Patrimoine normand

Cambremer : un jardin classique résolument augeron

Jeudi 31 Janvier 2008
Cambremer : un jardin classique résolument augeron

Les jardins du Pays d'Auge à Cambremer. L’allée qui mène au pigeonnier. (© Olinda Longuet)


Olinda Longuet

Extrait Patrimoine Normand n°50.
Par Olinda Longuet.

 

Inspirés de ceux du XVIIe siècle, les jardins de Cambremer sont les plus augerons qui soient. Flâner dans ses allées relève à la fois de la promenade extatique et du voyage initiatique à travers le paysage puissamment typé des vallons du Pays d’Auge. Une sorte de carte du Tendre moderne dans la campagne normande, et la naissance d’un nouveau concept : le classicisme de terroir.

L’ensemble des bâtiments principaux de la ferme des Jardins du Pays d’Auge a bénéficié d’une patiente restauration. (© Olinda Longuet)

L’ensemble des bâtiments principaux de la ferme des Jardins du Pays d’Auge a bénéficié d’une patiente restauration. (© Olinda Longuet)

Des jardins à l’italienne de Brécy aux jardins à la française de Vendeuvre, on trouve la même nécessité d’adaptation du projet à la topographie, mais aussi la même volonté de façonnement du sol, tant il est vrai que la création d’un jardin répond à ces deux impératifs. Si le jardin à l’anglaise offre apparemment plus de possibilités de fantaisies végétales, ce n’est qu’illusion, car la nature y est autant interprétée qu’ailleurs. Cambremer a réussi cet exploit de se plier aux exigences du terroir, tout en infléchissant la nature selon la vision de ses créateurs.

Comme toute œuvre d’art, la naissance d’un jardin est toujours une aventure semée d’embûches. Car il y a loin de la coupe aux lèvres, du jardin imaginé au jardin réalisé. Il en allait de même des architectes médiévaux : la chute d’une tour trop haute ou mal assise, celle d’une voûte trop lourde remettaient en cause la totalité de l’édifice. La navigation paysagère se doit d’éviter les écueils d’une course trop rapide. À Cambremer, Armelle et Jacques Noppe ont dès le départ choisi de progresser pas à pas. Cela fait près de trente ans que ça dure.

Il leur aura fallu une dizaine d’années pour restaurer le corps de ferme délabré acquis en 1975. L’ouverture d’une boutique et d’un salon de thé préludèrent aux travaux d’extension et d’aménagement qu’il était nécessaire d’accomplir avant d’envisager ceux d’un jardin qui leur permît de présenter au public le plus grand nombre possible de plantes et de scènes, indispen...

 

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