Patrimoine normand

Le manoir d’Ango - bijou de la Renaissance

Jeudi 31 Janvier 2008
Le manoir d’Ango - bijou de la Renaissance

Entrée est du manoir, sur laquelle on débouche en arrivant de par l’allée arborée. Les deux tourelles sont probablement antérieures au XVIe siècle. (Photo Éric Bruneval © Patrimoine Normand).


Extrait Patrimoine Normand n°32.
Par Isabelle Audinet.

 
Le pigeonnier construit en 1535, un des plus beaux de la région. (Photo Éric Bruneval © Patrimoine Normand).
Le pigeonnier construit en 1535, un des plus beaux de la région. (Photo Éric Bruneval © Patrimoine Normand).

Situé un peu à l’écart du village de Varengeville, le manoir d’Ango ne se dévoile que très peu, ne laissant apparaître de l’extérieur que des murs sobres. Il s’agit pourtant d’un petit bijou de la Renaissance en Normandie, qui cache en son sein des richesses ornementales, malheureusement dispersées pour la plupart depuis la Révolution.

Le manoir occupe un site dégagé en arrière du village et de la zone côtière boisée. Construit dans la première moitié du XVIe siècle, il est l’un des derniers témoins de l’architecture italienne apportée en Normandie de cette taille, trop d’autres édifices ayant été transformés dans les périodes ultérieures. Il est certes remarquable par la qualité de l’édifice, mais surtout par l’importance du commanditaire, Jean Ango.


Jean Ango, armateur et mécène
 

Sa naissance (en 1480), dans une riche famille d’armateurs dieppois destine Jean Ango à parcourir les mers et à y lancer ses navires. Mais ceci devient sans doute une vocation, encouragée par la période (fin XVe - milieu XVIe siècle), riche en expéditions maritimes et en découvertes de terres nouvelles. (Christophe Colomb, Vasco de Gama... et des Normands comme Jean Cousin - Dieppois - qui aurait touché en 1488, le Brésil et pénétré l’Océan Indien, ce qui n’avait jamais été réalisé auparavant. Mais cet exploit ne fut jamais homologué, les Normands n’ayant pas de cartographe parmi eux pour dessiner les lieux.) Il semble que Jean Ango, avant d’être armateur, embarque pour de longues expéditions, dirigées par Jean Cousin. Excellent meneur d’hommes et commerçant, Ango arme avec succès ses propres navires pour des destinations lointaines : les « Indes », les côtes d’Afrique... Les richesses rapportées par les explorateurs portugais et espagnols avaient ouvert de nombreux appétits, qui ne purent malheureusement être satisfaits en raison d’une bulle papale de 1493, interdisant aux navigateurs autres que portugais ou espagnol de péné...

 

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