Patrimoine normand

La vannerie, une tradition des marais toujours vivante dans le Cotentin

Samedi 2 Février 2008
La vannerie, une tradition des marais toujours vivante dans le Cotentin

Évelyne Guiloineau, vannière de l’entreprise Lehodey Vani-Bois, fondée en 1864 par le mercier Auguste Dubosq, à Rémilly-sur-Lozon. (Photo Thierry Georges Leprévost © Patrimoine Normand)


Thierry Georges Leprévost

Extrait Patrimoine Normand n°65
Par Thierry Georges Leprévost.
 
Christian Sauvage, vannier chef d’atelier. (Photo Thierry Georges Leprévost © Patrimoine Normand)
Christian Sauvage, vannier chef d’atelier. (Photo Thierry Georges Leprévost © Patrimoine Normand)

Agiles comme ceux d’une tricoteuse, les doigts du vannier courent sur les fines tiges flexibles qui s’entremêlent comme par enchantement. Rang après rang, le panier s’élève, prend forme, s’affine bientôt en un objet achevé. À Rémilly-sur-Lozon, une entreprise artisanale a miraculeusement conservé un savoir millénaire intimement lié aux marais voisins.

Des siècles de pratique familiale

Dans le marais de Carentan, la vannerie est une activité fort ancienne. Elle est attestée dès le XIIIe siècle par une charte de 1273, ce qui indique un savoir et une pratique largement antérieurs, qui probablement se perdent dans les sources de la civilisation. Jusqu’au XIXe siècle, son travail se cantonne au domaine familial. Au même titre que le filage ou la broderie, il constitue un appréciable complément de revenu. Le paysan attribue une partie des terres qu’il loue ou qu’il possède à la culture de l’osier : il se fait osiériste. C’est d’abord le domaine réservé de sa femme et de ses enfants, qui récoltent, traitent et tressent les pousses, puis, face à la demande, certains foyers y consacrent l’essentiel de leur temps. Aucune rétribution pécuniaire ne vient récompenser leur tâche : l’usage est au troc des paniers (l’essentiel de la production) contre les objets indispensables à la vie quotidienne. Comme l’échange n’est effectif qu’après la vente de la vannerie, les fabricants vivent à crédit en attendant la contrepartie, ce qui arrange bien les commerçants locaux, épiciers, bouchers, boulangers et merciers, qui prospèrent. En 1830, le chiffre d’affaire de la vannerie à Rémilly s’élève à 100000 francs-or !

Cette année-là, la vallée du Lozon compte quelque 200 ouvriers vanniers, contre 150 en 1727. Proche de Saint-Lô, Coutances, Marigny, et des grands axes routiers de l’époque, Ré­milly en devient le centre économique vers 1848. Quatre ou cinq négo...

 

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