<![CDATA[ Magazine Patrimoine Normand ]]> http://www.patrimoine-normand.com fr copyright 2021 www.patrimoine-normand.com <![CDATA[ Magazine Patrimoine Normand ]]> http://www.patrimoine-normand.com/images/p/pat/patrimoine-normand.png http://www.patrimoine-normand.com Thu, 21 Jan 2021 22:59:35 +0100 <![CDATA[ La Normandie, une histoire européenne ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-145120-normandie-histoire-europeenne.html Ludovic Cahagnier, professeur de lettres-histoire à l’Institut Lemonnier de Caen, instigateur du projet européen. (© Rodolphe Corbin)

Les trente élèves qui ont participé au projet, devant le Reichstag à Berlin. (© Ludovic Cahagnier)
Les trente élèves qui ont participé au projet, devant le Reichstag à Berlin. (© Ludovic Cahagnier)

Comment sensibiliser les nouvelles générations à l’héritage historique et les convaincre de la nécessité de préserver la mémoire, tout en s’ouvrant aux autres ?

À cette triple question, deux professeurs de lettres-histoire de l’Institut Lemonnier de Caen, Ludovic Cahagnier et Thierry Bogacki, ont répondu en concevant un projet original : réunir trente élèves de trois nationalités impliquées dans la bataille de Normandie (dix jeunes Polonais, dix Allemands et dix Français), pour une réflexion commune autour de la Seconde Guerre mondiale et sur l’importance de cette bataille dans la construction et l’identité européenne.
 

Regards croisés

Dès septembre 2018, chaque groupe d'élèves a commencé à travailler sur le projet afin de s’en approprier les objectifs et de permettre à chaque jeune d’en devenir acteur. Cela s’est matérialisé par des formations auprès d’historiens et de guides conférenciers, le but ultime étant de mener les visites sur sites en accueillant les élèves étrangers.

À partir de février 2019, chaque groupe a donc reçu les deux autres, les lycéens français et polonais prenant d’abord la direction de Stuttgart. Leurs camarades allemands les ont entraînés à la découverte des hauts lieux historiques de leur ville, comme le Höhenpark Killesberg, où étaient autrefois internés les Juifs de la région avant leur déportation vers les camps de la mort, ou encore le Stauffenberg Memorial, consacré aux frères Carl et Berthold von Stauffenberg, âmes de la Résistance allemande au nazisme et cerveaux du complot avorté visant à assassiner Hitler, le 20 juillet 1944.

Lors de leur séjour en Normandie, au moment du 75e anniversaire du Débarquement en juin 2019, Allemands et Polonais ont visité le Mémorial de Caen, rencontré témoins et spécialistes, appris les rôles joués par le commando Kieffer, les femmes et les hommes de la Résistance française, et les civils. Après un crochet par Bloody Omaha (Omaha la sanglante), ils ont pu se recueillir dans les cimetières de La Cambe (Allemagne) ou de Grainville-Langannerie (Pologne), ainsi qu’au Mémorial de Montormel, où les unités de la 1re DB polonaise fermèrent la poche de Falaise.

À Minsk Mazowiecki enfin, au mois d’octobre 2019, Allemands et Français ont exploré les conséquences du conflit sur le front de l’Est, en se rendant notamment au camp de concentration de Stutthof (65 000 victimes, dont 27 000 Juifs), avec sa chambre à gaz et ses fours crématoires, sur les débris du mur cernant le ghetto de Varsovie, ou encore sur la Westerplatte de Gdansk, là où le cuirassé Schleswig- Holstein tira les premiers coups de canons de la Seconde Guerre mondiale, le 1er septembre 1939.

L’ensemble de ces rencontres et de ces voyages a donné lieu à la réalisation d’un documentaire remarquable, intitulé Normandie, une histoire européenne, qui devrait être projeté dans divers lieux publics cette année, en fonction de l’évolution de la situation sanitaire bien sûr. Il est cependant d’ores et déjà disponible gratuitement sur la plateforme Youtube. Une ode à la paix qu’un jeune allemand résume simplement ainsi : « Cette expérience concrète nous a mieux fait comprendre à quel point la guerre est une chose inconcevable. » De quoi donner à réfléchir, en cette époque incertaine où les hurlements, les insultes, voire les coups, remplacent la réflexion, la mesure et l’acceptation de l’altérité…

Documentaire Normandie, une histoire européenne.

Des Vikings aux Normands

Ludovic Cahagnier a décidé de renouveler l’expérience en 2020-2024, accompagné cette fois-ci de sa collègue Élodie Lechevallier, également professeure de lettres-histoire. La thématique choisie ramènera loin dans le passé, puisqu’il s’agît d’évoquer l’importance de la Normandie dans la constitution de l’identité de notre continent. Ils ont ainsi nommé leur projet Normandie, carrefour culturel et historique européen, des Vikings au royaume normand de Sicile.

En d’autres termes, on entend ici mettre l’accent sur le rôle que notre province, fondée il y a onze siècles par les Scandinaves, joua sur la scène européenne, allant jusqu’à conquérir l’Angleterre et même fonder un royaume au sud de l’Italie. Il faut pour cela nouer des liens avec des établissements de trois pays : le Danemark, dans la région de Copenhague ; la Norvège, près de Bergen ou d’Ålesund (dans les parages du comté de Møre, d’où était originaire Rollon selon les sagas islandaises) ; l'Italie, à Palerme (Sicile). Sur les traces des Vikings donc, mais aussi des frères de Hauteville et de tant d’autres figures hautes en couleur.

Les éléves de l’Institut Lemonier sur le chantier de construction d’une chapelle du Xe siècle, dans le parc Ornavik. (© Rodolphe Corbin)

Les éléves de l’Institut Lemonier sur le chantier de construction d’une chapelle du Xe siècle, dans le parc Ornavik. (© Rodolphe Corbin)

Les éléves de l’Institut Lemonier sur le chantier de construction d’une chapelle du Xe siècle, dans le parc Ornavik. (© Rodolphe Corbin) Au parc Ornavik, le hangar est prêt à accueillir son bâteau viking ! (© Rodolphe Corbin)

Photo de droite : Au parc Ornavik, le hangar est prêt à accueillir son bâteau viking ! (© Rodolphe Corbin)

Le parc Ornavik, que nos lecteurs assidus connaissent bien et que nous avions présenté dans notre hors-série consacré aux Vikings, est partenaire de ce projet valorisant. Ce partenariat a d’ailleurs déjà commencé, avec la réalisation de dix boucliers par les élèves de l’école de production ossature bois de l’Institut Lemonnier, et leur professeur, Julien Villain. Ils orneront un vaisseau viking commandé au chantier naval d’Ålesund, en Norvège. Tout au long de l’année scolaire, une quinzaine d’élèves du lycée professionnel participent à un chantier d’archéologie expérimentale, en construisant une chapelle du Xe siècle. Un message de respect mutuel et de tolérance religieuse qui, en ces temps de radicalisation et de haines tonitruantes, a de quoi mettre un peu d’humanisme au cœur de cette jeunesse, dans la sphère de pensée de François de Malherbe, de Christiern Pedersen, de Jens Nilssøn et d’Antonio Beccadelli.

Article publié dans Patrimoine Normand n°116, par Stéphane William Gondoin.

Abonnement Patrimoine Normand
  ]]>
Wed, 06 Jan 2021 15:02:01 +0100
<![CDATA[ Moulin à vent de Saint-Vaast-la-Hougue ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-145075-moulin-saint-vaast-la-hougue.html Dans les années 1980, le moulin a fait l’objet d’une première restauration. Son propriétaire d'alors, Jacques Groult, a entrepris des recherches qui ont permis de reconstruire à l’identique le mécanisme, la charpente et sa couverture, les quatre ailes et la queue. La tour, bien conservée, n'a nécessité que très peu de remise en état. (© Jacques Groult)


Extrait Patrimoine Normand n°116.
Par la Fondation du patrimoine.

 

Le patrimoine de Saint-Vaast-la-Hougue ne se limite pas aux deux tours de Vauban ou à la chapelle des marins. La preuve : situé en bordure de mer dans l’anse du Cul-de-Loup, un moulin à vent construit dans les années 1850 reste un rare témoin du passé industriel de la cité. Pour réparer les outrages du temps, les propriétaires - la famille Groult – ont décidé de se lancer dans une restauration à l’identique. Un projet qui a reçu un avis favorable pour obtenir le label de la Fondation du patrimoine. Découverte d’un étonnant bâtiment.

Construit vers 1855 en bordure de mer dans l'anse du Cul-de-Loup, le moulin à vent de Saint-Vaast-la- Hougue a servi durant la seconde moitié du XIXe siècle à commander une scierie à bois installée dans un atelier voisin. Sa tour en granit et ses ailes sont visibles de la baie de Morsalines et du fort de La Hougue, où se trouve l'une des deux tours de Vauban inscri...

 

Il vous reste 91 % de cet article à lire.


 


Retrouvez l'article intégral dans la version papier de PATRIMOINE NORMAND (n°116, janvier-février-mars 2021).


Abonnement Patrimoine Normand
 
]]>
Sat, 02 Jan 2021 13:50:01 +0100
<![CDATA[ Livet-sur-Authou - Ou Les Bucoliques ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-145074-livet-sur-authou.html Jolie chaumière, dont on se félicite qu'elle soit encore debout. (© Virginie Michelland)


Extrait Patrimoine Normand n°116.
Par Virginie Michelland.

 

Arthur Rimbaud aurait pu offrir à son célèbre Dormeur du Val les frais ombrages de Livet-sur-Authou pour sépulture. L'atmosphère paisible et lumineuse de ce « trou de verdure où chante une rivière / Accrochant follement aux herbes des haillons d'argent », se retrouve bel et bien dans ce havre de paix eurois, où nous avons suivi Michel Leseur et son épouse, Dominique.

première approche

Au sortir de Brétigny, à quelques kilomètres de Brionne, ce beau village apparaît au détour d'un virage. Ce ne sont que quelques maisons au milieu d'un océan de verdure, où la forêt forme un écrin de 145 hectares. Le centre de la commune présente d'autres nuances de vert, plus tendres : le vert de la prairie centrale et des herbages voisins.

L'amoureux de nature sait qu'il est au bon endroit pour une halte régénérante. Dès l'entrée du bourg, un panneau indicateur précise que Livet est un site naturel classé. Une distinction qui concerne aussi, dans son ensemble, le vallon de l'Authou, ce cours d'eau affluent de la Risle, et même la vallée de la Risle tout entière, inventoriée au titre des Zones naturelles d'Intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF). Que de distinctions pour un village préservé de l'urba...

 

Il vous reste 91 % de cet article à lire.


 


Retrouvez l'article intégral dans la version papier de PATRIMOINE NORMAND (n°116, janvier-février-mars 2021).


Abonnement Patrimoine Normand
 
]]>
Sat, 02 Jan 2021 13:34:01 +0100
<![CDATA[ Quand Napoléon Bonaparte visitait la Normandie ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-145073-napoleon-normandie.html La statue équestre de l'empereur à Rouen, réalisée en 1865 par Vital Gabriel Dubray. (© Stéphane William Gondoin)


Extrait Patrimoine Normand n°116.
Par Serge Van Den Broucke.

 

Napoléon Bonaparte est l'une des plus imposantes figures de l'histoire de France. La disparition provisoire de sa grande statue équestre à Rouen pour cause de restauration, nous donne l'occasion de rappeler que ses séjours en Normandie ont révélé un souverain attentif au développement de notre région.

Depuis le 2 juillet 2020, la place du Général-de-Gaulle, à Rouen – le vaste parvis situé devant l'hôtel de ville, jouxtant la grande abbatiale Saint-Ouen – est bien vide : l'imposante statue équestre haute de cinq mètres de l'empereur Napoléon Ier a disparu, laissant un socle nu. Cette statue, réalisée en 1865 par le sculpteur Vital Gabriel Dubray et inaugurée le 15 août de la même année, souffrait de désordres fragilisant sa structure et mettant en péril sa stabilité. Reposant sur les trois appuis que constituent les deux pattes arrière et la queue, l'ensemble - dont le bronze provient des canons de la bataille d'Austerlitz - avait développé au cours du temps une fissure évolutive au niveau de l'un des membres postérieurs du cheval, présentant ainsi un risque sérieux si rien n'avait été fait. Elle est donc actuellement en cours de restau...

 

Il vous reste 91 % de cet article à lire.


 


Retrouvez l'article intégral dans la version papier de PATRIMOINE NORMAND (n°116, janvier-février-mars 2021).


Abonnement Patrimoine Normand
 
]]>
Sat, 02 Jan 2021 13:21:01 +0100
<![CDATA[ L’abbaye de Saint-Évroult - De Saint-Pierre à Notre-Dame ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-145072-abbaye-de-saint-evroult.html L’abbaye de Saint-Évroult. (© Stéphane William Gondoin)


Extrait Patrimoine Normand n°116.
Par Stéphane William Gondoin.

 

Nichée au cœur de ce pays d’Ouche si cher à Jean de La Varende, à mi-chemin entre Gacé et L’Aigle, l’ancienne abbaye Notre-Dame fut l’un des grands centres intellectuels normands de l’époque ducale. Malgré une destruction systématique de ses bâtiments dans le sillage de la Révolution, il en demeure des vestiges imposants plantés au milieu d’un cadre verdoyant en bordure d’un étang.

Outre Dom Lenoir, dont nous venons d’éclairer le travail discret sur les documents émanant de la Chambre des comptes, le monastère de Saint-Évroult-Notre-Dame-du-Bois est également réputé pour avoir abrité un autre bénédictin célèbre sa vie durant : Orderic Vital (1075- v. 1141), premier véritable historien de la Normandie, auteur d’une monumentale Historia Ecclesiastica (Histoire de l’Église). Sans ce personnage, nous ne saurions rien - ou presque - de la fin du règne Conquérant, ainsi que des dissensions qui oppo...

 

Il vous reste 91 % de cet article à lire.


 


Retrouvez l'article intégral dans la version papier de PATRIMOINE NORMAND (n°116, janvier-février-mars 2021).


Abonnement Patrimoine Normand
 
]]>
Sat, 02 Jan 2021 13:14:01 +0100
<![CDATA[ Dom Lenoir et les archives de la Chambre des comptes ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-145071-dom-lenoir.html Moine lisant. Gravure de Ferdinand Bol, XVIIIe siècle, 11.4 × 7.4 cm. (Achat en 1885 - © Rijksmuseum d’Amsterdam - Domaine public - www.rijksmuseum.nl)


Extrait Patrimoine Normand n°116.
Par Bertrand Pâris.

 

Au cours des siècles, de nombreuses pièces historiques relatives à l’histoire de la Normandie ont disparu, victimes de destructions volontaires ou involontaires, de vols ou de pertes… Fort heureusement pour nous, un moine normand entreprit au XVIIIe siècle de recopier et de répertorier quantité de documents très divers. Son travail colossal nous permet aujourd’hui d’éclairer des pans entiers du passé de notre région.

la chambre des comptes

Intervenant en tant que gardienne de la bonne exécution de toute entrée ou sortie du trésor royal, la Chambre des comptes avait avant la Révolution une compétence très large, que ce soit en matière de salaires ou de revenus fonciers. Ses archives présentaient également un remarquable intérêt au plan généalogique.

De très nombreux fiefs normands relevant directement de la Couronne, le roi de France, en sa qualité de suzerain direct, se trouvait théoriquement en relation avec la plupart des seigneurs du duché, y compris les plus petits. Cette relation impliquant des opérations financières, la Chambre des comptes interve...

 

Il vous reste 91 % de cet article à lire.


 


Retrouvez l'article intégral dans la version papier de PATRIMOINE NORMAND (n°116, janvier-février-mars 2021).


Abonnement Patrimoine Normand
 
]]>
Sat, 02 Jan 2021 12:49:01 +0100
<![CDATA[ Le plateau du Roumois - Un territoire, des traditions, une identité ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-145070-le-roumois.html Le Roumois, c’est une identité rurale forte,et une harmonie qui charme le regard. (© Alain Joubert)


Extrait Patrimoine Normand n°116.
Par Virginie Michelland.

 

Un territoire, c’est d’abord une identité. Le Roumois revendique ainsi une personnalité forte et riche, que l’association Roumois, Terres vivantes en Normandie n’a de cesse de préserver, valoriser et transmettre.

un fleuve, une forêt, des terres

Entre les « prairies mouilleuses » du Marais-Vernier, le plateau argileux du Lieuvin et les vastes étendues de la plaine du Neubourg, le Roumois forme un plateau crayeux qui domine la Seine. Le fleuve y étire ses méandres, conférant à ce pays de Normandie toute sa place au sein du parc naturel régional des Boucles de la Seine normande. Un territoire aux multiples visages, protégé dès 1974 sous le nom de parc naturel régional de Brotonne, du nom d’une forêt envoûtante de 7 400 hectares, autre élément mar...

 

Il vous reste 91 % de cet article à lire.


 


Retrouvez l'article intégral dans la version papier de PATRIMOINE NORMAND (n°116, janvier-février-mars 2021).


Abonnement Patrimoine Normand
 
]]>
Sat, 02 Jan 2021 12:34:01 +0100
<![CDATA[ Flaubert-Maupassant - C’était écrit… ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-145066-flaubert-maupassant.html Soirée émouvante au Croisset, chez Flaubert. Au crépuscule de son existence, le vieux maître demanda la présence de Maupassant pour ne pas avoir à brûler seul ses correspondances, ombres de sa vie passée. (© Guillaume Néel)


Extrait Patrimoine Normand n°116.
Par Stéphane William Gondoin.

 

Gustave Flaubert occupe une place à part dans la galaxie Guy de Maupassant, au moins aussi importante que celle de sa mère, quoique bien sûr différente : à la fois conseil en écriture, guide dans le cercle fermé et élitiste des auteurs de ce temps, il devient au fil des ans un véritable père spirituel pour le jeune homme.

À y regarder de plus près, la rencontre entre ces deux monuments de notre héritage culturel était sans doute inscrite quelque part, en lettres d’or, au firmament des dieux de la littérature, tant elle s’impose comme une évidence aux observateurs ultérieurs. Disons-le tout net : sans Flaubert, point de Maupassant. Ou du moins, pas de Maupassant tel que nous le connaissons.
 

Oncle absent, ami perdu

Nous avons brièvement évoqué la relation unissant depuis l’enfance Laure de Maupassant et Flaubert, leur correspondance attestant de la persistance d’un lien fort par-delà le temps et les aléas de l’existence, jusqu’à la mort de Gustave en 1880. Mais celui-ci était surtout, à l’origine, le meilleur ami du frère aîné de Laure, Alfred Le Poittevin (1816-1848), poète émérite décédé prématurément pour avoir, selon l’expression consacrée, « brûlé la chandelle par les deux bouts. » Voilà d’ailleurs qui ne manque pas d’annoncer la destinée tragique de Guy… À un autre de ses grands amis, le magistrat Ernest Che…

 

Il vous reste 91 % de cet article à lire.

Dossier « Maupassant » (14 pages) :


Retrouvez l'article intégral dans la version papier de PATRIMOINE NORMAND (n°116, janvier-février-mars 2016).


Abonnement Patrimoine Normand
]]>
Fri, 01 Jan 2021 21:44:01 +0100
<![CDATA[ Guy de Maupassant - Naissance d’un « Bel Ami » ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-145049-guy-de-maupassant.html Canotage à Gennevilliers, en 1874. C’est le loisir favori de Maupassant dès qu’il en a les moyens et l’occasion. Huile sur toile d’Édouard Manet, 130.2 × 97.2 cm. (Collection H. O. Havemeyer, legs de Mme H. O. Havemeyer, 1929 - © The Metropolitan Museum of Art - Domaine public – metmuseum.org)


Extrait Patrimoine Normand n°116.
Par Stéphane William Gondoin.

 
La « belle Ernestine » vers 1900. Elle avait alors autour de soixante ans et n’était donc plus la fraîche jeune fille qu’avait si bien connue Maupassant. Elle continuait toutefois de régaler tous ses visiteurs. Les murs de son auberge étaient tapissés d’autographes et de dessins de célébrités passées par sa table. (© Coll. Stéphane William Gondoin)
La « belle Ernestine » vers 1900. Elle avait alors autour de soixante ans et n’était donc plus la fraîche jeune fille qu’avait si bien connue Maupassant. Elle continuait toutefois de régaler tous ses visiteurs. Les murs de son auberge étaient tapissés d’autographes et de dessins de célébrités passées par sa table. (© Coll. Stéphane William Gondoin)

Voici donc le jeune Guy mis à la porte de son institution yvetotaise. Pas question cependant de le laisser déscolarisé, alors que pointe à l’horizon la perspective du baccalauréat. Sa mère l’inscrit donc incontinent au lycée Impérial de Rouen, aujourd’hui le très réputé lycée Pierre-Corneille.

Dans la métropole normande, comme il s’essaye à la poésie, Maupassant fait la connaissance du poète Louis Bouilhet (1821-1869), une célébrité à l’époque, qui le reçoit avec gentillesse et le prend en amitié. À propos de ce premier mentor, il écrira en 1882 : « Son œil large et bon, infiniment bon et perçant, s’allumait d’une petite lueur moqueuse et bienveillante. On y voyait distinctement cette ironie toujours en éveil, toujours aiguë, mais paternelle. » La disparition brutale de cet érudit de haut vol, professeur de lettres et conservateur à la bibliothèque de Rouen, met un terme prématuré à une relation s’annonçant prometteuse. On prête à Laure de Maupassant ces mots : « Si Bouilhet eût vécu, il eût fait de mon fils un poète. C’est Flaubert qui voulut en faire un romancier. »
 

premiers ébats

De retour à Étretat pour les vacances estivales de 1868, Guy profite des joies du bord de mer qu’il affectionne tellement. Et puis, de temps à autre, il y a ces repas dominicaux pris à l’auberge Aubourg, dans la commune voisine de Saint-Jouin, où l’on se rend à pied en jouant à saute-falaise et saute-valleuse. Et là, sur le pas de la porte de sa demeure normande, la belle Ernestine attend les cli...

 

Il vous reste 91 % de cet article à lire.

Dossier « Maupassant » (14 pages) :


Retrouvez l'article intégral dans la version papier de PATRIMOINE NORMAND (n°116, janvier-février-mars 2016).


Abonnement Patrimoine Normand
]]>
Wed, 30 Dec 2020 22:10:01 +0100
<![CDATA[ Guy de Maupassant - Le « poulain échappé » ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-145048-guy-de-maupassant.html Vue d’Étretat et de son littoral, au temps de la jeunesse de Maupassant. Paysage marin près de la côte, de Willem Antonie van Deventer, entre 1845 et 1880. Huile sur panneau, 45.5 × 34.5 cm. (M.N.T. Weddik-Lublink, legs Weddik - Arnhem - © Rijksmuseum d’Amsterdam - Domaine public -www.rijksmuseum.nl)


Extrait Patrimoine Normand n°116.
Par Stéphane William Gondoin.

 
Guy de Maupassant enfant, avec sa mère. (© Wikimedia commons - DR)
Guy de Maupassant enfant, avec sa mère. (© Wikimedia commons - DR)

« Le génie n’est que l’enfance retrouvée à volonté » écrivait en 1863 Charles Baudelaire, dans un essai consacré au peintre Constantin Guys. Ces quelques mots s’appliquent à merveille à Guy de Maupassant qui, durant l’ensemble de sa carrière littéraire, puisa une bonne partie de son inspiration dans les souvenirs de ses années de jeunesse et de formation.

Le 5 août 1850, vers les six heures du soir, le sieur Gustave de Maupassant, élégant châtelain de Miromesnil, frappe à la porte de la mairie de Tourville-sur-Arques un nourrisson dans les bras. À l’officier d’état civil, il déclare que son épouse, Laure de Maupassant, née Le Poittevin, a accouché une dizaine d’heures plus tôt dudit bambin, « lequel a reçu les prénoms de Henri, René, Albert, Guy. »
 

LES JEUNES ANNÉES

Issus de milieux privilégiés, mariés à Rouen le 9 novembre 1846, les jeunes époux ont inauguré leur vie conjugale par un voyage en Italie, avant de s’installer à Paris. En 1849, ils décidèrent de louer le château de Miromesnil, afin de passer les étés au frais près des côtes de la Manche. Dans une lettre datant de 1894 adressée au savant normand Henri Gadeau de Kerville, Laure, alors très éprouvée par la récente per...

 

Il vous reste 91 % de cet article à lire.

Dossier « Maupassant » (14 pages) :


Retrouvez l'article intégral dans la version papier de PATRIMOINE NORMAND (n°116, janvier-février-mars 2016).


Abonnement Patrimoine Normand
]]>
Wed, 30 Dec 2020 21:39:01 +0100
<![CDATA[ Calvados Château du Breuil ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-145046-calvados-chateau-du-breuil.html Sous une robe allant de jaune paille à ambré foncé, de quoi vous mettre le nez… à la bouche ! Pour Didier Bédu, président de l’interprofession cidricole, « le calvados, c’est la quintessence de la pomme ». (© Jean-Luc Péchinot)


Extrait Patrimoine Normand n°116.
Par Jean-Luc Péchinot.

 

Noble signature du calvados pays d’auge, le Château du Breuil s’épanouit à plein palais en vous mettant la pomme à la bouche. La quintessence même d’une patrimoniale eau-de-vie, coulant d’une originale bouteille à talon, avec cordonnet et cachetée à la cire… et à la main !

De l’atmosphère… Datant du XVIIe, ce chai de vieillissement tient du tableau. Avec d’antiques foudres en chêne, sous une monumentale charpente en coque de bateau renversée, et juste ce qu’il faut de poussière et de toiles d’araignées, il est le point d’orgue de la visite du domaine Château du Breuil, ancré au Breuil-en-Auge (Calvados). À un quart d’heure de Deauville, près de 40 000 visiteurs le découvrent chaque année, le lieu ayant en effet un cachet touristique avec son beau bâtiment de briques et son charmant château de pierres roses, au sein d’un enchanteur parc aux arbres centenaires, le parcours se concluant forcément verre en main, dans l’ancien pressoir, où les divins élixirs du Breuil vous tapissent le palais avec modéra...

 

Il vous reste 91 % de cet article à lire.


 


Retrouvez l'article intégral dans la version papier de PATRIMOINE NORMAND (n°116, janvier-février-mars 2021).


Abonnement Patrimoine Normand
 
]]>
Wed, 30 Dec 2020 17:17:01 +0100
<![CDATA[ La cathédrale de Rouen… Tel le phénix… ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-145044-cathedrale-de-rouen.html Extrait du spectacle Vikings de Cosmos AV projeté sur la façade de la cathédrale de Rouen en 2019. (© Érik Follain)


Extrait Patrimoine Normand n°116.
Par Érik Follain.

 

Si la cathédrale de Rouen a connu de nombreux incendies, des raids vikings aux destructions de la Seconde guerre mondiale, les Rouennais et les Normands n'ont eu de cesse de la réparer ou de la reconstruire. élément particulièrement exposé, la flèche de la tour-lanterne a ainsi été refaite trois fois, de la pierre à la fonte en passant par le bois.

Notre titre pourrait paraître quelque peu étrange. Pourtant, tout s’éclaire lorsque l’on considère la longue histoire de la cathédrale de Rouen. En effet, de nombreux incendies ont mis la primatiale de Normandie en péril, mais les hommes n’ont eu de cesse de la faire renaître de ses cendres. L’actualité, toute relative, de l’incendie de Notre- Dame de Paris et l’immense émotion internationale qu’il a soulevé, tout comme le sinistre récent du sanctuaire nantais, ont suscité de multiples comparaisons avec d’autres cathédrales.
 

incendies à répétition

Si l’on considère leurs histoires, du Moyen Âge à nos jours, on s’aperçoit que les incendies sont, au final, des événements courants pour ces grandes églises. Les causes de ces sinistres sont multiples. L’accident, lors de travaux divers, est fréquent : Chartres en 1020 ou encore Bayeux en 1676. Une cause extérieure est plus rare : Metz s’enflamme ainsi en 1877 à l’occasion d’un feu d’artifice. Parfois, l’incendie est criminel et lié à un projet dembelli...

 

Il vous reste 91 % de cet article à lire.


 


Retrouvez l'article intégral dans la version papier de PATRIMOINE NORMAND (n°116, janvier-février-mars 2021).


Abonnement Patrimoine Normand
 
]]>
Tue, 29 Dec 2020 23:51:01 +0100
<![CDATA[ Saumon de France… mais bien normand ! ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-145043-saumon-de-france-cherbourg.html Le saumon le plus frais du marché français… et le plus confidentiel : Saumon de France ne produit encore que 300 des 150 000 tonnes (dont un tiers en fumé) annuellement vendues en France. (© Jean-Luc Péchinot)


Extrait Patrimoine Normand n°116.
Par Jean-Luc Péchinot.

 

Produit phare des fêtes de fin d'année, le saumon fumé pèse lourd dans l'économie des produits de la mer. Si les deux tiers de la production vendue dans l'Hexagone y sont fumés, il n'en est qu'un, le « Saumon de France », à être élevé en Manche. En l'occurrence dans la rade de Cherbourg. Un saumon premium, normand par excellence.

Trois cents tonnes seulement : autant dire une goutte d'eau… salée, dans une vague nordique qui, depuis des lustres, n'en finit pas de déferler sur un Hexagone qui consomme annuellement dans les 150 000 tonnes du poisson préféré des Français. Norvège, Écosse, Irlande, Islande et Alaska n'ont dès lors pas de quoi s'inquiéter de cette niche qu'est le « Saumon de France », dont le groupe de production aquacole AMP (du groupe L'Occitane) a fait sa spécialité, son président, Pascal Goumain, se disant fier de ce saumon artisanal de qualité premium, élevé sur le domaine public maritime, à l'intérieur de la grande rade de Cherbourg : « Créée en 1991, notre ferme marine a été construite sous une serre de 80 m2, à 2,5 km au large, derrière la digue du Large, la plus lon...

 

Il vous reste 91 % de cet article à lire.


 


Retrouvez l'article intégral dans la version papier de PATRIMOINE NORMAND (n°116, janvier-février-mars 2021).


Abonnement Patrimoine Normand
 
]]>
Tue, 29 Dec 2020 23:38:01 +0100
<![CDATA[ Gatteville-le-Phare - Lueur dans l’Oceano nox ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-145042-gatteville-le-phare.html Le phare de Gatteville. Ambiance magique à la nuit tombée. (© Stéphane William Gondoin)


Extrait Patrimoine Normand n°116.
Par Stéphane William Gondoin.

 

Il était une fois un phare de granit planté sur un rocher du bout du monde, lancé à l’assaut du ciel par le génie des hommes. Depuis près de deux siècles, du crépuscule à l’aube, brille au sommet de cet imperturbable cyclope un oeil balayant l’horizon à des miles nautiques à la ronde. « Combien de marins, combien de capitaines », pour reprendre le premier vers du célèbre poème de Victor Hugo, croisant au large du dangereux raz de Barfleur, ont cherché son faisceau lumineux du regard en quête d’un cap à suivre pour parvenir à bon port ?

La nuit, encore, mais celle des temps cette fois-ci. Si aucune source écrite ne nous renseigne sur l’histoire de Gatteville avant le XIIe siècle, l’archéologie vient à la rescousse et éclaire - timidement - notre chemin dans un manteau de ténèbres. On a notamment mis au jour, tout près de l’anse de Roubary, un gisement lithique datant du Paléolithique inférieur. Les outils découverts, pointes, perçoirs, racloirs et autres couteaux de silex, sont rattachés par les préhistoriens au faciès industriel (façon dont les pièces sont travaillées) nommé Évenosien, remontant à environ 350 000-400 000 ans. Témoin d’une présence humaine plus récente, un dépôt contenant une trentaine de haches de l’âge du bronze (de 2300 à 800 av. J.-C.) a été exhumé par l’archéologue de l’INRAP Cyril Marcigny, au lieu-dit la Saline. Notons enfin que des sépultures chrétiennes d’époque mérovingienne, datant des VIe et VIIe siècles, trou...

 

Il vous reste 91 % de cet article à lire.


 


Retrouvez l'article intégral dans la version papier de PATRIMOINE NORMAND (n°116, janvier-février-mars 2021).


Abonnement Patrimoine Normand
 
]]>
Tue, 29 Dec 2020 23:27:01 +0100
<![CDATA[ Henri Ier Beauclerc - L’ombre de Guillaume le Conquérant ]]> http://www.patrimoine-normand.com/article-145035-henri-ier-beauclerc.html Henri Beauclerc, roi d’Angleterre et duc de Normandie, en majesté. Il tient dans sa main droite l’une des abbayes qu’il a fondées, peut-être celle de Reading, où il repose. Historia Anglorum de Matthieu Paris. (Royal Ms 14 C VII, fol. 8v – Angleterre, Saint-Albans, 1250-1259 – © The British Library - Domaine public - www.bl.uk)


Extrait Patrimoine Normand n°116.
Par Thierry Georges Leprévost.

 

Devenu maître de la Normandie au lendemain de la bataille de Tinchebray, Henri vient de réaliser son rêve : réunir l’empire de son père. Pourtant, sa légitimité est mal partagée. Né à Selby fin 1068 ou début 1069, seul de sa fratrie à voir le jour en terre anglaise, il est vite accepté par ses sujets. Il n’en va pas de même dans le duché, où vingt ans de luttes intestines ont contribué à façonner des clans et des alliances extérieures.

Tout semble bien commencer. Une fois son frère arrêté, Henri se rend à Rouen, où il maintient les coutumes et les lois normandes édictées par son père, et accepte l’hommage des barons présents. Il ne revendique pas encore le titre de duc, même s’il en exerce toutes les fonctions et gouverne la Normandie. Son frère emprisonné n’a aucune chance de revenir au pouvoir, mais Robert a un héritier, qui vit à Arques.
 

un environnement hostile

Guillaume Cliton est né le 25 octobre 1102. Henri ne peut éliminer cet enfant de quatre ans sans s’aliéner l’Église, ses barons et toutes les têtes couronnées d’Europe. Ce serait une mauvaise entrée en matière ! En conçoit-il même la tentation ? Il a un fils du même âge, prénommé lui aussi Guillaume, dit Adelin. « De crainte qu’il ne se présentât quelque motif de calomnie, si l’enfant venait à éprouver quelque malheur en ses mains », comme l’écrit le moine-historien Orderic Vital, il laisse donc son neveu partir avec un fidèle de Courteheuse, Hélie de Saint-Saëns, qui l’emmène sur-le-champ en lieu sûr. À quelques exceptions près, Henri libère vite les partisans de son frère capturés à Tinchebray. Pardonné, le bouillant Robert de Bellême, du reste peu actif à Tinche...

 

Il vous reste 91 % de cet article à lire.


 


Retrouvez l'article intégral dans la version papier de PATRIMOINE NORMAND (n°116, janvier-février-mars 2021).


Abonnement Patrimoine Normand
 
]]>
Mon, 28 Dec 2020 16:01:01 +0100