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Le prieuré de Sainte-Gauburge

Jeudi 31 Janvier 2008
Le prieuré de Sainte-Gauburge

Prieuré de Sainte-Gauburge. La tour monumentale du logis des moines. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand).


Extrait Patrimoine Normand n°34.
Par Isabelle Audinet.

 

S’il était des lieux désertiques recherchés par les ermites au Moyen Âge, Sainte-Gauburge devait être de ceux-là, le site actuel étant encore assez retiré dans la campagne du Perche. Longtemps exploitation agricole, les bâtiments abritent depuis 1993 l’Écomusée du Perche, permettant alors leur restauration certaine, une renaissance pour un ensemble quasi unique dans le Perche.

LE PRIEURÉ, ENCLAVE DANS LE COMTÉ DU PERCHE
VIE ET MORT D’UNE COMMUNAUTÉ RELIGIEUSE

Dès la fondation de l’établissement en 1006 par Guillaume de Bellême, l’isolement des lieux, leur pauvreté, semblent avoir marqué du sceau de la fuite les communautés qui l’occupèrent. Ce fut d’abord Béranger, un moine de l’abbaye bénédictine de Saint-Florentin de Bonneval, qui, bien qu’en charge de ce « petit lieu » entre 1018 et 1033, le quitta volontairement pour retourner à Bonneval. Puis des chanoines installés entre 1052 et 1060 par l’abbé de Saint-Père de Chartres sur ordre de l’évêque de Sées (Yves de Bellême), chanoines qui partirent trois ans plus tard, en raison de la conduite scandaleuse de l’un des leurs, Déodat. Quelques années plus tard, avant 1124, le prieuré est donné à l’abbaye royale de Saint-Denis, et ne relève plus, dès lors, ni du comté ni de Bellême (il en est de même de la paroisse de Sainte-Gauburge élevée au rang de châtellenie). Ses possessions et revenus augmentent alors en raison des nombreuses donations, mais il ne semble pas que la communauté soit prospère puisque seuls quelques moines occupent les lieux (cinq ou six moines, trois en 1202). Là encore, l’isolement et la pauvreté les conduisent, sans doute bien malgré eux, à passer plus de temps au village qu’en leurs murs, et à adopter bien évidemment, une conduite scandaleuse ! Le XIIIe siècle et le début du XIVe siècle apparaissent cependant bien plus florissants que la seconde partie du XIVe siècle, puisque de nombreux travaux sont entrepris, qui marquent encore les bâtiments actuels du prieuré. Les affres de la pauvreté les frappent de nouveau lors de la Guerre de Cent Ans, l’établissement ne perce...

 

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