Patrimoine Normand magazine

 

Château de Filières

Lundi 19 Mai 2008
Château de Filières

Le château de Filières (© Eric Bruneval).


 
Extrait Patrimoine Normand N°09.
Par la Marquise de Persan.

Depuis un demi millénaire, le château de Filières est resté sans interruption dans la même famille. Les actuels propriétaires l'ouvrent au public et maintiennent avec beaucoup d'effort ce superbe témoignage du patrimoine normand. La marquise de Persan nous guide à travers ce château historique ; écoutons son commentaire.

 

En arrivant, nous sommes accueillis par la cour d'honneur entourée de fossés asséchés. Au XIIe siècle, à la place de cette cour, il y avait un château-fort alimenté par un puit profond de 80 mètres qui est asséché. On entrait alors par le pont-le-vis qui est devant vous. Au XVIe siècle, une maison forte a été élevée au centre de la cour d'honneur pour remplacer le château-fort détruit par la guerre. Puis, au XVIIe siècle, les seigneurs de Filières construisirent un château dont il reste cette partie Henri IV ici à notre gauche. Au XVIIIe siècle, notre aïeul à la quatrième génération, le marquis Eudes de Cotteville de Mirville, construisit la partie qui est devant nos yeux. L'architecture est due à Victor Louis qui a fait les galeries du Palais Royal à Paris et le théâtre de Bordeaux. Le château a été construit dans la belle pierre blanche de Caen, ce qui est rare dans la région où on vit surtout les briques et les colombages. Si nous regardons le fronton, nous voyons à droite les armoiries des Filières, qui avaient fait le vieux château Henri IV - « fond d'azur, chevron d'argent renversé et trois merlettes avec coupé ». A gauche, les armoiries des Mirville - « d'or au lion coupé d'azur et de geules ». De chaque côté des lionnes et, surmontant le tout, la couronne marquisale. Sous le fonton, vous voyez une élégant efrise de bucranes, figures de bœufs déssechées. Et, devant nous, le beau balcon à ressauts est soutenu par trois grosses agraphes de pierre. Au dessus, du mur de refend à droite, les crochers que vous voyez servaient à soutenir les échafaudages1). Ces Normands qui avaient construit les châteaux successifs étaient judicieux, car lorsqu'ils avaient voulu construire la partie XVIIIe qui était la modernité à l'époque, on avait démoli le château Henri IV au fur et à mesure de la construction. Si bien que, lorsque la Révolution est arrivée, la construction fut stoppée et c'est pourquoi vous voyez les deux parties, sinon nous voyons que ce château aurait dû avoir sur la gauche sa réplique à l'identique.

Après avoir visité la partie du XVIe siècle, nous montons quatre marches pour rentrer dans la bibliothèque et nous nous trouvons dans la partie XVIIIe siècle. La bibliothèquees est en bois de Cuba, elle enferme de nombreux livres à belle reliure et des parchemins des XVIe et XVIIe siècles. Elle présente aussi une belle collections d'éventails ; le plus anciens, de 1747, sur une monture en ivoire est très travaillée. On remarque, entre autres, un portrait du duc de Talleyrand et un au...
 

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1) On en trouve encore dans certains endroits de Normandie, en particulier dans le bessin et le couvreurs s'en servent toujours pour attacher leurs échelles. (NDLR.)



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