaj Coster-Waldau, connu sous le nom de Jaime Lannister dans la série « Games of Thrones », jouera le rôle de Guillaume le Conquérant dans une nouvelle série. (© HBO -NICK BRIGGS D.R)

L’histoire est un champ d’inspiration sans limites pour romanciers ou scénaristes, du grand comme du petit écran, pour le meilleur et pour le pire. Nous citerons ainsi Napoléon, récemment revisité par Ridley Scott, la série Netflix The Crown ou, en des temps plus lointains, Les rois maudits, avec la version incomparable de 1972 réalisée par Claude Barma, et la version affligeante – restons polis…– signée Josée Dayan en 2005. Pour comprendre ce que nous entendons par « le meilleur et le pire », il suffira de mettre en perspective ces deux mini-séries, adaptations de la saga littéraire éponyme de Maurice Druon.

Depuis 2022, Netflix propose la série Vikings Valhalla, qui a tiré de l’ombre un personnage par trop méconnu de l’histoire anglo-normande : Emma de Normandie, deux fois reine et mère de deux rois, femme de pouvoir et véritable animal politique. D’aucuns critiqueront les nombreux raccourcis historiques, les invraisemblances du scénario et autres anachronismes de ce genre de programme, mais il convient de les considérer aussi pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire des divertissements qui permettent, lorsqu’ils sont bien conçus, d’ouvrir une fenêtre sur d’autres époques et de s’y évader. Pari réussi, à notre sens, pour ces Vikings Valhalla !

Représentation de Emma de Normandie. (© The British Library – www.bl.uk – Domaine public) ; La reine Emma de Normandie est incarnée par Laura Berlin dans la serie Vikings Valhalla. (© Netflix)

Représentation de Emma de Normandie. (© The British Library – www.bl.uk – Domaine public) ; La reine Emma est incarnée par Laura Berlin dans la serie Vikings Valhalla(© Netflix)

L’histoire est un champ d’inspiration sans limites pour romanciers ou scénaristes, du grand comme du petit écran, pour le meilleur et pour le pire. Nous citerons ainsi Napoléon, récemment revisité par Ridley Scott, la série Netflix The Crown ou, en des temps plus lointains, Les rois maudits, avec la version incomparable de 1972 réalisée par Claude Barma, et la version affligeante – restons polis…– signée Josée Dayan en 2005. Pour comprendre ce que nous entendons par « le meilleur et le pire », il suffira de mettre en perspective ces deux mini-séries, adaptations de la saga littéraire éponyme de Maurice Druon.
 

 

Et voici qu’un autre Normand devrait prochainement se retrouver à l’affiche de deux séries, comme l’a récemment annoncé Hervé Morin, président de notre région. Un projet serait dans les cartons sur la rive sud de la Manche, un autre sur la rive nord du Channel, produit par la BBC. Vous l’avez deviné : le héros en sera… Guillaume le Conquérant (!), alors que le millénaire de sa naissance (2027) approche à grands pas ! Pour la qualité, nous jugerons sur pièce.

 

Article publié dans Patrimoine Normand n°128 (janvier-février-mars 2024), par Stéphane William GondoinStéphane William Gondoin


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Fri, 02 Feb 2024 10:40:01 +0100
<![CDATA[ Une rencontre avec Bourvil ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-151217-bouvil-statue-vieille-lyre.html Vieille-Lyre (Eure). Une statue grandeur nature en résine immortalise le tournage de 1952, au pied de la réplique de la pompe à essence, aussi utilisée. (© Virginie Michelland)

Le 9 septembre dernier, les habitants de La Vieille-Lyre ont vécu un moment de cohésion autour de la figure attachante de Bourvil. L’artiste a tourné 71 ans plus tôt, dans cette commune rurale de l’Eure, une sympathique comédie, Le Trou normand.

Depuis 2020, l’association « Sur les pas de Bourvil » jalonne les lieux de tournage de ce film et de deux autres classiques, Le Rosier de Madame Husson (1950) et La Cuisine au beurre (1963) de fresques et photographies réparties à travers le pays d’Ouche.
 

Une statue grandeur nature

La Vieille-Lyre immortalise par ailleurs, depuis le 9 septembre, le tournage de 1952 sous forme d’une statue en résine, grandeur nature (1,74 m), du héros du film. Elle est l’œuvre de Vincent Thomas et Sonia Queija, respectivement mouleur et sculpteure au musée Grévin.

Dominique Raimbourg, le fils aîné de Bourvil, n’a pas caché son émotion lors de l’inauguration.

Depuis, les automobilistes ne manquent pas de s’arrêter, pour immortaliser cette rencontre insolite.

 

À LIRE :
 
Bourvil – Artiste normand, par Thierry Georges Leprévost, in Patrimoine Normand n°102 (juillet 2017) ;
Bourvil et Brigitte Bardot à l’affiche du Trou normand, par Laurent Ridel, in Patrimoine Normand n°87 (octobre 2013).
Article publié dans Patrimoine Normand n°128 (janvier-février-mars 2024), par Virginie MichellandVirginie Michelland


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Wed, 31 Jan 2024 17:53:01 +0100
<![CDATA[ Le hêtre pleureur de Bayeux sera t-il arbre européen de l'année ? ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-151214-arbre-europeen-bayeux.html Le hêtre pleureur du jardin botanique de Bayeux. (© Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Comme récemment annoncé, le hêtre pleureur du jardin botanique de Bayeux a été lauréat du prix du public lors du concours « L'Arbre français de l'année ». Il sera le représentant de la France dans la compétition européenne. Les votes pour cette nouvelle étape débuteront le jeudi 1er février.

À peine remis de la joie suscitée par cette reconnaissance nationale, la ville de Bayeux se mobilise à nouveau pour une élection qui pourrait consacrer le célèbre hêtre pleureur du jardin botanique au niveau européen.

Chaque année, les arbres nationaux participent à la compétition en vue de remporter le prestigieux titre de l'Arbre européen de l'année. L'année dernière, c'est l'arbre polonais qui a remporté le titre avec 45 700 votes. En 2024, la compétition réunit quinze pays.

Après la récente candidature de Rouen pour le titre de Capitale européenne de la Culture, la Normandie est dans une dynamique de rayonnement à l'échelle du continent. Verdict le 20 mars 2024 ! Espérons que le dénouement sera différent de celui de Rouen.

 

Comment voter ?
 
- Sur le site treeoftheyear.org/vote
Les votes pour l'élection sont ouvert du 1er au 22 février 2024.
 
Article publié par Rodolphe Corbin. Rodolphe Corbin


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Tue, 30 Jan 2024 12:00:01 +0100
<![CDATA[ Le Havre : exposition « Itinéraires abstraits » au MuMa ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-151205-itineraires-abstraits-muma.html Exposition « Itinéraires abstraits » au MuMa, Le Havre.


DATE
Du 28 octobre 2023 au 31 mars 2024.
LOCALISATION :
LE HAVRE (76).

 

En dialogue avec les mouvements d’avant-garde de la fin du XIXe siècle qui forment le cœur de son parcours permanent, quelques quatre-vingts œuvres rarement montrées retracent une histoire subjective, à plusieurs voix, de la non-figuration.

Depuis la disparition du sujet, cette exploration nous invite à interroger certaines des formes qu’a pu prendre l’abstraction - dilution des formes de la nature morte (André Masson, Fernand Léger, Albert Gleizes), effacement du paysage (Nicolas de Staël, Olivier Debré, Geneviève Asse), pur langage plastique et/ou géométrique (Jean Hélion, Maurice Estève, Léon Gischia), importance du geste et sens de l’informel (Zao Wou-ki, Camille Bryen, Albert Féraud, Julius Baltazar), place accordée aux matériaux (Ladislas Kijno, Théo Kerg, Marc Devade)… c’est un voyage sensible que le MuMa engage, un itinéraire à travers des univers, sensations et couleurs qui s’offrent à notre regard comme une autre explication du monde, une ouverture à le percevoir différemment.

 

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Musée d’art moderne André Malraux
MuMa
2 boulevard Clémenceau
76600 LE HAVRE
Tél. : 02 35 19 62 62
www.muma-lehavre.fr 
Article publié par Rodolphe CorbinRodolphe Corbin
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Sat, 27 Jan 2024 09:46:01 +0100
<![CDATA[ Une exposition dédiée au trousseau de mariage au château de Martainville ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-151204-trousseau-mariage.html Exposition « Mon trousseau de mariage » au château de Martainville. Le trousseau comprend le linge de corps et de maison, ou encore le menu linge. (© Yohann Deslandes)


DATE
Du 14 octobre 2023 au 10 mars 2024
LOCALISATION :
MARTAINVILLE-ÉPREVILLE (76).

 

Dans l'intimité des mariées d'hier et d'avant-hier

Le Musée des Traditions et des Arts Normands, installé au château de Martainville, propose une immersion passionnante dans le quotidien des Normands du XVIe au XIXe siècle. On y pousse notamment la porte des chambres à coucher, où coffres, coffrets et armoires abritent les effets personnels des femmes.
 

Le château de Martainville. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand) 

Le château de Martainville accueille une exposition dédiée au trousseau. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

L'exposition temporaire « Mon trousseau de mariage » présente justement, jusqu'au 10 mars, les 42 pièces du trousseau d'une jeune mariée du XIXe siècle, Sophie Dalet, originaire de Tournedos-Bois-Hubert dans l'Eure. Elles côtoient le trousseau de Zoé Descambos, constitué dans les années 1960.

 

Un marqueur social

Brodé dès le plus jeune âge, avec l'aide des femmes de la famille, alors même que la jeune fille rêve encore au prince charmant, le trousseau constitue par son importance et sa qualité un marqueur social et un élément identitaire fort. On ne peut s'empêcher d'en admirer la finesse, des draps au linge de corps et de maison, en passant par le menu linge (bonnets, coiffes, mouchoirs de cou) et de superbes robes de mariée.

Les mariées d'hier et d'avant-hier dialoguent avec une artiste d'aujourd'hui, Elsa Duault, dont les créations s'inspirent notamment du témoignage, précieusement recueilli, de jeunes filles de l'ancien temps, qui ont accepté, bien plus tard, d'évoquer la constitution de leur trousseau et la broderie de leur drap de mariage.

 

L'exposition « Mon trousseau de mariage » présente notamment d'élégantes robes de mariée. (© Virginie Michelland) Des jeunes femmes aux doigts de fée ont brodé chaque pièce du trousseau. (© Virginie Michelland) La qualité du travail fait de chaque pièce du trousseau une œuvre d'art. (© Yohann Deslandes)
L'exposition « Mon trousseau de mariage » présente notamment d'élégantes robes de mariée. (© Virginie Michelland) Des jeunes femmes aux doigts de fée ont brodé chaque pièce du trousseau. (© Virginie Michelland) La qualité du travail fait de chaque pièce du trousseau une œuvre d'art. (© Yohann Deslandes)

 

Un événement en partenariat avec le magazine Patrimoine Normand.
 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Exposition visible de 10h00 à 12h30 et de 14h00 à 17h00 et le week-end de 14h00 à 17h30 ;
Fermé le mardi et le dimanche matin ;
Musée des Traditions et Arts Normands
Château de Martainville
76750 MARTAINVILLE-ÉPREVILLE
Tél. : 02 35 23 44 70
www.chateaudemartainville.fr

 
Article publié par Virginie MichellandVirginie Michelland
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Sat, 27 Jan 2024 09:10:01 +0100
<![CDATA[ Cotentin et Bessin : où voir les marais blancs et les oiseaux migrateurs cet hiver ? ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-151203-marais-blancs-et-oiseaux.html L'hiver au marais du Cotentin et du Bessin : une saison à ne pas manquer ! (©?Guillaume Hédouin)

Le parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin propose un programme très riche pour découvrir son territoire et s'imprégner de l'ambiance si particulière en hiver.

Territoire de 146 650 hectares, situé dans les départements du Calvados et de la Manche, le Parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin doit sa renommée à ses 30 000 hectares de zones humides (marais, landes et polders) et à sa fréquentation par de nombreux oiseaux migrateurs

Sa zone de marais de 25 000 hectares - la plus grande de Normandie - est formée par les vallées de cinq fleuves : l'Aure, l'Ay, la Vire, la Taute et la Douve, auxquelles s'ajoutent les marais arrière-littoraux bordant la célèbre plage d'Utah Beach.

Dans ce territoire, qui est l'une des plus grandes zones humides herbagères de France, dès les premières pluies d'automne, les niveaux des rivières montent, et l'eau envahit progressivement le fond des vallées repoussant vers les terres embocagées vaches et chevaux, qui sont alors remplacés par les oiseaux. Ce phénomène spectaculaire, lié à l'abondance des précipitations, culmine au cœur de l'hiver. On dit alors que les « marais sont blancs », une expression attestée depuis le XVIIIe siècle.

Ces paysages spectaculaires font le bonheur des promeneurs, des photographes, et surtout des amateurs d'ornithologie, lesquels peuvent y observer les oiseaux qui profitent de la quiétude des lieux : sarcelles d'hiver, canards souchets... Deux brochures pour visiter : Où voir les marais blancs ? et Où voir les oiseaux ? (voir dans l'encadré ci-dessous), sont disponibles en téléchargement sur le site internet du parc naturel régional, à la Maison du Parc et dans les offices de tourisme du Parc naturel régional.

 

 

Les oiseaux migrateurs des Marais du Cotentin et du Bessin

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
 

3,village Ponts d'Ouve
Saint-Côme-du-Mont
50500 CARENTAN-LES-MARAIS
Tél. : 02 33 71 65 30
www.parc-cotentin-bessin.fr

 
Article publié dans Patrimoine Normand n°128par Rodolphe CorbinRodolphe Corbin
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Sat, 27 Jan 2024 08:36:01 +0100
<![CDATA[ L'hêtre pleureur de Bayeux élu arbre de l'année 2023 ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-151170-hetre-pleureur-bayeux.html Le hêtre pleureur du jardin botanique de Bayeux. (© Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Le hêtre pleureur du jardin botanique de Bayeux a obtenu le prix du public du concours « L'Arbre de l'année » 2023. Il sera le représentant de la France dans le concours européen. Découvrons son histoire grâce à l'extrait d'un dossier sur le hêtre en Normandie, publié en 1995 dans les colonnes de Patrimoine Normand1.

LE HÊTRE « PLEUREUR » DU JARDIN BOTANIQUE DE BAYEUX. FAGUS SYLVATICA « PENDULA ».

Un peu l'écart des autres grands arbres du parc, dans une sorte de « décrochement » rompant la rectitude du tracé du jardin botanique, le hêtre pleureur est vraiment le joyau de ce très bel ensemble crée par les frères Buhler au milieu du XIXe siècle et ouvert au public le 15 août 1864.

Soutenues par une charpente métallique datant de 1938, ses branches couvrent la superficie circulaire de 1256 m2, ce qui correspond à un rayon moyen de 20 mètres.

La première question que l'on se pose toujours à propos d'un arbre – et à laquelle il est, la plupart du temps, bien difficile de répondre – est : « quel âge a-t-il ? » Si on se réfère aux dates indiquées ci-dessus, il aurait environ 150 ans... S'il a réellement été planté en même temps que les autres arbres du jardin. Mais est-ce les cas ? N'existait-il pas « avant » ? N'a-t-il pas, du fait de son originalité déjà marquée, été inclus dans le parc, ce qui expliquerait sa situation un peu « excentrée » ? Il serait, alors, beaucoup plus vieux ! Peu de documents existent à ce sujet.

On sait, d'une part, qu'il arrivait souvent aux frères Buhler de construire leurs plans de jardins autour de sujets ou constructions (bassin, fontaines…) leur paraissant intéressants. Mais cet arbre n'apparaît sur aucun des plans établis pour la municipalité par M. Delarue, et refusés par les Bâtiments de France. Nulle mention, non plus sur le plan même des frères Bulher. S'il s'était déjà singularise, pourquoi le passer sous silence ?

De sa plantation, pas d'avantage de trace. Les concepteurs avaient à l'origine, prévu plusieurs hêtres pleureurs dans le jardin, Un seul y figure, actuellement, alors que, dans l'allée, on peut admirer ceux qui, fort différents de celui du jardin, datent de sa création.

L'armature métallique pourrait être un indice. On sait que celle qui existe aujourd'hui2 date de 1938, et qu'elle vient en remplacement de la précédente, érigée en 1913. On ignore, par contre, si celle-ci est la première construite. Ce qui est certain, c'est que l'actuelle a strictement – à l'exception des arceaux rajoutés, le dernier en 1975-76 – les mêmes dimensions (hauteur en particulier) que l'ancienne. Le mystère ne semble pas près d'être éclairci…
 

Depuis 2001, l'armature métallique a été remplacée par une structure originale. Les branches ne reposent plus sur des poutres métalliques, mais sont suspendues par des sangles à un filet métallique tenu par quatre mâts, ce qui les rend libres de leurs mouvements. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand) 

Depuis 2001, l'armature métallique a été remplacée par une structure originale. Les branches ne reposent plus sur des poutres métalliques, mais sont suspendues par des sangles à un filet métallique tenu par quatre mâts, ce qui les rend libres de leurs mouvements. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Autre interrogation : est-ce vraiment un hêtre « pleureur » ?

Si on le compare à un hêtre « pleureur » classique – celui de la Ferme de La Rivière à Littry, par exemple, d'âge « officiel » sensiblement équivalent, on est frappé par la différence qui existe entre leurs deux ports respectifs. Les branches de celui de Littry croissent en hauteur, puis retombent ; celles du hêtre de Bayeux s'allongent horizontalement, prenant appui sur la structure métallique sans laquelle elles traîneraient sur le sol. Le fût du premier prend de la hauteur : la « tête » de l'arbre se distingue aisément. Pas de « tête » visible sur celui de Bayeux, le fût ne s'allonge pas ! Une question s'impose à notre imagination : quelle serait la silhouette actuelle de cet arbre si rien, jamais, n'avais conduit, guidé peut-être gêné ? la croissance de ces branches ? N'aurait-il pas la forme buissonnante et tortueuse des Faux de Verzy (voir photo ci-dessous) ? Ses ramures n'auraient-elles pas cette allure « zigzagante, tire-bouchonnante », ne seraient-elles pas « repliées sur elles-mêmes, se soudant, se traversant, se séparant… » ? Qui peut le dire ?
 

Le hêtre tortillard (ou Fau de Verzy) de l'arboretum d'Harcourt. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand) 

Le hêtre tortillard (ou Fau de Verzy) de l'arboretum d'Harcourt(Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Hêtre pleureur, Fau de Verzy, forme intermédiaire, espèce indéterminée ? Aucun botaniste ne se prononce avec certitude. Et, comme le dit Régis Gallois, responsable des espaces verts de Bayeux, « c'est bien ainsi » ! Le mystère sied bien à cet arbre d'exception.

Tel qu'il nous apparaît aujourd'hui, en tous cas, les spécialistes qui l'ont soigné à l'automne 1994 affirment qu'il est unique en France, et peut-être même en Europe. Classé Monument Naturel3 le 13 décembre 1932, il est l'objet de soins attentifs de la part de la municipalité de Bayeux. Débarrassé des champignons qui le parasitaient, éclairci légèrement par les élagueurs de l'entreprise De Jonghe de Paris, protégé par une balustrade du piétinement des curieux qui asphyxiait ses racines. Le remplacement de cette structure s'impose. Consciente de l'urgence de cette opération, la Ville de Bayeux a fait établir plusieurs devis dont le coût élevé s'explique par la difficulté et le danger de l'opération ? En effet, des morceaux entiers de charpente s'effondrent spontanément : certains reste partiellement suspendus à l'arbre, « englobés », on pourrait dire « phagocytés » par des branches qu'ils devaient soutenir. Les risques de rupture sont nombreux, tant de la part de l'arbre lui-même que de celle des poutres métalliques. Déjà en 1938, la structure ancienne s'était affaissée en même temps que la nouvelle, et celle qui existe actuellement a dû être érigée « en catastrophe » !

La seule municipalité de Bayeux peut difficilement assumer en totalité un tel coût. Des demandes d'aides sont en cours. Nous espérons qu'une réponse favorable permettra le sauvetage d'un arbre dont le caractère exceptionnel fait de lui non plus seulement une curiosité municipale, ni même régionale, mais aux côtés du Chêne d'Allouville, de nos Ifs millénaires, de l'Aubépine de Saint-Mars-sur-la-Futaie, de l'Oliver de Roquebrune, etc. un membre important de notre patrimoine arboricole national !


1) Un grand normand : le hêtre, par Aline Renault, in Patrimoine Normand n°03, juin 1995.
2) L'armature métallique n'existe plus. Voir photo ci-dessus.
3) Également labellisé « arbre remarquable de France » en 2000.

 

À LIRE :
 
- Un grand normand : le hêtre, par Aline Renault, in Patrimoine Normand n°03, juin 1995 ?.
- Le jardin botanique de Bayeux, par Aline Renault, in Patrimoine Normand n°06, janvier 1996.
- Bayeux : jardin botanique et monument historique !, par Olinda Longuet, in Patrimoine Normand n°68, novembre 2008.
Le hêtre pleureur de Bayeux sera t-il arbre européen de l'année ?, par Rodolphe Corbin, publié le 30 janvier 2024.
 
Informations sur le concours « L'Arbre de l'Année » : https://www.bayeux.fr/
 

Extrait d'article publié dans Patrimoine Normand n°03 (juin 1995), par Aline Renault.


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Thu, 18 Jan 2024 09:01:01 +0100
<![CDATA[ Feuilleter Patrimoine Normand n°128 ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-151150-patrimoine-normand-128.html
PATRIMOINE NORMAND N°128
— JANVIER-Février-MARS 2024 —

ATTENTION :
Cette version numérique du magazine est présentée en basse définition à titre d'aperçu.
 
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Thu, 11 Jan 2024 11:25:01 +0100
<![CDATA[ Pari perdu pour Rouen ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-151216-projet-beauvoisine-rouen.html Image de synthèse du « projet Beauvoisine ». (© PERSEVOIR-DUPLAT-CBA-RRC-Ateliers A.Rispal)

Ça y est, le couperet est tombé le 13 décembre dernier : Rouen ne sera pas la capitale européenne de la culture en l’an de grâce 2028. C’est la ville de Bourges (Cher), fameuse pour son extraordinaire cathédrale Saint-Étienne et son palais Jacques-Cœur, patrie de l’artiste impressionniste Berthe Morisot, qui a décroché le Graal. Félicitations à l’équipe victorieuse pour ce succès sans doute mérité. On ne peut cependant s’empêcher d’éprouver une certaine déception, quand « la ville aux cent clochers », berceau de Flaubert ou de Géricault, qui avait émerveillé Victor Hugo, possédait tant d’atouts à faire valoir.

Ruminer ne sert à rien, alors regardons maintenant vers l’avenir. C’est dans le cadre de la candidature rouennaise que devait s’appréhender le « projet Beauvoisine », qui demeure malgré tout d’actualité. Il s’agit de fusionner les anciens Muséum et musée départemental des Antiquités, deux fois centenaires, mais désormais vétustes : « Dans une approche pluridisciplinaire, ce nouveau pôle culturel mêlera les collections d’ethnographie, d’archéologie antique, médiévale et Renaissance, les sciences naturelles, l’histoire de l’art et l’histoire pour proposer un parcours innovant qui retracera les liens entre le bassin rouennais et le reste du monde. » En attendant l’ouverture, les collections seront intégralement récolées. Chaque objet sera nettoyé, restauré au besoin et conservé avec soin, en attendant de revenir dans l’espace d’exposition. Du pain sur la planche en perspective, mais le jeu en vaut la chandelle.
 

Article publié dans Patrimoine Normand n°128 (janvier-février-mars 2024), par Stéphane William GondoinStéphane William Gondoin


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Tue, 02 Jan 2024 17:44:01 +0100
<![CDATA[ Le château de Pirou – Des Vikings à l’abbé Lelégard ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-151086-chateau-de-pirou.html Vue zénithale du château de Pirou. La forme globale de l’enceinte rappelle l’origine anglo-normande de la forteresse romane. (© Y. Leroux)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°128
Par Damien Bouet.
 
Tour est du château, bordée par les douves. L’étude des maçonneries a révélé que la tour avait probablement été érigée au XVe siècle, en même temps que la tour-porte ; cependant le parement des parties basses, en petits moellons de schiste grossièrement taillés, est caractéristique du XIIe siècle. (Photo Rodolphe Corbin © Patirmoine Normand)
Tour est du château, bordée par les douves. L’étude des maçonneries a révélé que la tour avait probablement été érigée au XVe siècle, en même temps que la tour-porte ; cependant le parement des parties basses, en petits moellons de schiste grossièrement taillés, est caractéristique du XIIe siècle. (Photo Rodolphe Corbin © Patirmoine Normand)

Situé sur la côte ouest de la Manche, non loin de la cité de Coutances, capitale du Cotentin historique, le château de Pirou s’élève dans une zone marécageuse, localisée entre le havre de Lessay et ce qui fut la mare de Pirou. Restaurés à partir de 1966 à l’initiative de l’abbé Lelégard et d’une poignée de bénévoles, les lieux restent figés hors du temps, dans un cadre boisé idyllique.

Aux origines du château de Pirou

Si les historiens locaux font volontiers remonter les origines du château de Pirou aux Vikings, rien ne permet aujourd’hui d’attester son existence à cette période. Il est vrai qu’avant les campagnes d’assèchement des marais au XIXe siècle, le havre de Lessay permettait de pénétrer dans les terres et d’accéder à la mare de Pirou, située à 300 mètres du château. Cependant, la présence d’un castrum sous le règne des Carolingiens n’aurait alors rien de surprenant. Elle correspond d’ailleurs à l’implantation habituelle des ensembles castraux en France depuis l’Antiquité tardive.

Selon une coutume normande reprise par l’abbé Lelégard, la famille des seigneurs de Pirou descendrait de Serlon, fils aîné de Tancrède de Hauteville. Les auteurs du XIXe siècle évoquent également la présence d’un Guillaume de Pirou auprès du duc Guillaume en 1066 lors de la Con...

 

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Wed, 20 Dec 2023 11:22:01 +0100
<![CDATA[ L’archéologie du Débarquement et de la bataille de Normandie ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-151085-archeologie-debarquement.html Char Sherman devant Sword Beach. (Images Explorations / Drassm, 2018)


Cyril Marcigny

Extrait Patrimoine Normand n°128
Par Cyril Marcigny.
 
Objets découverts lors de la fouille du camp cigarette Twenty Grand de Saint Pierre-de-Varengeville. Les « camps cigarette », qui tenaient leurs appellations des marques de cigarettes américaines de l’époque, étaient des camps intermédiaires servant d’escale aux soldats qui partaient au front ou en revenaient.( (Fouille B. Aubry, Inrap. Cliché S. Le Maho, Inrap)
Objets découverts lors de la fouille du camp cigarette Twenty Grand de Saint Pierre-de-Varengeville. Les « camps cigarette », qui tenaient leurs appellations des marques de cigarettes américaines de l’époque, étaient des camps intermédiaires servant d’escale aux soldats qui partaient au front ou en revenaient.( (Fouille B. Aubry, Inrap. Cliché S. Le Maho, Inrap)

Depuis l’émergence de l’archéologie préventive à la fin des années 1980, les côtes et le sol de la région normande n’ont cessé de livrer des vestiges de la bataille qui s’est livrée du 6 juin à la fin du mois d’août 1944 entre les forces alliées, américaines, britanniques et canadiennes, et les troupes d’occupation du IIIe Reich. Depuis 2014, ces découvertes alimentent une nouvelle thématique de recherche liée à l’histoire matérielle et anthropologique du conflit ainsi qu’aux enjeux mémoriels qui en découlent aujourd’hui, dont la candidature des plages du Débarquement à la liste pour une inscription au patrimoine mondial de l’Unesco.

Un travail de recension

À la suite d’un premier travail de synthèse opéré en 2014, lors de l’inscription officielle par le ministère de la Culture de ces vestiges du passé récent dans la programmation nationale de la recherche archéologique, plusieurs programmes d’inventaire et d’étude sont actuellement conduits autour de sites aussi variés que les épaves maritimes, les ouvrages bétonnés du mur de l’Atlantique ou les abris souterrains des civils au cours de la bataille pour Caen. Qu’il s’agisse des ouvrages du mur de l’Atlantique et autres installations allemandes, des vestiges du débarquement allié et des combats qui s’ensuivirent, ou bien encore de ceux laissés par les populations civiles ou les prisonniers, les traces matérielles de la Seconde Guerre mondiale sont, quatre-vingts ans après, omniprésentes en Normandie. Les sites ont toutefois connu des fortunes et évolutions très diverses. Certains ont été purement et simplement détruits ou reconfigurés, tandis que d’autres, dès la fin du conflit, ont été sacralisés afin de rendre hommage au sacrifice des soldats ou, plus récemment, des civils, dans le cadre du devoir de mémoire. Devenus emblématiques du conflit, ces sites mémoriels ont fini bien souvent par occulter en totalité de nombreux vestiges moins visi...

 

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Wed, 20 Dec 2023 11:09:01 +0100
<![CDATA[ Gloire au Père Magloire ! ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-151084-pere-magloire-calvados.html Pionnier de la réclame, un Père Magloire qui ne vieillit pas ! (© Jean-Luc Péchinot)


Jean-Luc Péchinot

Extrait Patrimoine Normand n°128
Par Jean-Luc Péchinot.
 
Autour d’un moulin à pommes du XVIIe siècle, le bel espace de dégustation-vente propose des calvados allant de 2 à 50 ans d’âge, les cuvées « Mémoire » et « Héritage » en étant la quintessence. (© Jean-Luc Péchinot)
Autour d’un moulin à pommes du XVIIe siècle, le bel espace de dégustation-vente propose des calvados allant de 2 à 50 ans d’âge, les cuvées « Mémoire » et « Héritage » en étant la quintessence. (© Jean-Luc Péchinot)

C’est le calvados le plus vendu et le plus exporté. Deux fois centenaire, le Père Magloire se déguste sur toute la planète… et se raconte en son pays d’Auge à travers une enchanteresse et multisensorielle « visite immersive ».

Pont-l’Évêque ou quand la voie lactée rencontre la « voie cidrée ». Au même titre que le camembert, le livarot et… le pont-l’évêque, le cidre est en effet l’autre produit emblématique du pays d’Auge, cette langue de terre argilo-calcaire qui – sur fond de vaches et pommiers – court de Vimoutiers à Deauville : la Normandie par excellence. Celle qui, au-delà des plages du Débarquement, ravit les touristes étrangers toujours en quête d’une France so french. On ne s’étonne pas dès lors que la visite de « Calvados Experience » se décline en huit langues, dont le russe, le japonais et le chinois.

« Calvados Experience », c’est le nom de la « visite immersive » proposée à Pont-l’Évêque, route de Trouville, depuis 2018. Là où le Père Magloire rend hommage tant à la pomme qu’à la fameuse eau-de-vie qu’il aura été l’un des premiers à populariser au-delà de nos fron...

 

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Wed, 20 Dec 2023 10:56:01 +0100
<![CDATA[ Étretat – Grandeur nature ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-151083-etretat-nature.html La porte d’Aval et son Aiguille, symboles de l’érosion constante que subissent les falaises. (© Stéphane William Gondoin)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°128
Par Stéphane William Gondoin.
 
 
Au nord de la porte d’Amont, le roc Vaudieu et, dans le lointain, l’aiguille de Belval, vestiges d’arches aujourd’hui disparues. (© Stéphane William Gondoin)
Au nord de la porte d’Amont, le roc Vaudieu et, dans le lointain, l’aiguille de Belval, vestiges d’arches aujourd’hui disparues. (© Stéphane William Gondoin)

Au temps pratiquement révolu de la carte postale, les images des grandes arches d’Étretat ou de son Aiguille voyageaient en direction des quatre coins du globe dans les soutes d’avions de transport. De nos jours, grâce aux moyens de communication modernes, ces mêmes images se retrouvent à l’autre bout de la planète en une fraction de seconde. La révolution numérique a tout bouleversé, sauf la magie grandiose qui se dégage de ces paysages, quand la nature nous a offert ici l’un de ses plus grands chefs-d’œuvre

Dans Bouvard et Pécuchet, Flaubert envoie ses héros éponymes, d’une affligeante bêtise, dans les environs « du Havre pour étudier le quartz pyromaque et l’argile de Kimmeridge ». Les deux nigauds passent par Étretat, mais se rendent finalement à Fécamp, où l’auteur nous dresse un tableau pouvant s’appliquer à l’ensemble de la Côte d’Albâtre : « La falaise, perpendiculaire, toute blanche et rayée de noir, çà et là, par des lignes de silex, s’en allait vers l’horizon tel que la courbe d’un rempart ayant cinq lieues d’étendues. Un vent d’est, âpre et froid soufflait. Le ciel était gris, la mer verdâtre et comme enflée. Du sommet des roches, des oiseaux s’envolaient, tournoyaient, rentraient vite dans leurs trous. » En quelques phrases, notre génie normand à résumé toute la substance naturelle d’un site sublime comme celui d’Étretat : le calcaire, le silex, les couleurs du ciel et de la mer et une avifaune remarquable.
 

Un peu de géologie

Ces falaises si altières, qui impressionnent par leur à-pic vertigineux, sont nées au fond des mers au cours du Crétacé supérieur, c’est-à-dire entre 100 et 66 millions d’années, au temps où les derniers dinosaures galopaient à la surface de notre globe ou nageaient sous les océans. Selon le Dictionnaire de géologie (A. Foucault, J.-F. Raoult, F. Cecca, B. Platevoet, éditions Dunod, 2014), la craie, roche sédimentaire et marine, s’est constituée par accu...

 

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DOSSIER « Étretat, joyau de la Côte d’Albâtre » (16 pages) :


Retrouvez l'article intégral dans la version papier de PATRIMOINE NORMAND (n°128, janvier-février-mars 2023).


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Wed, 20 Dec 2023 10:40:01 +0100