Patrimoine normand

Baron Gérard, mécène du Bessin

Jeudi 31 Janvier 2008
Baron Gérard, mécène du Bessin

Portrait d’Henri-Alexandre Gérard. (Coll. Patrimoine Normand)


Thierry Georges Leprévost

Extrait Patrimoine Normand n°63
Par Thierry Georges Leprévost.
 
Hylas et la nymphe, 1826. Un des trois tableaux du baron François Gérard offerts au Musée de Bayeux par son neveu Henri-Alexandre. Ce sont, comme la plupart des œuvres de sa donation, des peintures à l’huile sur toile sur châssis de bois. (© MAHB, Bayeux).
Hylas et la nymphe, 1826. Un des trois tableaux du baron François Gérard offerts au Musée de Bayeux par son neveu Henri-Alexandre. Ce sont, comme la plupart des œuvres de sa donation, des peintures à l’huile sur toile sur châssis de bois. (© MAHB, Bayeux).

Les collections du musée Baron-Gérard, fermé le 31 décembre 2001, occupent l’Hôtel du Doyen depuis le 1er juin 2002. Un hébergement provisoire en attendant la mise aux normes de l’ancien palais épiscopal. Si le nom du baron Gérard évoque immanquablement le musée Municipal de Bayeux, on ne sait pas toujours ce que ce patronyme représente dans l’évolution culturelle du Bessin.

Henri-Alexandre Gérard

Né à Orléans le 22 mars 1818, Henri-Alexandre Gérard est le fils unique d’Alexandre Gérard (1780-1832) et de Sophie Catherine Sylvoz (1792-1867). Directeur des contributions directes du Loiret, son père meurt à Paris à 52 ans. L’adolescent pourrait se retrouver seul, livré à lui-même ; or, il a un oncle paternel, le baron François Gérard, peintre néo-classique qui va se charger de son éducation. Le frère aîné de son père est un artiste de renom, qui fréquente l’aristocratie et la haute bourgeoisie de cette première partie du XIXe siècle ; il meurt à son tour en 1837, non sans avoir légué à son neveu un héritage multiple : spirituel et culturel tout d’abord, car l’intérêt du jeune homme pour la peinture n’a pas tardé à éclore sous l’influence de son oncle, au point de l’orienter vers des études artistiques jusqu’à l’ob­tention d’un premier poste en 1840 ; legs financier aussi, car la fortune du défunt se révèle plus que confortable. Dès 1837, l’héritier exauce un vœu posthume de son bienfaiteur en fondant à Saint-Germain-en-Laye un hospice-hôpital.

Aussi, alliant son bagage intellectuel à son aisance matérielle, il se permet de choisir une carrière en accord avec ses goûts : il entre à la direction générale des musées, en charge d’organiser un salon de peinture au titre de vérificateur, autrement dit responsable technique. Le 25 juin 1846, il épouse à Auteuil une jeune femme de 23 ans ori...

 

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