Patrimoine normand

Pierre Cauchon, l’avant et l’après Jeanne d’Arc

Dimanche 9 Octobre 2011
Pierre Cauchon, l’avant et l’après Jeanne d’Arc

Jeanne d'Arc interrogée par Pierre Cauchon, gravure issue de l'ouvrage Cassell's history of England, Angleterre, 1902. (DR)


Laurent Ridel

Extrait Patrimoine Normand n°79
Par Laurent Ridel.
 
Gisant de Pierre Cauchon. Réalisé en marbre de Carrare blanc, il surmontait le tombeau de l’évêque dans la cathédrale de Lisieux. Il fut détruit en 1705. (© Collection Gaignères à la Bibliothèque Nationale de France)
Gisant de Pierre Cauchon. Réalisé en marbre de Carrare blanc, il surmontait le tombeau de l’évêque dans la cathédrale de Lisieux. Il fut détruit en 1705. (© Collection Gaignères à la Bibliothèque Nationale de France)

Difficile de trouver dans l’histoire médiévale personnage aussi honni. Accusé de collaboration avec l’ennemi anglais et d’être le principal responsable de la mort de Jeanne d’Arc, il suscite le mépris et reste condamné dans la mémoire collective. Cependant, la vie de Pierre Cauchon ne se résume pas au rôle du juge qui envoya au bûcher une jeune paysanne de Domrémy. Cet homme a connu une carrière longue, riche et mouvementée qui, en prime, se conclut en Normandie.

25 avril 1931. Lisieux. Cathédrale Saint-Pierre. Une dizaine de personnes est rassemblée dans la chapelle de la Vierge, au bout de l’édifice. On y reconnaît notamment Étienne Deville, bibliothécaire de la ville, le chanoine Hugonin, archiprêtre de la cathédrale, Delatour, architecte des monuments historiques, Huard, membre de la société des Antiquaires de France, et de nombreux érudits locaux. Figure même un photographe pour saisir l’événement ainsi qu’un commissaire de police prêt à dresser procès-verbal. Sous le regard de ces hommes tirés à quatre épingles, trois ouvriers s’acharnent à enlever au pied de l’autel les dalles du sol. Après une heure de travail, ils tombent sur une couche de remblai de quelques dizaines de centimètres. En l’enlevant, ils mettent à jour l’extérieur d’une voûte. À coup de pioche, un ouvrier la perfore. Un trou béant laisse deviner le contenu. Les spectateurs se penchent : c’est un caveau qui contient un cercueil en plomb. Sur la boîte de métal, repose une crosse brisée. On remonte les différents morceaux. Puis c’est au tour du cercueil, qu’on extrait avec plus de peine et qu’on installe sur des bancs au milieu de la chapelle. On l’ouvre. Le squelette est bien à l’intérieur, les bras croisés sur la poitrine. Aucune trace de vêtement. Le défunt a dû être enterré nu, enveloppé dans un suaire.

Le bibliothécaire Étienne Deville triomphe. Depuis plus de quinze ans, il réclamait cette fouille. En ce samedi 25 avril 1931, la thèse qu’il défendait se trouve enfin confirmée : oui, en dépit des destructions des guerres de Religion et des profanations pendant la Révolution, la cathédrale de Lisieux conserve bien les restes de son plus illustre évêque, Pierre Cauchon.

 

Le cercueil de Pierre Cauchon est déposé au fond de la cathédrale de Lisieux, dans la chapelle de la Vierge. (Photo d’A. Goupil. © Collection du fonds normand de la Médiathèque André Malraux de Lisieux) 

Le cercueil de Pierre Cauchon est déposé au fond de la cathédrale de Lisieux, dans la chapelle de la Vierge. (Photo d’A. Goupil. © Collection du fonds normand de la Médiathèque André Malraux de Lisieux)

À la recherche d’un protecteur

An 1391. Paris. Le Rémois Pierre Cauchon a vingt ans et il vient d’obtenir à l’Université sa licence en droit canon (droit ecclésiastique). L’Université de Paris est au Moyen Âge une institution dominée par l’Église. Les maîtres, comme les écoliers, sont clercs et à ce titre portent la tonsure. On y enseigne la grammaire, la rhétorique, la géométrie, la musique, la médecine, la thé...

 

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