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Lessive d’autrefois et anciens lavoirs dans le bocage normand

Mercredi 30 Janvier 2008
Lessive d’autrefois et anciens lavoirs dans le bocage normand

Putanges. Sous la brume matinale, reflets des lavoirs sur l’Orne en amont du pont. (Photo Jeannine Rouch © Patrimoine Normand.)


Extrait Patrimoine Normand n°30.
Par Jeannine Rouch.

 
Putanges - Pont-Ecrepin. Lavoir situé rive droite en aval du pont sur l’Orne. Construction toute en pierre de granit. Toiture à deux versants en tuiles anciennes, parfaitement conservé, il est le plus joli du bourg. (Photo Jeannine Rouch © Patrimoine Normand.)
Putanges - Pont-Ecrepin. Lavoir situé rive droite en aval du pont sur l’Orne. Construction toute en pierre de granit. Toiture à deux versants en tuiles anciennes, parfaitement conservé, il est le plus joli du bourg. (Photo Jeannine Rouch © Patrimoine Normand.)

Chaque hameau possédait-il un lavoir ? Pas toujours. Les femmes du village se rendaient alors à la rivière proche pour le lavage hebdomadaire du linge familial.

Dans nos campagnes, « la grande buée »1 se pratiquait une ou deux fois dans l’année, selon l’importance du trousseau familial, au printemps et à l’automne, pendant quatre ou cinq jours, de préférence ensoleillés. On avait amassé au grenier, pendant plusieurs mois, le linge sali, au moins une cinquantaine de draps et torchons.

Au jour fixé pour « la grande buée » on remplissait une grande cuve d’une partie du linge, sans oublier « l’encharrois » rempli de cendres. Les plus appropriées devaient provenir d’arbres fruitiers, de branches de chêne, joncs et tiges de maïs. Il fallait 1 500 kg de cendre pour une buée de 100 kg.

Par ailleurs, on faisait bouillir de l’eau dans un grand chaudron pendu à la crémaillère. On versait l’eau dans la cuve à l’aide d’un godet à long manche, dit « pusseux » ou « videux » ; l’eau bouillante ainsi versée favorisait l’action saponifiante des cendres. Elle s’écoulait très lentement par un orifice situé au bas de la cuve et était récupérée dans un baquet. On recommençait l’opération jusqu’à ce que l’eau soit claire. Cette tâche pénible qui durait trois jours était confiée à un homme. Cette opération de coulage terminée, au jour suivant, les lavandières chargeaient le linge sur les brouettes et allaient au lavoir. Elles s’installaient, à genoux dans leur « carrosse »2 personnel, brossaient, frottaient et frappaient vigoureusement de leur battoir en bois le linge, ramassé en tas, pour en exprimer le reste de salissures. Puis on le rinçait à l’eau claire du bassin alimenté par une source d’eau courante.

Le travail des lavandières était épuisant : échines endolories, genoux meurtris, mains rougies et engourdies par l’eau froide. Au grand lavoir communal où les femmes étaient parfois nombreuses, la tâche faite en commun semble parfois moins rude. On bavardait entre voisines. On y répandait les nouvelles du bourg, bonnes ou mau...

 

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1) Buée : c’est l’origine du mot buanderie.
2) Carrosse : petite caisse de bois, fermée sur trois côtés et munie d’un coussin, pour s’agenouiller.

 


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