Patrimoine normand

Alphonsine Plessis - La « Dame aux camélias »

Lundi 11 Juillet 2011
Alphonsine Plessis - La « Dame aux camélias »

La « Dame aux camélias ». (© Patrimoine Normand)

MICHEL DE DECKER - HISTOIRE DE LA NORMANDIE.


Michel de Decker

Extrait Patrimoine Normand n°78
Par Michel de Decker.
 

Nonant-le-Pin, août de 1838.

Si j’avais vécu à son époque, j’aurais sans doute été très amoureux, moi aussi, d’Alphonsine Plessis, de cette Normande de l’Orne qui commence sa vie en 1824 dans une pauvre bicoque de Nonant-le-Pin, au fond de laquelle elle a d’ailleurs failli mourir quand elle était encore une gamine ! Parce que, un soir du mois d’août de 1838, revenant parfaitement ivre de la foire de Gacé, son père, Martin Plessis, un colporteur un peu louche, a eu l’idée saugrenue de mettre le feu à la maison ! Tout en sachant que sa fille y dormait ! Sans l’intervention d’un cocher qui passait heureusement par là, la petite Alphonsine n’aurait donc jamais brûlé que d’un seul feu. Dans un premier temps, elle va se réfugier chez un cousin. Un peu de paille dans le fond d’une étable. Et puis, trouvant qu’à quatorze ans elle était très jolie à regarder, ce cousin-là va quasiment la vendre à un forain de passage, un vieillard de Saint-Germain-de-Clairefeuille, un barbon libidineux.

Alors elle se sauve, Alphonsine, et on la rencontre bientôt à Paris, où elle déniche du travail chez un marchand de fruits ou chez une modiste. Ce qui est sûr c’est que tout le monde s’accorde à la trouver très mignonne et de plus en plus coquette, la jeune fille de Nonant-le-Pin. Et de coquette, elle va devenir coquine ! Au point qu’elle va bientôt rendre fou amoureux d’elle tous ceux qui vont la croiser : un restaurateur du Palais-Royal, par exemple, ou un contrôleur des impôts ou encore un ministre des Affaires étrangères de l’Empereur Napoléon III, en la personne d’Agénor, duc de Guiche et futur duc de Grammont.

Dieu merci, le duc de Grammont n'était pas jaloux, car dans les clubs où il emmenait sa protégée, elle passait de mains en mains, elle était devenue une véritable « mutuelle du plaisir », chacun tenant à la couvrir de fleurs et plus précisément de camélias, sa fleur préférée. Des camélias blancs, qu'elle portait épinglés à son corsage pendant vingt cinq jours du mois, alors que pendant cinq jours elle affichait le camélia rouge !

Et puis un jour, Alphonsine rencontre Alexandre Dumas, le fils de l'auteur des Trois Mousquetaires et du Comte de Monte-Cristo. Et c'est le coup de fou...

 

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